‹ Traité de la paralysie générale des aliénésChapitre 18 sur 126 · V. Tdne centriil« de la réliDC · texte numérisé non relu

V. Tdne centriil« de la réliDC

P. P>pin« optique.

l'ois des flexuosités des artères de la rétine et une notable congestion de ces dernières, dispositions anatomiques qui sont bien en rapport avec l'état des vaisseaux des méninges cérébrales dans ta paralysie générale.

Les figures % 3, 4, empruntées à des leçons que j'ai faites en 1868 à la Salpètrière (1), en font foi.

Wundl pense aussi que l'examen ophlhalmoscopique ne donne pas l'explication des troubles visuels obsenés chez les aliénés paralytiques. Telle est encore l'opinion de Furstner (9), qui rattache certaines ambtyopies à des lésions des couches optiques et des lobules occipitaux.

(1) A. Vuiain, Utûon médicale, 1 «oAt 1863, p. <83. 12} Fontner, Ardùv fiir P*yMatrU, t. VIII. 1877.

A. VOISIN. PknlT*ie. 8

414 bYMPTÛHES DE LA UEl'XIÈNE PÉRIOUE.

■ Le Journal d'Oculistùjue de Fano, du 25 octobre 1875, contient la relation d'un cas d'amaurose consécutive à une commotion Ët'icéphalique qui est analogue à ces cas de cécité subite ou rapidement progressive qu'on observe chez les paralysés généraux il la suite des congestions encéphaliques. Dans ce cas, l'examen

— Flejcuotitéa des arUie» cf^rala

\. Artère centrale de la rétine . ¥• Veine rentralc de la rétiiic.

P. Papille optique.

ophthalmoscopique ne révélait aucune altération des papilles optiques.

Tardy (1) a publié deux observations de névrite et de sclérose optique ayant déterminé de l'amblyopie et de l'amaurosc.

La surdité est un fait exceptionnel; quant aux hallucinations de la vue et de l'ouïe, elles sont bien plus rares qu'à la première période. Quand elles surviennent, c'est par accès, et aloi-s on observe en même temps de véritables accès maniaques qui sont en rapport avec une poussée congestive.

c. Abolilion de Vodorat. — L'odorat qui, comme nous l'avons

(If Tardy, llii'w ilc Pari», 18Ï7, p. i:>.

dit, est presqM toujours gravement compromis à la première période, reste aboli pendant la seconde période.

C'est ce qui explique comment les malades en arrivent à se frotter la fig;ure avec des matières fécales sans en êti^ incommodés et à demeurer des journées entières souillés par leurs excréments sans paraître s'en douter.

Le goutj qui, suivant Brillât-Savarin, a pour condition essentielle l'intégrité de l'odorat, est aussi très-altéré. C'est pourquoi les malades mangent indifféremment tout ce qu*on leur présente : il en est qui mâchent des feuilles sèches, de l'herbe, en guise d'aliments. Nous devons cependant dire qu'exceptionnellement les malades ont des préférences et des répugnances que rien ne justifie. C'est ainsi qu'un paralytique général de notre connaissance, grand amateur de vin autrefois, arrivé aujourd'hui au terme extrême de la maladie, s'obstine encore à repousser le vin qu'on lui présente.

De même, pendant tout le temps que la paralysie générale en était, chez ce malade, à la seconde période, le vin ou l'eau vineuse n'ont jamais été acceptés qu'avec répugnance.

3* Façon de manger des fous paralytiques :

l"" L'aliéné paralytique ne sait pas manger.

Cela n'a rien d'étonnant si l'on se rappelle que, d'après l'axiome de Brillât-Savarin, il n'y a que le sage qui sache manger.

