CERVEAU DU FŒTUS
laires de 4 à 5 /jl, pourvus d'un noyau et uon surmontés d'un prolongement, ni entourés d*un espace clair, corps que l'hémaloxyline colore fortement : cette couche, à un grossissement de 260 diamètres, présente une épaisseur de 0,015.
2* Une couche foncée contenant un nombre très^rand de ces corps arrondis ou ovalaires serrés les uns contre les autres, et disposés pour un grand nombre en lignes dans le sens supéroinférieur. Ces corps sont très-colorés par l'hématoxyline. La couche, à un grossissement de 260 diamètres, a une épaisseur de 0,010.
3"" Une troisième couche (d'une épaisseur de 0,085, vue à un grossissement de 260 diamètres) est constituée par une trame formée de fibres supéro-inférieures le long desquelles il y a un nombre assez grand de ces corps arrondis et disposés de telle sorte qu'ils forment des lignes dans le même sens que les fibres dont je viens de parler ; il est à noter que ces fibrilles ne sont pas colorées par l'hématoxyline : cette zone est du reste Irès-claire.
4' La quatrième couche est constituée comme la deuxième : les corps ronds ne sont pas plus nombreux, et les fibrilles sont un peu plus claires que dans la deuxième, mais elles sont mieux accusées.
5* La cinquième couche est constituée comme la troisième, mais présente des vaisseaux plus gros.
6' La sixièmecouche est conmip la quatrième, lesc rps ronds sont seulement plus espacés.
On peut tirer les conclusions suivantes de ces examens muK lipliés auxquels je me suis livré :
Les noyaux nombreux qu*on aperçoit dans la substance corticale du fœtus sont les myélocytes décrits parCh. Robin ; ils sont l'origine des cellules cérébrales, et toute cellule provient d'un de ces corps nucléaires. Les dessins (voy. pi. XIII, fig. 2 et 3) montrent nettement cette évolution admise d'ailleurs par Ch. Robin (1), Valentin, Purkinjc et Luys. J'ai pu constater que l'évolution de ces corps nucléaires en cellules se produit de la façon suivante : Il se fait d'abord autour du corps nucléaire un espace clair qui s'agrandit progressivement. Puis on voit appa-
(1) Ch. RoMn, Anatomie et physioloiiie ctUulairêi, p. 331.
m ANATOMIE PATHOLOGIQUE.
raitre dans le noyau un nucléole de plus en plus marqué, ou bien il s'en fait deux ou trois qui, plus tard, se réunissent en un seul. A une période plus avancée de Fâge fœtal (1), le coi'ps iiucléaiiv prend tantôt un aspect piriforme, et il présente deux exlrémilês parfaitement dissemblables, l'une renflée et l'autre en pointe; parfois il garde sa forme arrondie, mais il prend un volume trois ou quatre fois plus grand que son volume antérieur. Dès les premiers jours de la naissance le développement est très-rapide (2). Il atteint, vers trois ou quatre ans, le volume qu'il consenera pendant l'âge adulte, mais il ne présentera qu'à un âge pl«> avancé ses dernières transformations qui en feront un corps parfaitement organisé : ainsi ce n'est que vers sept ans que la cellule cérébrale se présente avec un protoplasma complet, uii nucléole, un noyau bien organisé, et enfin des prolongemenU secondaires et un cylinder axis complet. Lorsque ces myélocytes sont arrêtés dans leur évolution, il en résulte l'idiotie : les cerveaux d'idiots et de crétins ont en eflet l'apparence histologiq«<^ des cerveaux d'enfants qui viennent de naître. Les myélocytes j sont très-abondants, les cellules nerveuses rares ; beaucoup son! privées de leurs prolongements normaux et de l'espace vide qui entoure toute cellule normale (voy. pi. XIII, fig. 4) (3).
Il est impossible, en présence de l'évolution successive de ces corps nucléaires, de ne pas être convaincu de leur nature nerveuse, et de ne pas nier absolument la doctrine qui voudrait faire de ces corps ou d'une partie de ces corps des éléments de tissu conjonctif . D'autre part, d'autres arguments peuvent encore être opposés à la manière de voir de Virchow et des autres partisans de la nature conjonctive de la névmglie et des corps nu* cléaires, appelés myélocytes par Robin. 4** En premier lieu, il est aisé de s'assurer sur des coupes très-fines de substance blanebe examinées au microscope , à un très-fort grossissement (pi. V, fig. 4), que les fibrilles qui constituent le réticulum sont cylindres-axes, soit libres, soit entourés d'une très-mince couche de myéline, qui en fait des tubes à double contour, comme les fibres nerveuses de la substance blanche ; la disposition en tubes ren-
(1) PI. xni, Ag. 2.
(2) PI. XUI, flg. 2 et 3.
(3) Consultez ma communication ù TAcadémic de médecine, il noùt 18/8.
