‹ Traité de la paralysie générale des aliénésChapitre 62 sur 126 · DÉMENCE SYMPTOMATIQUE. S · texte numérisé non relu

DÉMENCE SYMPTOMATIQUE. S

l"" Démence aiguë. — Éliminons rapidement le cas de démence aiguë. La démence aiguë d'Esquirol n'est autre chose, en effet, que ce que nous avons étudié déjà sous le nom de stupeur mélancolique.

Nous avons déjà dit que la folie simple avec stupetir pouvait se différencier de la paralysie générale.

2"* Hypochondrie intellectuelle. — Passons aussi rapidement sur Vhypochandrie intellectuelle ^ qu'on pourrait peut-être confondre avec la paralysie générale au début.

Par hypochondrie intellectuelle y il faut entendre cette tendance qu'ont certains malades à se plaindre de l'affaiblissement de leur intelligence, tout comme ils se plaignent de troubles somatiques variés, sans que rien justifie leurs assertions.

Ces malades, qui sont en général névropathiqueSy accusent leur mémoire de devenir infidèle ; ils se plaignent plus rarement de leui* esprit; cependant il en est qui affirment que leur jugement a perdu de sa sûreté, que leur imagination était autrefois plus vive, qu'ils se sentent au-dessous d'eux-mêmes.

Ces diverses affirmations sont parfois dues à une coquetterie inconsciente, et d'autres fois à un état d'hypochondrie qui se manifeste par d'autres préoccupations ; de sorte que le diagnostic est le plus souvent facile.

Il est rare que dans la paralysie générale les malades aient ainsi conscience de leur état; ils sont, au contraire, portés à se croire plus intelligents que jamais.

D'ailleurs, la connaissance des antécédents pourra être d'un grand secours, de même que la recherche des troubles somatiques.

S"" Démence symptomatique. — Arrivons enfin aux cas où existe véritablement de la démence.

La démence appartient-elle à la péri-encéphalite chronique diffuse, ou à toute autre cause?

On sait que la démence, c'est-à-dire l'affaiblissement des facultés psychiques : 1** s'observe à la suite de lésions cérébrales localisées ; 2^ qu'elle peut être d'origine épileptique, alcoolique; 3* qu'elle est le plus souvent la période ultime des diverses formes de folie simple; 4" qu'elle est liée à la sénilité (démence sénile) .

Commcnl établir le diagnostic?

C'est souvent extrêmement difficile si on se contente d'examiner les troubles psychiques ; c'est pourquoi, dans ce cas comme dans tous les autres, il faut rechercher avec le plus grand soin les troubles somatiques.

Mais, dira-t-on, vous-même avez écrit que quand la paralysie générale affecte la forme de démence paralytique (3* variété, p. 181) les troubles somatiques sont en général peu marqués.

C'est vrai, et c'est précisément pourquoi le diagnostic est si difficile. Mais en cherchant bien, on pourra arriver à constaler dans la démence paralytique de l'inégalité pupillaire (c'est le signe somatique le plus fréquent dans cette forme) ; on pourra en outre constater que la démence, chez les paralysés, est parfois traversée par des conceptions délirantes qui ne se renconlrenl pas dans les autres formes de démence.

Un dément paralytique qui n'aura pendant longtemps témoigné d'aucune idée ambitieuse, viendra un jour à marmotter les mots de millions et de châteaux; ou encore des conceptions hypochondriaques à caractère spécial peuvent venir éclairer le diagnostic.

Une paralysée générale qui était en démence depuis longtemps nous disait récemment qu'elle était enceinte, que ses pieds et ses mains étaient extrêmement petits, que son cœur était sorti de sa poitrine, etc. Chez cette femme le diagnostic était posé depuis longtemps ; mais en admettant que nous l'ayons vue pour la première fois et que nous n'ayons pas pu constater chez elle de troubles somatiques, ces idées hypochondriaques auraient pu nous mettre sur la voie du diagnostic.

L'étude attentive des antécédents pourra aussi aider à porter le diagnostic ; si le malade a eu des poussées congestives; s'il a présenté, avant de devenir dément, quelques-unes de ces manifestations que nous avons consignées dans l'étude des prodromes, on pourra le plus souvent poser le diagnostic de démence paralytique (1).

Dans la démence comécntive à des lésions cérébrales en fop^ deux cas peuvent se présenter :

(!) Voy. la thèse de Falret, pour le diagnostic différentiel.

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