^ L'aliéné paralytique mange mal. Non-seulement il mange d'une façon dégoûtante, prenant les aliments avec les doigts, les introduisant en masse dans la cavité buccale, laissant dégoutter sur ses vêtements ; mais il mange mal au point de vue physiologique, parce qu'il ne mâche pas suffisamment les aliments et qu'il avale des bols volumineux qui risquent de faire fausse route et de s'insinuer dans les voies aériennes ; le malade avale des bols volumineux, sans doute à cause de la diminution de la sensibilité réflexe du pharynx. Les muscles qui président à la déglutition ont besoin alors, pour entrer en exercice, d'une excitation plus considérable qu'à l'état normal et la déglutition ne s'opère facilement que sur des masses volumineuses; tant que le bol alimentaire n'a pas acquis le volume suffisant pour provoquer les mouvements réflexes de déglutition, il reste dans la bouche. On peut ainsi retrouver, trois heures, quatre heures même après le

HQ SYMPTOMES DE L\ DEUXIEME PERIODE

repas, des masses alimentaires séjournant dans les arcades den* taires.

Il est certain qu'il y a souvent chez les fous paralytiques de Tataxie dans les muscles pharyngiens, tout comme dans les muscles de la face ; c'est ce qui explique pourquoi le bol alimentaire fait quelquefois fausse route, et précisément le volume de ce bol explique les accidents d'asphyxie qui suivent l'iiUroduclion dans les voies aériennes. De là, par parenthèse, l'utilité de ne donner aux malades que des aliments mous et trës-divisés.

Ainsi donc, le fou paralytique mange mal à tous les points de vue*

Il mange trop aussi : il mange avec voracité, et si l'on n'avait pas soin de rationner les malades, on les verrait souvent avoir des indigestions, bien qu'en général le fonctionnement de leur estomac soit resté d'une parfaite régularité.

L'excès d'alimentation, joint au défaut d'exercice, n'est sans doute pas étranger à l'excès d'embonpoint qu'on remarque souvent à cette deuxième période ainsi qu'à la troisième et sur lequel nous aurons d'ailleurs à revenir.

3* Troubles (Tordre paralytique. — Ils sont encore d'importance secondaire, même à la seconde période de raffection dite € paralysie générale > ; ils sont plus apparents que réels.

Le malade a, il est vrai, jusqu'à un certain point, la démarché d'un paraplégique; ses pieds se soulèvent peu du sol, et quand il s'agit de monter un escalier, ils ne se soulèvent pas suffisamment et les chutes sont fréquentes dans ces conditions ; la maladresse est croissante, et, pour peu que le malade ait entre les mains un objet un peu lourd, il le laisse facilement tomber.

Mais tous ces phénomènes ne tiennent pas à la paralysie ; ils tiennent en partie au tix>uble de coordination des mouvements et en partie à l'inertie, au manque de volonté du sujet.

Ce qui le montre, c'est d'abord l'expérimentation au moyen du dynamomètre ; tel malade qui semble paralytique produira des déviations de l'aiguille du dynamomètre qui prouvent que la force musculaire est intacte, lorsqu'il veut la mettra en jeu.

C'est ensuite l'observation quotidienne. Qui n'a vu de ces malades, qu'on aurait crus paralytiques et incapables de nuire, retrouver sous l'influence d'une surexcitatiou , d'un accès de

WS TROUBLES SONATIQUES. 117

colère ou d'un accès de manie, une force surprenante et dange* reuse? Tout le monde peut aussi observer que ces malades, lorsqu'ils sont au lit, agitent facilement et avec force leurs membres inférieurs, tandis que, dans la station debout, ces mêmes malades avaient besoin d'un appui pour se soutenir et que leurs jambes paraissaient prêtes à se dérober sous eux. Ces malades qui, pour faire quelques pas, ont besoin d'être soutenus, peuvent ainsi marcher longtemps sans être fatigués.

Us peuvent porter sur leurs épaules un poids considérable ; un homme peut même se suspendre aux épaules des malades sans risquer de les faire tomber !

Ainsi donc, la paralysie est ordinairement plus apparente que réelle ; elle existe cependant quelquefois, soit généralisée, soit unilatérale ; nous n'avons jamais vu de paralysie alterne. Quand elle est généralisée, elle est tr^-peu marquée. Quand elle est unilatérale, elle est ou passagère ou persistante.

Quand elle est passagère, elle se manifeste par les mêmes symptômes que nous avons étudiés à la première période.