NATURE NERVEUSE DU RËTiCULUM. i31
vei-se, à elle seule, la théorie de Virchow. Un dessin de Kôlliker (1) montre bien cet aspect de la siibstance blanche . ^ Si le réticulum était du tissu conjonctif, on devrait, lorsqu'on examine des crêtes de substance blanche de paralysés généraux qui présentent, on le sait, un certain degré d'induration, on devrait, dis-je, apercevoir des fibrilles lamineuses. Jamais, en tous cas, on ne rencontre loin des vaisseaux de corps fusiformes, ni de fibrilles de tissu conjonctif; les corps fusiformes (cel^ laies phsmatiques de divers auteurs, cellules (Ibro- plastiques ou du tissu conjonctif) sont seulement dans le voisinage immédiat et dans la paroi des vaisseaux, d'où ils peuvent s'étendre aux parties qui sont dans leur voisinage immédiat. Sur les préparations colorées à l'hématoxyline on peut voir que seuls les myélocytes et les noyaux embryoplastiques restent colorés en bleu violet; si donc le réticulum était formé de tissu conjonctif, il ne manquerait pas d'être coloré par cette substance qui a une affinité spéciale pour le tissu conjonctif, partout où il existe. Cette action de l'hématoxyline sur le tissu conjonctif est encore propre à démontrer qu'un tissu de forme aréolaire, que Ton voit sur mes préparations et sur celles de Luys (2), que l'on observe dans les cas avancés de paralysie générale, n'est pas composé de tissu conjonctif, mais que les fibres qui le composent sont des fibres nerveuses juxtaposées et se touchant à certains moments, s'entre-croisant, de manière à constituer un réticulum très-fin. De plus, si le réticulum était du tissu conjonctif, on devrait constater son hypertrophie à la limite des lésions corticales, là où la substance adhère à la pie-mère. Eh bien ! il n'en est rien. On voit en ces points un tissu qui ne diffère du tissu normal que par l'aspect déchiqueté, des lambeaux de cylindres-axes et de substance interstitielle qui ont été déchirés pendant l'en- Jôvement de la méninge adhérente (voy. pi. XV, fig. 2 et 3), des cellules et des myélocytes plus ou moins altérés, des vestiges d'épanchements hématiques et des lésions vasculaires.
Quant aux myélocytes, on a dit qu'ils étaient des éléments du tissu cellulaire et non pas des éléments du tissu nerveux. Je suis convaincu que ce sont des éléments nerveux; car on les voit
(1) Éléments (FhûtologU, traduction par M. Sée. 1869, p. 398. (â) Luy8« AnnaUi méd^-psych., juillet 1877, p. 7(M.
i32 ANATOMIE 1»ATH0Ï.0GIQUE.
diminuer en nombre au fur et à mesure que les cellules nerveuses se forment et que l'enfant avance en âge.
Il ressort donc pleinement de toutes ces considérations que c'est une profonde erreur de considérer la névroglie comme étant du tissu conjonctif et de confondre les corps appelés rayélocytes par Robin avec des noyaux de tissu cellulaire. D'autre part, c'est sur une détermination exacte de la nalunî anatomique et physiologique des parties constituantes du tissu cérébral que repose toute interprétation utile de la nature des lésions observées.
Après avoir étudié la névroglie au point de vue purement anatomique, il nous reste à décrire les lésions dont elle est le siège chez les aliénés paralytiques.
Or, la lésion initiale et fondamentale consiste dans rimbibition par du blastème de toute Tépaisseur de la substance corticale ; cette imbibition se traduit par un œdème visible à Tœil nu, et au microscope par une sorte de nuage qui voile les éléments nerveux et le réticulum, et ôte à la préparation sa netteté. Cette matière blastématique arrive à comprimer, puis à atrophier les éléments actifs du cerveau: c'est ainsi qu'on trouve dans les préparations microscopiques des éléments dissociés, des cellules séparées des cylindres-axes, isolées de leurs prolongements secondaires ; c'est ainsi qu'on rencontre des tubes nerveux épars, sans liens entre eux, ayant subi la nécrose à des degrés variables.
Il est une autre altération que l'on trouve d'une façon constante, mais à des degrés divers, dans le cerveau des aliénés paralytiques: elle consiste dans l'existence d'un lacis de noyaux sur lesquels des travaux divers ont été publiés.
Rokitansky (1) considère ce lacis comme formé par du tissu connectif qui embrasse et étouffe le tissu nerveux.
Wedl (2) décrit l'hypertrophie du tissu conjonctif de la substance corticale et de la membrane adventice des vaisseaux de la pie-mère.
Regnard (3) a décrit dans les crêtes de la substance blanche la prolifération des éléments du tissu conjonctif.
(1) ftokitansky, Uber Bindegewehwueherung m Nerven syttem.
(2) Wedl, Beitrage %ur PaihoL dér BMgefUue, Wien* 1859.
(3) Regnard Ârm, méd. ptffch.^ 1865.
ARÉOLES. 4a3
Pour Magnan (1 ) et Luys (2) , il se fait dans l'encéphale une irritation formative qui se traduit par de la prolifération nucléaire dans le tissu intei^titiel et de la sclérose diffuse de la névroglie. La description que les auteurs ont donnée est parfaitement exacte, c'est l'interprétation qui n'est pas juste.
