INTRODUCTION. TU
t^labli,quc le développement des follicules de de Graaf et des ovules est progressif; qu*à partir d*une eerlaine époque de la vie, qui correspond, chez la femme, à la puberté, ces organes deviennent successivement aptes à Tacte de la reproduction. Depuis lors, aussi bien chez la femme que chez les femelles des mammifères domestiques, ils subissent, par séries, des perfectionnements graduels dont le degré le plus élevé correspond aux époques plus ou moins rapprochées selon les espèces, mais presque toujours déterminées d'avance ; ce sont les moments de rut chez les animaux, et les jours qu^précèdent immédiatement l'éruption des règles, dans l'espèce humaine.
Nous avons ajouté à ce programme de l'ovulation généralement admis par les physiologistes, un dernier paragraphe qu on peut résumer ainsi :
Toutes les fois que cette disposition favorable des organes de l'ovulation n'a pas été utilisée, et que la fécondation n'a pas eu lieu, les ovules non fécondés étant devenus un objet inutile pour l'économie, quittent leurs cellules à la suite d'une déhiscence spontanée des vésicules en travail.
Ce programme diflëre sous ce point de vue de celui qui a été décrit par M. F. A. Pouchet, et que nous avions adopté un instant nous-même dans nos premiers travaux sur la déhiscence spontanée chez les mammifères.
Le programme que nous avons cru devoir substituer, d'après des données plus récentes delà physiologie^ à celui du savant directeur du muséum d'histoire naturelle de Rouen, peut se résumer ainsi qu'il suit :
V \a maturité des ovules est la seule condition indispensable de la fécondation.
2» Celte maturité ne devient complète qu'à certaines époques qui correspondent au rut chez les animauk et aux jours proches de l'éruption des règles chez la femme.
VIII niTROMJCTION.
â"* Lorsque Tintervalle qui sépare ces époques est habituellement très-court, comme cela a lieu dans Tespèce humaine, la maturité peut être presque également avancée dans deux ou trois vésicules à la fois. Par conséquent, il peut arriver que, même après ladéhiscence spontanée d'une vésicule, le coït pratiqué quelques jours plus tard en provoque la déhiscence d'une autre déjà mûre, de celle qui s'était ressentie le plus de l'excitation de l'orgasme menstruel.
&* Nous considérons toujours la déhiscence spontanée comnve la loi générale dans tout le règne animal, mais nous croyons que, loin d'être, comme le pense M. Pouchet, la condition indispensable de la fécondation, elle doit être réservée pour des cas où les ovules arrivés à la maturité n'ont pas été fécondés. Tous ces ovules quittent ainsi spontanément leurs cellules. Peu de temps avant la déhiscence spontanée, la cavité intravésiculaire commence à se remplir de sang ; simultanément, la muqueuse des trompes et celle de l'utérus se congestionnent et deviennent la source de l'hcmorrhagie qui constitue le flux menstruel. Pour nous, ce flux, loin d'être le début d'une période favorable à la conception, en est au contraire le terme.
La partie physiologique relative à l'âge correspondant à la première éruption des règles a fixé notre attention d'une manière spéciale.
On s'était déjà beaucoup occupé de l'influence des modificateurs extérieurs sur l'âge correspondant à la puberté ; cependant peu de résultats annoncés reposaient sur des statistiques bien faites. D'un autre côté on sacriflait souvent l'étude des influences importantes à quelques futilités, telles que : la couleur des cheveux, de la peau, l'influence des éphélides, de la nuit et du jour, etc. Tout en tenant compte des travaux de nos prédécesseurs, il nous restait donc encore beaucoup à faire. Nous ne craignons pas de dire que grâce aux efTorts
INTRODUCTION. iX
que nous poursuivons dans cette voie depuis trente ans, cette partie de la physiologie de la menstruation a fait de trèsgrands progrès. Nous avons étudié successivement, et toujours en nous appuyant sur des recherches statistiques, Tinfluence du climat, de la latitude géographique et de la température moyenne de l'année, du régime, de la position sociale, de l'éducation, des races, etc.
Déjà en 1839, en nous proposant de prendre part au concours de l'Académie de médecine, sur la question relative à la menstruation, vu le peu de documents qu'on possédait alors sur toutes ces questions, nous avons eu soin de provoquer des recherches statistiques sur ce sujet à rétranger. Nous avons été heureux de pouvoir exprimer nos remerciments pour leurs communications à MM. les docteurs Magnus Huss et Wistrand, de Stockholm, Faye de Christiania, Lebrun de Varsovie.
Plusieurs renseignements importants sur toutes ces questions viennent d'être adressés dernièrement au Congrès médical de Paris. Pour compléter cet important travail, nous nous sommes adressé directement à quelques confrères habitant les pays sur lesquels les documents avaient encore manqué complètement ou étaient insuffisants.
Nous saisissons avec plaisir cette occasion de remercier de nouveau MM. les docteurs Seco-Baldor, professeur de clinique médicale à Madrid ; Raiïaëllo Levi, un des praticiens I es plus distingués de Florence ; le docteur Bernard de Marseille; le docteur Lombard de Genève; le docteur Zaleski, professeur agrégé à Tuniversité de Kazan en Russie septentrionale ; le docteur Dropsy, médecin aussi instruit que modeste enVolhynie, enfin notre cher et excellent confrère le docteur Francis Demouy, que nous aimons comme notre propre fils, de leur bienveillant concours et en particulier des tableaux statistiques qu'ils ont eu l'obligeance de rédiger