Quand elle est persistante, elle est due à une complication (hémorrhagie cérébrale ou méningo-encéphalite localisée, etc.) ou à une atrophie de l'hémisphère cérébral du côté opposé à la paralysie. Mais c'est surtout à la troisième période que se montrent ces hémiplégies progressives qui ont été étudiées par M. Baillarger.

a. Système vas(Miiioteur . — La paralysie porte, par intervalles, sur le système vaso-moteur, soit sur l'ensemble du système, soit sur tel ou tel département. C'est, du moins, de cette façon qu'on peut se rendre compte de quelques phénomènes peu connus dans leur essence.

A. Les rougeurs à la face qu'on voit souvent survenir chez les malades tiennent sans doute à un léger degré de congéstion méningo-encéphalique ; ces rougeurs surviennent de la façon la plus inopinée : elles peuvent être passagères et ne s'accompagner d'aucune autre manifestation, de même qu'elles peuvent s'accompagner de troubles variés, depuis le simple étourdissement jusqu'aux symptômes les plus gi^ves de la congestion cérébrale, avec incontinence d'urine; elles méritent dans ce dernier

IIB SYMPTOMES DE U DETXIÈME BÉRIODE.

cas la dénomination de complication et demandent une étude spéciale.

B. Les phénomènes /n^/atr^ paraissent aussi souvent tenir à des états de spasme ou de paralysie vaso-motrice qu'à la paralysie de la troisième paire ; en effet, ils sont quelquefois si mobiles qu'Us s'expliquent difficilement par un état de véritable paralysie de la troisième paire ; en outre, s'ils tenaient toujours à une lésion de la troisième paire, ils seraient toujours accompagnés de la chute de la paupière et d'un strabisme. Or, cela n'est rien moins que constant; il faut donc supposer que quelquefois l'inégalité pupillaire tient à des phénomènes vaso-moteurs, soit qu'il y ait dilatation (paralysie vaso-motrice), soit qu'il y ait rétrécissement (spasme des vaso-moleurs) de l'une des deux pupilles.

Cette manière de voir est d'ailleurs en rapport avec la théorie de M. le professeur Rouget sur la mydriase et sur Tatrésie pupillaire : on sait que, d'après la théorie du professair de Montpellier, l'atrésie pupillaire tient à la même série de phénomènes que l'érection du pénis, c'est-à-dire à un spasme vasculaire qui arrête la circulation en retour, d'où résulte une accumulation de sang dans les veines, d'où turgescence des veines iriennes, d'où atrésie pupillaire.

La dilatation pupillaire serait produite par les phénomènes inverses.

D'après Ârlidge (1), la contraction des pupilles correspond à l'hyperhémie des nerfs optiques, et leur dilatation à leur atrophie.

Ces modifications des pupilles peuvent encore, nous le rappelons, dépendre de lésions de la partie supérieure des couches optiques; quoiqu'il en soit de la théorie, l'inégalité pupillaire est un phénomène encore plus fréquent à la deuxième période qu'à la première. Le rétrécissement des deux pupilles parait, par contré, être bien moins fréquent.

' C. Les caractères du pouls sur lesquels nous avons insisté dans l'étude des troubles somatiques à la première période, et qui subsistent à la deuxième période, peuvent aussi être expliqués à la rigueur par un certain degré de paralysie persistante des nerfs vaso-moteurs. (Voyez le tracé ci-api-ès.)

D. La fièvre, considérée conune phénomène de paralysie vaso-

M) Arlid^re, Weni Hiding Lunatic atylum Reportiy t. l et II.

motrice, est observée à cette période, soit faible et continue, soit

assez forte et passagère. / \,

Dans le premier cas (et mes observations bi-quotidiennes por?

tent sur plusieurs mois jusqu'à deux ans), la température râslle

Gab... Paralysie (sénérale i la deuxième période.

reste à Sl% 37'8, à 38 degiés pendant des mois entiei*s; elhâ est à â7'6 pendant un à trois jours, puis monte à 38 degrés, où elle se maintient pendant un à deux jours.