M. Baillarger (3) a, en effet, justement fait remarquer combien cette théorie de la sclérose intei^stitielle et de l'envahissement primitif et d'emblée des éléments nerveux par le tissu scléreux était peu compatible avec les rémissions et les intermittences de la |)aralysie générale.
Pour nous, au contraire, qui ne voyons dans la prolifération nucléaire primitive que les conséquences d'épanchements blasténiatiques, nous pouvons expliquer ces rémissions, parce que le blastènie et ses dérivés sont susceptibles d'être résorbés dans les premiers temps de la maladie, tandis que ce n'est que plus tard que la formation de tissu scléreux autour des vaisseaux les étouffe, et amène forcément l'incurabilité par l'obstacle qu'elle apporte à la nutrition des éléments nerveux.
Aréoles, — Lorsque la paralysie générale a parcouru toutes ses périodes, on trouve en effet sur des coupes fines un lacis formé par des noyaux en quantité considérable. Ce lacis est constitué par des mailles de forme quadrangulaire plus ou moins irrél^'uUères; si on l'examine à un faible grossissement, on n'aperçoit guère que les noyaux disposés en chapelets ; mais si l'on emploie de forts grossissements (900 à 1000 diam.), on s'aperçoit que ces noyaux sont situés sur le trajet de vaisseaux. Ces noyaux ont, à notre avis, leur origine dans la tunique externe des vaisseaux; ce qui le prouve, c'est, comme nous venons de le dire à l'instant, (ju'ils sont situés sur le trajet des canaux vasculaires; c'est, en outre, qu'ils existent en nombre bien plus considérable, au voisinage des points où les vaisseaux se bifurquent; les descriptions et les dessins qu'ont donnés Hayem, Mierzejeweski, viennent singulièrement appuyer notre opinion, en y montrant l'existence constante de l'extravasation et même de l'hémorrhagie sous-adven-
( 1) Magnan, Arch. de pky$., 1868, n"* i.
{i) Luys, Ann. méd.-pgych., iuïûei 1877, p. 107.
(3) Afui. mêd.-/w2^cA., juillet 1877, p. 108.
A. VOISIN. Paralysie. iS
titielle dans le début de la paralysie générale. Eu résumé, ces noyaux proviennent de la transformation du blastème qui transsude, par diapédëse, des vaisseaux.
Un certain nombre de ces noyaux émigré dans la substance nerveuse avoisinant le vaisseau ; mais c'est toujours au voisinage du vaisseau qu'ils sont le plus nombreux.
Ces noyaux, répandus dans les parois vasculaires ou dans le voisinage immédiat des vaisseaux, peuvent, les uns resler à rétat de noyaux libres, et les autres passer à l'état de cellules fibro-plastiques ou du tissu conjonctif ; ils subissent celle Irany formation et celle en fibrilles connectives qui étouffent b éléments nerveux, après un temps plus ou moins longet à lasuite de modifications multiples; mais, tels que nous venons de les décrire, ce ne sont que des noyaux embryoplastiques, comme on en trouve dans toute inflammation aiguë ou chronique aulourde^ vaisseaux, et après la démonstration que nous avons donnée de la nature nerveuse des fibres ou cylindres-axes du réticulum, il noui^ est impossible d'admettre que ces cylindres-axes et tubes nerveu\ donnent naissance à des noyaux embi7oplastiques , de même qu'une cellule nerveuse n'a jamais pu être considérée comme l'origine possible de semblables noyaux ni de fibres de lis^^u conjonctif.
Luys (1) a décrit sous le nom de géodes des espaces vi*l^> aérolaires qu'il a observés dans les périodes avancées de la paralysie générale, et qu'il considère comme étant le résultat de la rétraction de la névroglie qui, en se développant, élargit b aréoles.
Nous avons constaté cette disposition un grand nombre defoiN nous avons montré nos préparations à M. le professeur Ch.Roliin. qui n'a vu dans cette apparence qu'un artifice de préparation il de coupe, et qui n'a nullement reconnu à l'entourage de ce^ espaces les caractères du tissu connectif: pas de coloration, en elfet, par l'hématoxyline, et aspect analogue à celui d'un cerveau sain.
En décrivant les formes aiguës de la paralysie générale, nous avons parlé des éléments du sang que l'on trouve épanchés dans la
{\) Annalts médico-psycholoyiqueSf juillcl 18Î7.
