‹ Traité de la paralysie générale des aliénésChapitre 54 sur 126 · LÉSIONS SPINALES · texte numérisé non relu

LÉSIONS SPINALES

remplies de granulations jaunâtres que ne colorait pas la teinture de carmin; à un second degré, elles étaient en outre modifiées dans leurs formes, elles avaient perdu tout ou partie de leurs prolongements ; à un troisième degré elles étaient atrophiées et avaient perdu leur noyau et leur nucléole. Les cellules des cornes postérieures avaient été respectées; dans le bulbe, quelques cellules de l'hypoglosse présentaient des lésions ; les fibres musculaires de la langue avaient subi consécutivement une dégéDé^e^• cence granulo-graisseuse (nous avons dit que le mutisme de> aliénés paralytiques paraissait dans certains cas avoir pour caus^ une semblable dégénérescence des muscles de la langue). Ce? lésions, si elles avaient été localisées à la partie supérieure dt Taxe rachidien, auraient amené les symptômes de la paralysie glosso-labio-laryngée dans le cours d'une péri-encéphalite diffu>e; ce serait là une complication d'origine bulbaire j on n'en a pa> encore cité d'exemple. Il nous a été donné une fois d'obsenerun? lésion spinale analogue à celles que Hallopeau a décrites sous te nom de sclérose diffuse peri-épendyniaire (1). Malheureusemeot il y avait aussi d'autres lésions spinales chez cette malade, elk avait présenté des accidents tétaniformes ; à l'autopsie on trouva: l"" un ramollissement de la moelle dans toute son étendue, surtout à la portion doi'so-lombaire, et une sclérose péri-épendymaire au niveau de la région cervicale ; e: une tranche de moelle présentait à sa partie centrale une teinte brun-rougeâtre, et à la circonférence un anneau de un millimètre de large resté intact. »

Lésions spinales diffuses; myélite diffuse généralisée. — Nou> venons de signaler dans la paralysie générale quelques-unes d' ces lésions spinales que Vulpian appelle systématiques.

Étudions maintenant les cas où la lésion spinale n'affecte plui régulièrement certains faisceaux déterminés ; supposons, pour préciser, que la lésion porte à la fois sur tous les éléments d'une même tranche de moelle ; cette tranche pourra être plus ou moins épaisse; si elle est peu épaisse, nous aurons affaire àuot lésion en foyer (c'est la myélite diffuse circonscrite des auteurs: si, au lieu de porter sur une tranche, la lésion affecte Taxe rachidien suivant toute sa hauteur, nous aurons affaire à la m^èhu

(1) Hallopeau, Archives générales de médecine, 1871 et 1872.

BIYÉLITE DIFFUSE. 259

diffuse généralisée des auteurs : commençons par étudier cette dernière.

C'est elle qu'ont principalement eue en vue Westphal, Magnan, Hayem, Hallopeau (1). C'est celle de toutes les lésions spinales qui s'observe le plus fréquemment dans le cours de la paralysie générale; elle se voit dans le mode chronique et dans le mode aigu ; Calmeil la connaissait très-bien ; il la signale dans son observation 108. «La moelle dorsale, dit-il, est consistante, dure même sur quelques points; elle est comme tassée et atrophiée d'un bon tiers. Le bulbe lombaire est comme renflé et très-résistant ; à là coupe il résiste comme le ferait un fromage desséché, tous les filaments nerveux dont la réunion constitue la queue de cheval sont rouges comme s'ils avaient macéré dans un liquide colorant; au microscope, on trouva que les fibres de la moelle cervicale sont amples, humectées par un liquide trouble, charriant des globules sanguins ; de très-grandes cellules grenues, de couleur grise, se voient dans l'interstice de ces fibres ; les cellules sont bien multipliées dans certaines préparations, etc. »

« Dans cette circonstance, l'inflammation de la moelle spinale avait affecté une marche chronique, i^

Dans d'autres cas, la lésion est aiguë et ne survient que peu de jours avant la mort; dans ce cas, on trouve à l'autopsie que toute la moelle depuis sa portion cervicale est transformée en bouillie; nous en avons obsei'vé plusieurs exemples. Calmeil en cite un très-net (2). Enfin, pour en finir avec les lésions spinales, disons un mot des cas où la lésion est en foyer; c'est d'habitude un foyer de ramollissement plus ou moins étendu qu'on rencontre dans les autopsies; nous n'avons pas souvenance d'avoir rencontré de foyers d'induration. Ces foyers peuvent exister à la région cervicale, comme à la région dorsale où à la région lombaire.

Che« une de mes malades, la nommée No..., un foyer très-nettement circonscrit occupait cette portion de Taxe rachidien qu'on nomme centre ciliospinal;il en était résulté des troubles oculo-pupillaires très-intéressants (3).

(t) Hallopeau, Arch, de méd., 1871 et 1872.

(î) Calmeil, Jowmal de$ progrès de$ sciences et institutions médicales, Paris, 1848, l. II, p. 77 et t Xn, p. 133.

(3) Voy. Burlureaux, Thèse, Paris, 1874.

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Un fait absolument identique a été publié par Calmeil, lonjïtemps avant la connaissance du centre cilio-spinal de Budgc di.

C'était un aliéné paralytique, chez lequel, six mois après Texplosion du délire on put noter les phénomènes suivants : «. Un matin, on remarque une aitMon profonde dans la physionomie, le teint du visage est livide ; A... demeure cramponné au grillage d*un poêle et refuse de manger. La chaleur générale est diminuée, le pouls est fréquent mais difficile à explorer ; étroitesse excmnf des pupilleSf agitation commençante, embarras de la langue beaucoup pb intense que la veille, affaiblissement des jambes, qui rend la progression à peu près impossible ; le lendemain Fagitation est excessive.

» Pourtant A... est dans l'impossibilité de soulever ses membres abdominaux, qu'il parvient seulement à traîner à la surface du lit. Il porte facileoi^nt les bras à sa tête ; les mains sont à peu près insensibles, ainsi que lescuis.^ et les jambes ; état fébrile, danger imminent. Mort le soir.

j^ ATaulopsie, on trouva un ramollissement de la moelle, à partir é(k quatrième cervicale; Taltération sié^e surtout dans les faisceaux posiérieur?. mais pénètre jusqu'aux faisceaux antérieurs qu'elle intéresse, maislésfên^ ment ; la substance médullaire^ sans être précisément diffluente commf \f serait du pus liquide^ s'éloigne de sa fermeté habituelle; cette alléralion diminue d'une manière graduelle et ne descend pas au delà de la liulte vertèbre. »

Ainsi les altérations les plus profondes de la moelle peuvent >»' rencontrer chez les aliènes paralytiques, et tous ces faits ne foir. que confirmer cette vérité qu'il y a entre le cerveau et la moell: des rapports qu'il ne faut pas un instant perdre de vue.

RÉSUMÉ

Les troubles d'origine spinale qu'on est à même d'observer dans la (olit* paralytique peuvent être considérés soit comme symptômes, soit comme coifr plications. Nous les étudierons en trois séries :

1. Suivant qu'ils surviennent en même temps que les troubles tmpliques;

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