‹ Traité de la paralysie générale des aliénésChapitre 35 sur 126 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

iplImtloBS ém te paimijsie généimle.

Il était nécessaire d'étudier à part les complications de la paralysie générale, afin de faciliter l'étude de cette maladie si complexe; mais il faudrait se garder d'étendre démesurément le cadre des complications, car on finirait par dissocier ce qui doit

rester uni, et on arriverait, au lieu de simplifier l'étude, à la rendre très-difficile.

Il arrive souvent, qu'étant donné un ensemble de phénomènes morbides, on se demande s'il doit être rangé parmi les symptômes ou parmi les complications; c'est que la démarcation est difficile à poser ; pour arriver à l'établir, nous userons du procédé que nous employons d'habitude, c'est-à-dire que nous partirons d'une définition.

Or, la définition de M. Bouchut nous semble suffisante : « Une complication est un phénomène morbide secondaire développé sous l'influence d'une maladie préexistante (1). ^

Ainsi, par exemple, une attaque apoplectiforme due à une hémorrhagie méningée dans le cours d'une paralysie générale, est une complication : c'est en effet un phénomène morbide secondaire développé sous l'influence d'une périencéphalite chronique préexistante.

De même une atrophie musculaire aiguë due à une lésion des cellules des cornes antérieures de la moelle, chez un aliéné paralytique, doit être regardée comme une c(wip/tcfl/ton ; car c'est un phénomène morbide secondaire développé sous l'influence d'une maladie existant déjà depuis quelque temps.

C'est bien un phénomène secondaire, qui ne fait pas partie intégrante de l'ensemble symptomatique, mais qui lui est surajouté.

Par contre, les troubles intellectuels font partie de l'ensemble symptomatique, et quelle que soit la forme qu'ils revêtent, on ne sera jamais en droit de leur donner le nom de complication, bien qu'en dise M. Baillarger qui, dans une récente étude sur les rémissions dans la paralysie générale, soutient que le délire maniaque, par exemple, est un élément surajouté aux symptômes de la maladie.

Il ne faut pas non plus comprendre dans les complications les phénomènes qui sont les conséquences naturelles de la cachexie, tels, par exemple, que les eschares.

Enfin, il ne faudra pas non plus ranger au nombre des complications divers phénomènes morbides intercurrents qui n'ont, avec la maladie primitive, que des rapports éloignés; ainsi, par

(i) E. Bouchut, Pathologie qénérak. 3* édition, 1875, p. 346.

Page 1