CORPS PLASM.^T1QUES. 435
substance intermédiaire. Dans les formes chroniques, on trouve ces éléments transformés en cristaux d'hématine, en amas d'hé* inatosine et en corps d'origine fibrineuse : ces derniers ont été étudiés avec soin par Meynert, Lubinoffet Mierzejewski. . Meynert a décrit dans la circonvolution de Tourlet et dans les couches profondes de la substance grise des circonvolutions, ainsi que dans la zone supérieure des cellules colossales plasmatiques, avec des ramifications multiples. Mienejeswki (1) les a décrites de la façon suivante : c La substance cérébraleest envahie, dit-il, à une période avancée de la maladie pai* des Ilots de substance amorphe, homogène, opaque, se colorant fortement par le carmin, correspondant au trajet des vaisseaux sanguins. Ces corps ont des formes bizarres; ce sont eux qui ont été décrits comme des cellules plasmatiques araignées, ils n'ont pas une structure bien déterminée; ils sont constitués par un coagulum de fibrine, ils se dissolvent dans la solution de potasse caustique. > Le même auteur pense que des noyaux conjouctifs entrent dans la constitution de quelques-uns de ces corps. Nous l'admettons, à la condition que ces noyaux conjonctifs se trouvent dans le voisinage immédiat de vaisseaux, car, ainsi que nous l'avons déjà dit, des noyaux ou des éléments de nature conjonctive ne peuvent se rencontrer dans la substance nerveuse que là où il y a des vaisseaux. Du reste, des myélocytes peuvent être le centre de ces coagulums, je l'ai constaté souvent (voy. pi. XV, fig. 3).
De plus, sans répéter que la substance nerveuse étant née du feuillet blastodermique externe, il ne peut y exister aucune trace de substance conjonctive, nous femns observer :
1"* Que les noyaux que Ton trouve en si grande quantité dans la substance intennédiaire du fœtus sont tous des éléments nerveux et peuvent tous devenir, en se développant, le centre de formation de cellules nerveuses et jamais celui de cellules fibro-plastiques.
^ Que dans la substance corticale du fœtus, les fibres parallèles, qui sont si faciles à voir à cinq mois, sont des fibres nerveuses et qu'on n'y trouve en aucun point de disposition fasciculée. En outre, jamais il ne nous est arrivé de rencontrer dans la substance intermédiaire de corps fusiformes, et à plus forte raison de fibres
il) Arc/i. âephtftiol, 1875, p. t05.
m ANATOMIE PATHOLOGIQUE.
de tissu conjonctif, que dans les parois ou dans le voisinage immédiat des vaisseaux, et à cet égard il est bon de se mettre engarde contre une erreur possible, qui consisterait à prendre pour une tmlnée de tissu conjonctif, formée aux dépens de la 'névroglie, un vaisseau oblitéré par la prolifération de son tissu conjonctif propre.
Quant aux noyaux de nouvelle formation qu'on découvre au microscope dans le cerveau des aliénés paralytiques, c'est aux dépens d'un exsudât venu des vaisseaux que se forment tous ces éléments, véritables corps étrangers pour le tissu cérébral.
Us prennent les caractères qu'ils ont dans les tissus au milieu desquels ils se trouvent normalement ; en conséquence ceux qui se développent dans la trame conjonctive des vaisseaux passent à l'état de corps fusiformes : étant prouvé que le tissu conjonctif n'existe qu'autour des vaisseaux, ce n'est que là qu'on peal trouver de ces corps fusiformes.
Or, c'est ce que le microscope démontre. Ceux, au contraire^ qui se développent dans l'épaisseur de la névroglie possèdent les caractères des éléments normaux de la névroglie, c'est-à-dire des myélocytes.
Il y a donc dans la paralysie générale hypei^enèse de myélocytes, puisque les corps de nouvelle formation qu'on trouve loin des vaisseaux dans l'épaisseur de la névroglie, ont le même aspect que les myélocytes normaux, et se comportent de même avec les réactifs et les matières colorantes. Les noyaux embi^oplastiques qu'on rencontre dans la substance intermédiaire des aliénés paralytiques et les myélocytes qu'on voit en trèsgrand nombre chez le fœtus et en moins grand nombre chez l'adulte sain, dans cette même substance, sont ovoïdes ou sphèriques j le plus souvent sans nucléoles ; leur diamètre est de 5 à 10 millièmes de millimètre. Ils sont insolubles dans l'acide acétique, finement granuleux, pouvant renfermer un ou deux nucléoles et quelquefois un noyau ; ils sont assez faciles à colorer par le carmin, mais ils ont une prédilection bien marquée pour l'hématoxylène. Nous avons compté fréquemment avec la cellule de l'hématimètre de Nachet et Hayem, le nombre des myélocytes par millimètre carré. Dans la substance blanche des paralysés généraux, il est de 260 en moyenne, tandis qu'il n'est que de iOO en moyenne chez l'adulte sain ; dans la substance grise (zone
HTPERGENÈSE DES MYËLOCYTES. 437
moyenne) des paralysés généraux, il est de SOO en moyenne, tandis qu'il n'est que de 160 à l'état sain. On voit par ce qui précède que nos recherches histologiques, qui remontent déjà à un certain nombre d'années, nous forcent à nous séparer nettement des auteurs qui considèrent ces noyaux de nouvelle formation de la substance amorphe des fous paralytiques comme étant des noyaux de tissu conjonctif.
