‹ Traité de la moelle épinière et de ses maladies, [electronic resource]Chapitre 54 sur 84 · HYPERTROPHIE · texte numérisé non relu

HYPERTROPHIE

Je ne doute pas que cette atonie nutritive qui cause l’atrophie sénile de la moelle épinière, ne contribue à produire l’affaiblissement progressif des mouvemens chez les vieillards 5 la diminution notable de volume du système nerveux tout entier peut aussi contribuer à rendre raison des différences qu’on observe souvent alors dans l’intensité de l’action nerveuse en général. D’un autre côté, la compression qu’éprouvent souvent les nerfs rachidiens à leur sortie des trous intervertébraux par suite de l’état variqueux des vaisseaux qui les accompagnent , vaisseaux dont les dilatations sont quelquefois vraiment considérables, explique en même temps l’état de stupeur et d’engourdissement qui accompagne assez fréquemment cet affaiblissement des mouvemens. Ces différentes causes sont-elles tout-à-fait étrangères à la production du tremblement qui agite les membres des vieillards d’une manière plus ou moins continue ?

Enfin, les exemples assez nombreux que j’ai rapportés ont fait voir que l’atrophie de la moelle épinière pouvait aussi résulter d’une compression long-temps exercée sur cet organe, comme une déviation du rachis, le développement de quelque tumeur accidentelle, etc.

Hypertrophie.

On possède encore peu d’exemples d’hypertrophie réelle du centre nerveux rachidien. J’ai cité ailleurs (1) un fait rapporté par le docteur Uccelli, qui semblerait prouver que ce phénomène peut être congénital : le

(1) Voy. pag. 177.

fœtus, qui était au sixième ou septième mois de la conception , n’avait pas de membres supérieurs, et la moelle épinière avait un volume au moins double de celui qu’elle offre à cette époque de la vie utérine chez un fœtus régulièrement conformé.

Suivant Laënnec (i) , on a vu plusieurs fois la moelle épinière assez volumineuse pour remplir la cavité du canal vertébral : son tissu offrait en même temps un endurcissement considérable. Cette dernière circonstance me porte à penser que l’hypertrophie était probablement le résultat d’une myélite chronique terminée par induration. Les observations xc et xcii nous ont offert un changement semblable dans la moelle, mais dans une portion de son étendue seulement. J’ai cité différens faits qui prouvent que la moelle acquiert souvent plus de volume immédiatement au-dessus du point où elle éprouve une compression assez forte : on remarque alors un renflement bulbeux très-prononcé.

M. Andral fils a observé une fois, chez un enfant épileptique , une hypertrophie notable de la moelle épinière, qui avait son siège dans la région cervicale, comme chez les deux malades dont je viens de citer les observations. Le cordon nerveux remplissait exactement le canal osseux qui le renferme, de telle sorte que la moindre congestion qui eût été sans influence chez tout autre individu, pouvait dans ce cas devenir pour la moelle une cause de compression très-fàcheuse (2).

(1) Leçons orales, 1823.

(2) Dict. de mcd. , en 18 vol. , arl. Moelle, loin. i^.

Il est difficile d’établir d’après les divers exemples qui précèdent, quels peuvent être les symptômes propres à l’atrophie et à l’hypertrophie de la moelle spinale; mais l’exposé des différons cas où l’on rencontre ces deux états du centre nerveux rachidien , montre assez dans quelles circonstances l’un et l’autre peuvent se présenter. On sait que dans le début de la myélite aiguë, il existe quelquefois une augmentation du volume de la moelle dans le point enflammé; mais ce changement résulte de l’afflux des liquides et de la turgescence des vaisseaux; en un mot, c’est un simple gonflement inflammatoire..

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