OBSERVATION CI
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Gibbosité; roideur tétanique des membres; matière tuberculeuse ramollie dans la dure-mère rachidienne, vis-à-vis la carie vertébrale-
La nommée M*44, âgée de quinze ans, fut reçue à l’Hôtel-Dieu de Lyon dans le courant de juillet 1819, offrant les symptômes suivans : gibbosité dans la partie inférieure de la région dorsale , rigidité des muscles abdominaux , dyspnée très-grande. La malade ne put satisfaire à, aucune question sur les circonstances, commémoratives de sa maladie. Huit jours après son entrée, abolition des facultés intellectuelles, roideur tétanique des membres supérieurs et inférieurs et du tronc, dilatation des pupilles, pouls très-accéléré. Cet état dura deux jours, au bout desquels la malade succomba.
Autopsie cadavérique.
État extérieur. Rien de remarquable, si ce n’est ta gibbosité.
Tête. Nulle altération du cerveau et de ses membranes.
Rachis. La membrane qui enveloppe le cordon rachidien était évidemment épaissie au niveau de la gibbosité. Elle présentait dans son épaisseur plusieurs foyers remplis de matière tuberculeuse ramollie j un liquide purulent remplissait la partie inférieure de la cavité de laméningine, et communiquait avec un abcès placé sous le faisceau ligamenteux antérieur au niveau
de la quatrième vertèbre lombaire. La moelle épinière , dans le point correspondant à l’épaississement des membranes , était désorganisée dans l’étendue de deux pouces environ. Son volume était diminué de moitié, et cette sorte d’atrophie semblait due à la compression que les membranes épaissies avaient opérée sur sa substance. Les organes des autres cavités étaient sains. Cette observation m’a été communiquée par M. le docteur Fouilhoux.
Les. tubercules ne sont pas toujours concomitans d’une affection des os ; on les observe aussi avec l’intégrité parfaite des pièces osseuses du rachis; quelquefois ils sont situés entre la dure-mère et l’arachnoïde qu’ils soulèvent. M. Gendrin a vu sur un enfant qui succomba à une phthisie tuberculeuse, un tubercule ramolli existant entre les deux membranes indiquées , à la partie latérale gauche de la base du crâne , près le trou occipital. Il avait le volume d’une petite noix, et déprimait le bulbe rachidien au-dessus de la racine du grand hypoglosse : il n’avait été annoncé par aucun accident. Mais lorsque le tubercule se développe rapidement, et qu’il avoisine ainsi le bulbe rachidien, il peut déterminer une paralysie plus ou moins complète des quatre membres.
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OBSERVATION Cil.
Douleur constante dans la région de l’occiput, suivie de la paralysie incomplète des membres supérieurs et inférieurs. Mort dans le neuvième mois. Tumeur comprimant le cervelet et la moelle épinière.
Un soldat, âgé de vingt-quatre ans, était affecté depuis trois ou quatre mois d’une céphalalgie constante , dont le siège était principalement à l’occiput. Des saignées locales le soulagèrent 5 mais cette céphalalgie reparut le i5 mars i8a3. Le 4 juin , la douleur était aiguë, continue et fixe à la région occipitale. Le malade éprouvait, en outre, des nausées, de l’anorexie, des vomissemens, et il était constipé. Les saignées et les purgatifs lasoula'gèrent un peu. Le i5 juillet, la douleur persiste, les membres ne peuvent soutenir le poids du corps. lie 2^ sentiment de pesanteur vers les orbites, trouble de la vue, dilatation et immobilité des pupilles. Dans. le mois suivant , mouvemens de la langue et parole difficiles; faculté visuelle très-affaiblie. Les symptômes s’accroissent graduellement; le malade ne peut bientôt plus se tenir, debout ; la parole est très-rimparfaite , la déglutition est fort difficile : il ne peut presque plus se servir de ses membres supérieurs. La vue s’affaiblit, les tégumcns de la face perdent leur sensibilité; l’ouïe est très-dure, le goût et l’odorat sont moins actifs; il y a de la somnolence, de la torpeur; à la fin, la déglutition devient impossible; cependant l’appétit reste bon. Le malade meurt le 2 septembre.
Autopsie cadavérique.
On trouve dans les ventricules latéraux élu cerveau environ six onces de sérosité claire ; la commissure des nerfs optiques est épaisse et flasque. Dans la fosse occipitale inférieure gauche, existait une tumeur du volume d’un œuf de poule } formée par, une matière pultacée que contenait un kyste fort épais. Elle s’élevait sur le lobe gauche du cervelet , et comprimait la face postérieure de la moelle épinière, de manière à exercer une compression sur les cinquième, septième et huitième paires de nerfs , et même sur la neuvième, à son passage à travers le trou condyloidien (Piaud. , Ephémérides, t. I, avril 1826 (i)).
Malgré le peu de détails qui, accompagnent cette description, il me semble très -probable que ; la tumeur n’était autre chose qu’un tubercule ramolli; c’est pourquoi j’ai cru devoir rapproqher ce fait du précédent. Mais si l’un et l’autre offrent entre eux quelque analogie sous le rapport du siège de la tumeur, ils sont complètement différens sous celui des symptômçs qui ont eu lieu dans les deux cas, puisque chez le premier individu aucun phénomène. njajnuoo.çfyla, présence du tubercule ; tandis qu’ici nous voyons tousles symptômes d’une compression lente du cordon rachidien . L’observation suivante va prpuver que cette même ca^se peut donner lieu à des phénomènes épileptiformes.
(1) Edinab. joum. of med. sfc. JrtnVifev 18271
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