Lésions des myélocy tes. — Les myélocytes, ainsi que nous l'avons démontré plus haut à propos des considérations sur la nature de la névroglie, sont des éléments de même nature que les cellules nerveuses et subissent des évolutions morbides analogues à celles que nous avons décrites pour les cellules.
Les altérations des myélocytes, comme celles des cellules cérébrales, peuvent présenter plusieurs degrés. A un premier degré, le protoplasma est jaunâtre et il renferme déjà quelques très-fines granulations graisseuses; à un second degré, les granulations ont augmenté de volume, le noyau est à peine visible, quoique coloré par rhématoxyline; à un troisième degré enfin, le myélocyte a l'aspect d'un corps étranger, noirâtre, anguleux. Ce n'est qu'en suivant les divers degrés d'altération qui peuvent l'atteindre qu'on peut concevoir une transformation aussi complète. Sur la même préparation microscopique il s'en faut de beaucoup que tous les myélocytes. soient atteints au même degré, et à coté de myélocytes très-altérés, à peine reconnaissables, on pourra en rencontrer de parfaitement sains. On retrouve encore ici cette capricieuse répartition des altérations cellulaires que nous avons signalée en étudiant les lésions des cellules nerveuses cérébrales, et qu'on observe également dans les lésions des cellules de la moelle.
Si nous continuons d'étudier les lésions encéphaliques, en procédant de la périphérie au centre nous arrivons à l'étude de la substance blanche.
Altérations de la substance blanche. — Lorsqu'on fait des coupes sur un cerveau d'aliéné paralytique, on peut constater, dans la grande majorité des cas, l'inégalité de consistance qui existe enti*e la substance grise et la substance blanche. Tandis, en effet, que la couche corticale formée par la substance grise est molle et presque diffluente, se laissant déchirer par lambeaux
et entraîner avec la pie-mère épaissie , se laissant enlever facilement par le raclage avec le manche d'un scalpel^ la substance blanche sous-jacente a, au contraire, une consistance qui est audessus de la normale. Dans les cas où la maladie a suivi toutes ou presque toutes ses périodes, la substance blanche peut être séparée facilement par le raclage d'avec la couche grise, et apparaît sous forme de crêtes jaunâtres, d'un jaune sale. Par des coupes pratiquées dans son épaisseur, on s'assure qu'elle résiste un peu à l'instrument. M. Baillarger a insisté sur cette induration superii* ciel le de la substance blanche que Parchappe (1) etCalmeil avaient déjà signalée dans des cas exceptionnels ; un des élèves de M. Baillarger a noté, dans certains cas, un ramollissement trèsprononcé au-dessous de cette induration (Regnard) (2).
Cette induration superficielle parait, d'après Regnard, exister dès les premières périodes de la maladie. Cet auteur a pensé qu'elle était de nature scléreuse, et qu'elle pourrait bien être en rapport avec l'embarras de la parole, parce qu'elle porte plus spécialement sur les lobes antérieurs du cerveau. Mais nos observations ne nous ont pas conduit aux mêmes résultats que ceux que nous venons d'emprunter à Regnard; car : l"" ces crêtes se rencontrent non-seulement aux lobes antérieurs, mais encore dans les lobes temporaux, dans les circonvolutions pariétales, dans les circonvolutions satellites des nerfs olfactifs^ et même dans les lobes occipitaux; S"" nous ne saurions admettre l'existence de la sclérose du tissu interstitiel, ou névroglie, car nous n'avons jamais rencontré dans la névroglie de ces crêtes du tissu conjonctif en excès (3); S"" le ramollissement signalé par Regnard au-dessous de la couche indurée, nous ne l'avons jamais rencontré , mais nous croyons, comme cet auteur, que les crêtes ne s'observent que lorsque la maladie est arrivée à sa seconde période.
La vascularisation est toujours plus ou moins accrue, les vaisseaux se présentent sous forme d'arborisations ou sont anormalement dilatés : en d'autres termes, la coupe offre l'aspect sablé;
(t) Pftrchappe, Traiié de la folie, p. 257.
(2) Régnard, Ann. médico^iyehol.y 1865.
(3) Il est entendu que du tissu conjonctif en excès peut se former dans les parois mot- I aires et de là entahir la névroglie.
ÉTlîQE HISTOLOGIQUE DE LA SUBSTANCE BLANCHE. 439
rhyperhémie prédomine dans les lobes antérieurs et postérieurs ainsi que dans les lobes sphénoîdaux ; par contre, la couronne de Reil est quelquefois indemne d'hyperhémie. L'apparence œdémateuse que nous avons signalée dans la substance grise se voit aussi, surtout lorsque la mort est survenue après des attaques convulsives ou une congestion aiguë. Toute la substance blanche présente alors une consistance molle et laisse suinter de la sérosité transparente, même lorsqu'on exerce une douce pression. Nous avons dit, à propos de l'étude de la substance grise, qu'il y avait parfois des Ilots présentant une coloration anormale (couleur vineuse, couleur feuille-morte). Ces teintes peuvent pénétrer la partie de substance blanche avoisinante.