Dans le second, elle s'élève brusquement du soir au matin, mais surtout du matin au soir, de 37 à 38 degrés, à 38"4.

Ainsi que dans la première période, la température est presque toujours plus élevée le soir que le matin, et celle du matin e^t;!^ plus ordinairement inférieure à la température normale^ puLs^ qu'elle varie de 36 degrés à 36"8.

Avec l'élévation de la température, on remarque l'augm^ta^ lion de l'excrétion de l'urée, sur laquelle Merson (1) a fait des recherches spéciales; Macleod (2) pense que l'augmentation de la température s'élève en raison directe de la diminution du pouvoir moteur, des sensations et des actes réflexes, et qu'elle est plus sensible chez ceux qui sont agités que chez ceux qui sont tranquilles.

Quant à l'abaissement de la tenipérature, il nous parait devoir être attribué le plus fréquemment à de l'urémie, en rapport elle^ même avec la néphrite pai^enchy mateuse si fréquemment obseiTéê flans la paralysie générale; car il nous arrive souvent de constater des adhérences de la capsule à la substance corticale du rein et^ iiu microscope, des altérations inflammatoires de l'orgape. De plus, les recherches de Rabeneau (3) et d'OUivier (4) ont montra l'influence de la congestion et de l'hémorrhagie cérébrales suria congestion rénale. . ;, . ..'J

(1) West Riding Lunalic Oiylum médical Reporli, vol. IV, p. 63. L'ondon, 1874. ' ' ** ' (^ BtKknill rt Tuké, Jtfoiimii o/'iWiipAoJegieei Ifédidnf , 197^ p^ ' .? ! î

f3) Archiv fur Pgifch. 1877. . - , m Arch. de médecine, imi . • -' * ' I .s i^ i.'ijrivy/i

liO SYMPTOMES DE LA DEUXIÈME PÉRIODE.

4* Des troubles ataxiques, — a. Tremblement des membres. — C'est presque exclusivement au défaut de coordination qu'est due la façon de marcher des paralysés généraux à la deuxième période. Leurs jambes flageolent, leurs genoux se heurtent; la progression s'exerçant par saccades, on observe parfois une rapidité excessive dans la marche.

Le malade a besoin du secours d'un bras étranger ; il accepte volontiers l'aide qu'on lui offre, mais il lui répugne de la solliciter (Lasègue). Lorsqu'il s'agit de se retourner, le malade perd l'équilibre, il lui arrive même parfois de tomber. Le paralysé général a besoin d'être habillé. Il faut aussi l'aider à manger, sans quoi il répand une partie de ses aliments sur ses vêtements. Cette ataxie n'a rien de commun avec l'ataxie locomotrice progressive ; elle n'est pas augmentée par l'occlusion des yeux.

Le tremblement des mains n'est pas constant; quand il existait à la première période, il s'accentue à la seconde ; ce n'est pas non plus un phénomène d'ordre paralytique, mais un phénomène ataxique ; dans ces cas, l'effort pour saisir les objets n'est pas en proportion avec le but à atteindre ; lorsque le fou paralytique veut, par exemple, serrer la main à quelqu'un, il le fait convulsivement, mais il ne peut pas prolonger longtemps la contraction musculaire et il lâche prise pour se reprendre.

b. Altération de récriture. — L'écriture est tremblée, îrrégulière; déjà, à cette période, elle revêt la forme hiéroglyphique, comme le montre le spécimen ci-après.

c. Tremblement de la face et de la langue. — Le tremblement des muscles de la face se rencontre aussi souvent à la deuxième période qu'à la première.

Le tremblement de la langue s'accentue presque constamment • Lorsque la langue est tirée de la bouche, elle est animée de mouvements incoordonnés et plus ou moins étendus.

d. Troubles de la parole. — Les troubles de la parole deviennent ûe plus en plus manifestes. Il existe chez les paralysés généraux plusieurs variétés de troubles de la parole^ et chacune de ces variétés a sa valeur spéciale au point de vue du diagnostic et du pronostic.

