‹ Traité de la paralysie générale des aliénésChapitre 19 sur 126 · UES TROUBLES DE L\ PAROLE · texte numérisé non relu

UES TROUBLES DE L\ PAROLE

qui peut à peine se tenir debout peut, lorequ'il a un point d'âp^ pui, supporter un homme appendu à son cou ; tel autre qui, en temps ordinaire, laisse tomber tout ce qu'il lient, peut, quand il est excité, devenir dangereux, et trouver une force qu'on n'aurait pas soupçonnée.

La paralysie musculaire n'est donc pas en cause dans ces cas. Elle est rare au début de la maladie dite paralysie générale. C'est pourquoi, concluant par analogie, j'attribue à l'alaxie le tremblement de la parole qu'on décrit d'habitude au nombre des symptômes paralytiques du début.

S'il s'agissait d'une véritable paralysie des muscles qui concourent à l'articulation des sons, on ne verrait pas aussi souvent, ni surtout aussi vite, ces rémissions qui font qu'au début la sym* ptomatologie change d'un jour à l'autre chez un même individu.

En outre, on observe, en même temps que du tremblement de la parole, des mouvements fibrillaires des lèvres, des muscles des joues qui ne sont certainement pas d'ordre paralytique.

En effet, ces contractions fibrillaires se produisent parfois en dehors de tout mouvement volontaire ; ils semblent alors résulter d'une excitation anormale et sont d'ordre convulsif.

Ils se pi'oduisent encore lorsque le malade est sur le point dé parler; on dirait qu'il se fait dans tous les muscles de la figure et de la langue une vicieuse répartition de l'influx nerveux, et ceci est du ressort de l'ataxie. Ainsi donc, il nous semble que c'est à tort qu'on attribue à la paralysie le tremblem^it de la parole et le bégayement observés à la première période de la périencéphalite diffuse.

Maintenant que nous connaissons la pathogénie de ces troubles de la parole, nous sommes en mesure de les étudier de plus près et d'envisager l'importance de chacun d'eux au point de vue du diagnostic et du pronostic.

Â. Vânonnément est cet embarras de la parole qui est produit par le retard dans la présentation et l'émission des lettres, des syllabes et des mots. Dans cette forme d'embarras de la parole, les individus emploient d'une façon exagérée la voyelle a et les syllabes dans lesquelles entre cette voyelle ; c'est même de cet abus du son a qu'est venue la dénomination d'ânonnement.

La cause de ce retard est la paresse de l'esprit et le manque de

iiS SYMPTOMES DE U DEUXIÈME PÉRIODE.

mémoire : c'est un des principaux symptômes de la démence dans la paralysie en général. L'âuonnement se rencontre ailleurs que dans la paralysie en général ; on Tobserve* en effet, dans la démence sénile et dans la démence qui survient à la suite des diverses variclés de folie simple ou vésanique, dans la démence alcoolique. La démence sénile se distingue en général assez facilement de la démence paralytique; il est cependant des cas où le diagnostic est très-difGcile ; ainsi, dans les cas de paralysie générale à forme sénile, avec lésions athéromateuses des artères ; le diagnostic se tire alors des anamnestiques et surtout de T examen des troubles somatiques concomitants.

. Il est un certain nombre de paralysés généraux chez lesquels les troubles intellectuels dominent tellement la scène morbide, que les troubles somatiques sont presque insaisissables ; à ces cas convient la dénomination de démence paralytique. Comment peut-on les différencier des cas de démence non paralytique? On cherchera les éléments de ce diagnostic différentiel dans les commémora tifs et surtout dans la forme du délire; on sait en effet que le délire des paralysés généraux revêt, en général, un caractère spécial : c'est le délire des grandeui^s, des richesses, une tendance à exagérer, c'est un optimisme exagéré ; or ce caractère spécial du délire persiste le plus souvent, même quand la démence est très-avancée. Â chaque instant les malades parlent de millions et de milliards ; d'autres fois le délii'e hypocondriaque domine. Ce dernier caractère du délire a aussi de rimpoitance. Ainsi que Ta fait remarquer M. Baillarger, un dément^ hypocondriaque est le plus souvent un dément paralytique ; d'ailleurs il est bien rare que le délire hypocondriaque ne soit pas mêlé au délire ambitieux, et de l'intrication de ces deux sortes de délires résulte un assemblage informe, qui n'existe que dans la démence paralytique; ainsi, les malades parleront de tonneaux d'or dans le ventre, ils diront qu'ils ont trois cent mille vei-s qui les rongent, etc., etc. Dans ces cas, le diagnostic s'impose, quand bien même, ce qui est rare, il n'existerait aucun trouble somatique propre à le confirmer.

Si les malades qui ânonnent ne sont pas encore arrivés à un degré avancé de démence et qu'on puisse les faire écrire, on remarquera qu'ils oublient des lettres et des mots. Ce vice dans

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