Exanien histologique. — Si l'on examine au microscope, après durcissement et coloration par le carmin ou par l'hématoxyline, les crêtes de la substance blanche, on arrive facilement à se convaincre qu'un processus scléreux n'est pas la cause de l'induration signalée plus haut. On y voit : 1^ des vaisseaux qui présentent dans leurs parois et le long de leurs parois les lésions que nous avons déjà décrites; 2® dans la substance intermédiaire ou amorphe, un nombre plus ou moins grand de corps embryoplastiques ronds ou ovoïdes, semblables à ceux que nous avons étudiés dans la substance grise, et, comme eux, d'origine vasculaire ; â"* de plus , le réticulum tel qu'il existe à Fétat ftormal, composé de tubes, et formant des mailles de diverses formes, surtout déforme quadrangulaire (pi. V, fig. A); dans aucun endroit privé de vaisseau on n'observe de faisceau de tissu fibrUlaire; partout ces tubes sont isolés les uns des autres, sauf aux points où ils se croisent. On en voit de parallèles séparés par des espaces de 8 à 10 millièmes de millimètre : nulle part, dans les nombreuses prépai^tions que nous avons faites, on ne trouve de faisceaux présentant une forme ondulée; on aperçoit dans plusieurs points des espaces libres entre ces tubes, et dans les espaces se rencontrent des myélocytes, et même quelques-uns de ces myélocytes munis de prolongement sont manifestement en voie de transformation en cellules nerveuses ou ganglionnaires. L'induration que l'on observe dans la substance blanche doit être attribuée à l'imbibition de cette substance par le blastème, c'est-à-dire à un œdème dur rappelant certains
440 ANATONIE PATHOLOGIQUE.
œdèmes de la peau. En somme, les lésions de la substance blanche sont de même nature que celles de la substance grise ; mais tandis que l'infiltration blastématique dissout les éléments plus déliés de la substance grise, elle produit, au contraire, de l'induration dans la substance blanche, dont la structure est plus dense, et qui n'est pas immédiatement en rapport avec la pie-mère, source de l'exsudat qui imbibe la substance grise.
Mierzejewski (1) a décrit dans la substance blanche des circonvolutions des paralysés généraux à l'état frais : i"* des noyaux ronds qui se colorent vivement par le carmin ; ^ des uoyaux ovales colorés faiblement par le carmin.
La couronne de Reil présente les mêmes lésions à un moindre degré que la substance blanche superficielle (pi. Y, ûg. 2 el3].
Lésions de Finsula. — Les altérations de l'insula mériteotune mention spéciale à cause du rôle important que l'on assigne à celte partie du cerveau dans l'acte de la parole. Il arrive fréquemment que la substance corticale de l'insula est ramollie dans toute son étendue, ou dans une partie de cette étendue, sans même que les méninges soient notablement épaissies à son niveau, ou aient contracté des adhérences avec elle. Les parties ramollies se dissocient sous un filet d'eau. Des coupes perpendiculaires montrent que la substance grise et la substance blanche de l'insula sont toujours notablement hyperhémiées, et Télude histologique apprend qu'il existe une artérite intense, caractérisée par une multiplication considérable de noyaux et de cellules embryonnaires dans les parois vasculaires (pi. V, fig.l) et dans la substance nerveuse avoisinante.
Couche optique. — Dans la couche optique, on rencontre le plus souvent des traces manifestes d'hyperhémie ; on voit à la coupe des dilatations vasculaires, un piqueté intense. Nous avons observé, chez une femme qui avait présenté au début de la paralysie générale des hallucinations de la vue, une lacune pouvant loger un grain de chènevis, qui occupait le centre de la couche optique, et qui était le vestige d'un ancien foyer hémorrhagique.
Observation XLVIIL — Paralysie générale. Début par des [hallucimtiens de Voviie. Traces d'un ancien foyer dans la couche optique,
(1) Mieriejewftki, Arch, phytiol,, 1875, p. 317.
GOICHE OPTIQUE. 441
La nommée X..., 39 ans, esl entrée dans mon serrice le 31 octobre 1877. il j a quatre ans, la malade a eu en un mois quatre attaques avec perte de la parole qui durait sept à huit minutes. Plus tard, elle a été paralysée de la jambe gauche, et enfin, il y a quinze mois, elle a commencé à avoir des hallucinations de l'ouie : des gens la suivaient dans la rue et lui adressaient des injures. Depuis quatre mois elle ne marche plus. Elle n'a jamais manifesté d'idées mélancoliques ni de richesses.
A son entrée, la malade est maigre, pâle, la physionomie souriante, la pupille gauche plus tarife et non contractile à la lumière du jour. Ataxie considérable de la langue et des lèvres. La parole est excessivement tremblée. La force musculaire est suffisante. Ataiie des membres supérieurs, contracture des muscles antérieurs du bras gauche ; sensibilité normale aux bras et obtuse dans les jambes. La pression des huitième, neuviève, dixième dorsales est très-douloureuse, et le pincement de la peau au-dessous de ces vertèbres provoque des cris. Plaintes et cris incessants. Escliares au sacrum, au talon.
