ATROPHIE MUSCULAIRE AIGUË
pian, Boyer, Damaschino, JofFroy, Pierret, Gombault, etc., ont Irès-nettement établi la relation qu'il y avait entre les lésions des cellules des cornes antérieures et l'atrophie musculaire.
Nous devons dire que ces faits d'atrophie musculaire sont rares chez les aliénés paralytiques. Nous en avons observé deux cas (1). Un troisième a été observé par Mac-Dowall à Inverncss (2) ; bien que Taulopsie manque, il y a tout lieu de croire qu'il s'agit bien de folie paralytique avec atrophie musculaire aux membres supérieurs.
JoUy, de Wurtzbourg (3), dit que des atrophies musculaires s'observent assez souvent dans le coui's de la paralysie générale, soit sur un membre, soit sur plusieurs, mais il n'en a donné aucune observation.
Dans les deux cas précités qui nous appartiennent, l'atrophie musculaire est survenue rapidement et à la suite d'une attaque congestive ; elle a été partielle, n'attaquant qu'un bras et les mollets : elle s'est manifestée par de la flaccidité des muscles atteints et par une diminution sensible de leur contractilité électrique. Des parcelles de ces muscles recueillies avec le harpon de Duchenne et examinées au microscope ont montré la dégénérescence granulo*graisseuse et les autres altérations qu'on observe dans Tatrophie musculaire protopathique.
Dans un cas, la mort a suivi de près; dans l'autre, les muscles malades ont pu reprendre peu à peu leurs propriétés électriques; mais l'autopsie pratiquée quelque temps après nous a néanmoins révélé des lésions identiques dans l'un et dans l'autre cas. Les cellules des cornes antérieures étaient altérées de la façon suivante : dans chaque groupe antérieur et externe, les cellules malades apparaissaient irrégulièrement mélangées aux cellules saines, en proportion variable, sur les coupes faites à différents niveaux; sur certaines coupes, le nombre des cellules transformées était sensiblement plus considérable sur la corne droite; en moyenne, il y avait environ deux cellules modifiées sur trois ; les cellules étaient en outre plus ou moins profondément altérées ; à un premier degré, elles étaient pigmentées et
(1.1 A. Voisin et Hanoi, J/m. «tir deux cas d'atrophie musculaire. Société de Biol9gic, 1872.
(2) Nac-DowaU, ifientoi science y 1872.
(3) Arch, fur Psychiatrie. Berlin, 1872.
A. VOISIN. Paralysie. 47