Bien décrire ces divers troubles, de façon qu'ils puissent être reconnus par les médecins qui ne s'occupent pas spécialement

DES TROUBLES DE U PAROIS. iSi

des maladies mentales, serait rendre un véritable service à la science. Malheureusement la tâche est excessivement difficile, parce qu'il n'y a que des nuances entre ces divers phénomènes et qu'on ne saisit bien ces nuances qu'en ayant les malades sous les yeux. Dans ces conditions même, on voit souvent les obsei^a-

Spécimen d*écriture de paralysie générale h la deuxième période.

tours se tromper et confondre, par exemple, dans leurs descriptions, l'ânonnement et le bégayemenl, avec le bredouillement, avec le tremblement de la parole. Nous croyons donc qu'il est

122 SYMPTOMES DE LA DEUXIÈME PÉRIODE

sage de ne pas essayer de faire de prime abord la descnption de ces divers troubles. Cette description, si exacte qu'elle poisse être, ne dirait rien à Tesprit des personnes qui ne sont pas habituées à l'observation des aliénés paralytique.

Il faut partir des données de la physiologie normale et pathologique et chercher quels peuvent être les troubles du langage articulé qui correspondraient à telles et telles lésions continues à l'avance. Cela fait, on pourra avec fruit se reporter sur le terrain de l'observation et, en face d'un malade ayant des troubles de la parole, on pourra faire la part de ce qui dépend du vice de fonctionnement de l'intelligence et du vice de fonctionnement des organes coordinateurs. On pourra,en d'autres termes, différencier ce qui est du ressort de la démence d'avec ce qui est du ressort de Tataxie ; on parviendra, en un mot, à reconnaître Tânonnement et l'hésitation de la parole d'avec le bégayement et le tremblement.

Il est des aliénés paralytiques qui ne parlent pas ; cette étude de physiologie pathologique peut aussi renseigner sur la cause de ce mutisme ; il lient dans certains cas à une absence absolue d'idées; dans d'autres, à une impossibilité d'articuler les mots; il peut tenir à un trouble purement psychique ; et l'on conçoit que dans ces différents cas le pronostic varie singulièrement.

Le langage articulé a pour condition nécessaire :

1* L'existence d'un organe où l'idée s'élabore ;

2"* L'existence d'une série d'appareils, dont le fonctionnement régulier a pour effet de rendre sensible, ce qui n'était primitivement que sous forme d'image, cT^oc (idée, image). Une partie de ces appareils sont sous la dépendance directe de la volonté.

I. L'oi^ane où les idées s'élaborent, ou si l'on aime mieux l'organe par l'intermédiaire duquel les idées prennent naissance, est sans doute la périphérie du cerveau dans sa partie antérieure.

II. Les appareils dont le jeu transforme en langage articulé l'idée primitive sont les suivants :

i*' Une série de fibres conductrices, allant de la périphérie du cerveau à la protubérance, en passant par le corps strié ou ^2m son voisinage ; . 2" 'Une série de cellules nerveuses se trouvant dans le bulbe et

DES TROUBLES DE L\ PAROLE. i23

transmettant aux nerfs bulbaires Fimpression primitive et les ordras donnés par la volonté, relativement à l'expression de l'idée primitive ;

S"" Les nerfs bulbaires, facial et hypoglosse, etc. ;

4^ Les noinbreux muscles animés par ces aeff&

L'intégrité de ces différentes parties est indispensable à l'exercice régulier de la parole, et les lésions de chacune d'elles entraîneront des troubles différents.

Qu'on suppose une lésion étendue et profonde de la substance corticale, on comprendra immédiatement que les idées doivent être troublées dans leur production.

Que les cellules cérébrales soient pour les idées un organe de sécrétion ou de transformation, cela nous impoi*te peu, mais ce qu'il y a de bien certain, c'est que ces organes altérés ne peuvent pas remplir leur rôle aussi bien que des organes sains, de là, la lenteur des idées, la paresse de l'esprit, qui se traduit par ce que nous appelons l'ànonnement.

L'association des idées est aussi une opération dont nous ne connaissons pas le mécanisme, mais nous savons que c'est un travail cérébral ; il est tout naturel que ce travail soit mal fait, quand les cellules corticales sont lésées; et ce vice de fonctionnement cérébral se traduit dans le langage par des mots insensés au milieu d'une phrase raisonnable, par des phrases inachevées.