La malade meurt le 18 novembre. — A l'autopsie, on trouve une grande quantité de sérosité intra- et sous-arachnoïdienne. La pie-mère est rouge et Tarachnolde opalescente avec plaques laiteuses. Les veines, surtout le long «le la scissure de Sylvius, sont tui^escentes et variqueuses. Sérosité rougeàtre abondante et granulations dans les ventricules latéraux.
A gauche, il existe des adhérences entre les méninges et les première et deuxième frontales qui sont atrophiées. De même pour la troisième.
A droite, adhérences avec les première et troisième frontales, la première occipitale et la circonvolution de l'ourlet.
La couche optique droite est saine, mais la gauche est hyperhémiée et présente à sa partie moyenne, à 10 millimètres de sa partie supérieure, une lacune en voie de cicatrisation pouvant loger un grain de chènevis.
Le quatrième ventricule renferme des granulations fines et très-nombreuses.
Le cœur renferme du sang d'apparence groseille.
Les différentes teintes de la couche optique sont confuses dans certains cas, et la délimitation des noyaux devient par là même difficile. Il nous est même arrivé quelquefois de constater une teinte louche dans toute l'épaisseur de 1 organe coïncidant avec uo oedème manifeste de la couronne de Reil. Au microscope on constate presque constamment des altérations généralisées des cellules, mais ces lésions dépassent rarement le second degré (pi. Y, fig. 5). On les observe aussi bien dans la partie antérieure que dans les parties moyenne et postérieure. Les vaisseaux sont gorgés de globules ; mais l'extravasation en dehors de leurs parois est restreinte dans certaines limites, et la couche optique ne présente pas, au même degré que la substance giîse et blanche, l'iniiltration blastématique et l'hypergenèse des myélocytes. Un cer-
m ANATOMIE PATHOIXKSIQUE.
tain nombre de vaisseaux offrent des dilatations ampullaires dans les points où les globules sanguins sont accumulés en plus grand nombre. L'état scléreux s'observe encore dans les vaisseaux aux deuxième et troisième périodes de la maladie. Dans les préparations de couche optique, même chez des paralysés généraux à la troisième période, on trouve beaucoup de cellules saines.
Nous n'avons pas trouvé dans la couche optique des lésions de cellules et de vaisseaux assez localisées pour appuyer l'opinion de Lussana (1) sur l'origine des nerfs optiques dans la partie supérieure de la couche optique.
Corps striés. — Les corps striés restent le plus souvent indemnes de toute lésion, môme dans les cas où la lésion corticale est le plus avancée. Les teintes différentes de ses noyaux restent normales, sauf lorsque l'œdème cérébral est très-prononcé ; ce n'est que dans des cas exceptionnels que le corps strié présente des foyers d'hémorrhagie et de ramollissement, mais toujours petits et limités. Ces foyers se rencontrent chez les malades qui ont offert de la parésie persistante d'un membre ou d'un côt/? du corps. On pourrait s'étonner de trouver rarement dans la paralysie générale des lésions du corps strié, oi^ne qui joue un si grand rôle dans les phénomènes de motilité, si Ton ne savait que le trouble du mouvement est, sauf complications, ataxique et non paralytique. Au microscope on observe également peu d'altérations, et ce n'est guère que dans les vaisseaux qu'on remarque des lésions ; cette intégrité est en rapport avec ce qu'on voit a l'œil nu.
Circonvolution de Vourlet. — C'est dans la circonvolution de l'ourlet que Meynert a décrit en 4868 (2) des cellules qu'il a nommées cellules plasmatiques ; elles se distinguent par leurs dimensions colossales et par leurs ramifications multiples. L'auteur les considère comme appartenant au type du tissu conjonctif. Nous avons vu que Mierzejewsky s'est attaché à démontrer que ces prétendues cellules sont des corps fibrineux, qu'elles existent, en outre, ailleurs que dans la circonvolution de l'ourlet.
Pédoncules. — Les pédoncules cérébfaux sont relativement peu altérés, et chez une malade dont les autres parties du cerveau
(1) Xussana, Arch, phyml,, 1877.
(2) Heynert, in Wiener Irrenanstalt ViêtteluUschrift ptt Pêyehiatrie, Henltl.
PÉDONCULES GâlÉBRAUX. 443
présentaient de très-graves lésions, voici les seules que nous oyions observées dans les pédoncules :
Elles siègent dans les cellules ; on en voit des groupes entiers atteints de dégénérescence granulo-pigmen taire; mais jamais la dégénérescence n'atteint le troisième degré, et toujours on reconnaît la forme de la cellule nerveuse.
Le réticulum n'y présente aucune altération ; les tubes nerveux, en effet, sont absolument indemnes. Quant aux vaisseaux, ils sont peu atteints ; leurs parois n'offi ent dans leur épaisseur que quelques noyaux embryoplastiques, et ces noyaux ne sont pas répandus dans la substance nerveuse environnante.