La mémoire n*est pas non plus sans nécessiter l'intégrité des cellules corticales et les lésions de ces cellules entraînent différents ti*oubles de mémoire^, particulièrement du trouble dans la mémoire des mots, ce qui donne encore lieu à des phrases inachevées, à des oublis de mots, de syllabes, de lettres, de l'hésitation de la parole.

Et qu'on ne suppose pas que les lésions des cellules de la périphérie du cerveau sont imaginaires ; le microscope le démontre au plus sceptique, et il serait bien étonnant qu'elles n'existassent pas, quand on songe à la fréquence, à la gravité et à la profondeur des lésions macroscopiques, à l'existence presque constante d'adhérences entre le cerveau et les membranes chez les déments paralytiques.

Au microscope, on trouve dans les circonvolutions frontales

124 SYMPTOMES DE LA DEUXIÈME ^RIODE

et aussi dans l'insula, des éiérnents surajoutés aux éléments nerveux : ce sont des noyaux embryoplastiques abondants qui se trouvent dans les vaisseaux, dans les parois des vaisseaux et dans la gaine périvasculaire, qui sont aussi en quantité innombrable dans la substance nerveuse, et qui par leur présence doivent considérablement gêner le fonctionnement cérébral.

Outre ces noyaux embryoplastiques, onrenconti*e des altérations athéromateuses des vaisseaux, des produits bématiques d'âges différents.

Ces lésions peuvent se rencontrer à des degrés divers; dans un cas où elles étaient considérables, la malade avait présenté plusieurs caractères semblables à ceux qu'on observe chez les aphasiques ; elle répondait invariablement aux questions par c ça va mieux, ça fait mal > .

Ainsi donc, les lésions de la périphérie du cerveau semblent pouvoir expliquer la parole ânannéej traînée^ hésitante. Supposons maintenant les lésions situées sur le trajet des fibres qui, de la substance corticale des circonvolutions antérieures, se rendent au bulbe, en passant par la substance blanche cérébrale, par les corps striés et la protubérance. Disons de suite que ces lésions se rencontrent aussi bien que les lésions de la périphérie. On trouve en effet sur le trajet de ces fibres et au milieu d'elles, dans la couronne de Reil, une énorme quantité de noyaux embryoplastiques. On observe encore des amas d'hématosine, de l'hématine en cristaux jaunes ou décolorés, enfin des épanchements globulaires plus ou moins anciens et parfois des foyers de ramollissement. Nous en avons trouvé dans la protubérance, au milieu des fibres ascendantes antérieures.

Quel effet doivent produire ces lésions? Elles mettent, sans aucun doute, obstacle au passage du courant nerveux, tout comme les lésions analogues de la moelle mettent un retard dans la transmission des sensations, dans la production des actes réflexes. Or, ces entraves multipliées empêchent les ordi'es donnés par la volonté d'arriver d'une façon régulière et immédiate à leur destination, c'est-à-dire aux cellules bulbaires: de là la parole hésitante, l'impossibilité de rendre telle idée qui est cependont conçue ; nous ne saurions mieux comparer ce qui se passe dans ce cas, qu'à ce qu'on observe chez certains aphasiques.

DES TUOUfiLES DE LA PAROLE. 125

Ces aphasiques conçoivent nettement une idée et ils ne peuvent pas l'exprimer par des paroles. Ce n'est pas que la mémoire des mots leur manque, car si l'on vient à prononcer devant eux les mots qui répondent à leur idée, ils donnent leur assentiment et expriment leur satisfaction. Ces malades ont la volition intacte, ils ont la mémoire intacte, et cependant leur volonté ne parvient pas à mettre à profit les matériaux que leur fournit la mémoire ; on croirait à priori qu'il y a chez ces malades un arrêt de communication entre les parties qui président & la volition et celles qui sont chargées de l'exécution. Eh bien, cette idée théorique est corroborée par les faits ; les autopsies ont en effet prouvé que, chez ces aphasiques, il existait des lésions consi* dérables, soit dans la substance blanche de l'insula, soit dans les corps striés, soit sur un point quelconque du trajet des fibres allant de la couche corticale au bulbe. Supposez qu'au lieu d'une lésion considérable, telle qu'une hémorrhagie ou un foyer de ramollissement, il y ait des lésions microscopiques, mais extrêmement multiples, telles que celles qu'on rencontre dans la paralysie générale, l'effet sera analogue, et la difficulté dans la transmission des ordres de la volonté se traduira par une parole hésitante, le malade, comme certains aphasiques, dira un mot pour un autre, il passera certains mots, certaines syllabes dans le cours d'une conversation, il se pressera pour dire ce qu'il a à dire, comme si, & chaque instant, ilsentait que les mots vont lui échapper; de là, sans doute, cette façon de parler de certains paralytiques. Au début de la phrase, on remarque une hésitation assez longue, puis, sitôt les premières syllabes prononcées, le reste de la phrase suit avec une volubilité toute spéciale.

Bref, ces troubles, dus à des obstacles qui se trouvent sut' les fibres de transmission, méritent aussi le nom de troubles intellectuels, par opposition aux troubles ataxiques et paralytiques que nous allons étudier à Tinstant.

Le bégayementy le bredouillement et le tremblement de la parole ne sont pas le résultat de troubles de l'intelligence ou de la volonté ; ils sont la conséquence d'un défaut d'harmonie dans les actes coordonnés qu'accomplissent les muscles animés par les nerfs bulbaires.

Or, il suffit d'examiner les altérations que présentent ces nerfs

fm SYMPTOMES DE LA DEUXIÈME PÉRIODE.

à leur origine dans le bulbe, pour se rendre compte de leur vice de fonctionnement. Ces altérations sont les mêmes que celles que nous avons signalées précédemment à la périphérie du cerveau, c'est-à-dire qu'on rencontre dans le bulbe des aliénés paralytiques des noyaux embryoplastiques en quantité immense répandus au milieu des fibres nerveuses, abondants surtout dans l'intérieur, dans la paroi et dans le voisinage des vaisseaux, même le long des vaisseaux les plus fins.

Outre celte lésion dont la seule présence pourrait à la rigueur expliquer les troubles de fonctionnement des nerfs bulbaires, il en est une autre beaucoup plus accentuée dans le bulbe que dans le veste de l'encéphale : c'est une lésion des cellules. Les cellules dont l'eiisenible constitue les noyaux des nerfs bulbaires sont souvent altérées, et cela dès le début de la maladie.

On voit au microscope que beaucoup de ces cellules sont transformées à des degrés divers, suivant l'intensité et l'ancienneté de la maladie ; dans le même groupe de cellules, on peut constater quelquefois plusieurs de ces degrés.

Pour en finir avec les lésions bulbaire», ooQs dirons que les racines du spinal, du glosM-pharyngien sont comme celles du facial et de l'hypogfôsse, comprimées par des éléments étrangei's. Quant aox olives, auxquelles Schrœder van der Kolk et d'autres auteurs ont fait jouer un rôle si important dans le mécanisme de la parole, je n'ai jamais rencontré dans leur texture d'altération notable ; de même, je n'ai pas trouvé de lésions des fibres commissurantes et des fibres des nerfs bulbaires.

Mais les lésions précitées suffisent largement pour expliquer les troubles de la parole qu'on appelle tremblement, bredouillement, bégayement.

De quelle nature sont ces troubles? Ils sont d'ordre somatique. Mais appartiennent-ils à l'ataxie ou à la paralysie? C'est une question qui n'a pas seulement d'importance au point de vue théorique ; d'une façon générale, on parle trop souvent de paralysie, quand il s'agit d'aliénés atteints de périencéphalite diffuse, et on néglige beaucoup trop les troubles ataxiques.

Les aliénés paralytiques ne présentent véritablement de paralysie qu'à la dernière période de leur maladie ; jusque-là, leur force est à peu près conservée intégralement. Ainsi, tel malade

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