Cette intégrité, démontrée par l'examen microscopique, est en rapport avec les données de la clinique. Elle explique Fin* légrité de la force musculaire qui, ainsi que nous l'avons vu, pei'siste jusqu'à une période très-avancée de la périencéphalite diffuse; le courant nerveux moteur n'est pas intercepté dans son trajet à travers les tubes des pédoncules.
Quant aux cellules des pédoncules dont nous venons de signaler les lésions, elles sont sans doute dévolues à la sensibilité, et leur lésion est en rapport avec le trouble de sensibilité et partant avec le désordre de coordination.
Cat*ps calleux. — Le corps calleux, la voûte à trois piliers, présentent quelquefois de l'induration analogue à celle qu'on trouve dans la substance blanche sous-jacente à la substance corticale (Calmeil). On observe quelquefois du ramollissement de la cloison transparente, et une teinte rouge très-prononcée des cornes d'Âmmon.
Ce cas est à rapprocher du fait récent d'un fou paralytique qui dans la période initiale a ressenti brusquement une sensation de craquement dans la tête et une hallucination de la vue consistant à voir une traînée lumineuse sur laquelle il lisait : «c tu seras roi, tu gouverneras un jour. »
Corps genouillés. — Les préparations des corps genouillés montrent dans les vaisseaux des traces d'endartérite simple, sans épanchement blastématique dans la substance intermédiaire qui est d'une densité et d'une ténacité probablement trop grandes pour être infiltrée. Cette endartérite est caractérisée par la présence de noyaux et de produits hématiques de formation ancienne dans les
parois et autour des parois : ces corps sont d'un beau jaune. On ne trouve pas dans la substance nerveuse les signes d'ëpanchements blastématiques, c'est-à-dire qu'on n'y rencontre pas de noyaux ennbryoplasliques ; les cellules présentent fréquemment des altérations au premier degré.
Ventricules latéraux et ventricule moyen. — Les ventricules sont souvent le siège de lésions manifestes : elles occupent répendyme qui les tapisse ; l'épendyme est recouvert, surtout au niveau des trous de Monro et le long de la bandelette demi-circulaire, d'une couche comme gélatineuse, formée de lymphe plastique à laquelle s'est mêlé un nombre plus ou moins grand de petites granulations désignées sous le nom de granulations de Bayle oudeJoire (1). Ces granulations se répandent fréquemment au-dessus delà couche optique et du corps strié; lorsqu'elles sont nombreuses, elles donnent la sensation de langue de chat: nous les avons décrites plus haut à propos des lésions de la pie-mère. L'épaisseur et la résistance de répendyme sont augmentées par tous ces produits.
Protubérance. — La protubérance annulaire présente des lésions dans les méninges qui la couvrent à sa face inférieure, et des altérations dans sa substance même.
Les lésions des méninges consistent dans un état d'épaississement et d'hyperhémie de l'arachnoïde et de la pie-mère; on observe aussi des adhérences des membranes avec la substance nerveuse; si l'on pratique des coupes en différents sens, on constate de Thyperhémie, des dilatations vasculaires.
Des coupes antéro-postérieures montrent fréquemment une hyperhémie considérable dans la région qui est occupée par les noyaux du moteur oculaire commun et autour de l'aqueduc de Sylvius. Cette hyperhémie suit le trajet des fibres de la troisième paire dans une certaine étendue. On observe quelquefois sur le trajet des fibres qui sont la continuation des pyramides antérieures, de petits foyers hémorrhagiques et parfois de petites lacunes dues à des foyers anciens.
Il résulte d'un certain nombre de préparations fines que nous avons faites sur des portions de protubérance annulait*e préala-
(1) PI. XIV, flg. i7.
NOYAUX DE LA TROISIÈME PAIRE. 4i5
blement durcies, puis colorées par le carmin^ que dans la partie qui renferme les noyaux de la troisième paire et le faisceau des fibrilles qui en émergent, les cellules offrent à un degré variable des granulations graisseuses qui masquent dans beaucoup d'endroits les noyaux et les nucléoles de ces cellules ; la forme de ces cellules est modifiée : ainsi, au lieu d'avoir la forme arrondie, elles ont des bords irréguliers et présentent des encoches. Le nombre des cellules ainsi altérées est parfois très-considérable : ainsi, sur certaines préparatioas, on n'en trouve que deux de saines parmi treize ou quatorze altérées.
La distinction des altérées avec les saines est très-facile, car ces dernières sont tout à fait arrondies, entièrement colorées par le carmin, et leur noyau, ainsi que leurs nucléoles, ressortent nettement par le fait de leur coloration, tandis que les cellules altérées sont irrégulières, granulées, jaunâtres, et ne se colorent pas par le carmin (voy. pi. X, fig. 2).
Ces mêmes préparations renferment des vaisseaux, même les plus fins, gorgés de globules, et Ton a sous les yeux, dans quelques préparations, un lacis vasculaire des plus serrés (voy. pi. X, fig. 1).
L'arborisation est à son maximum au point où se termine le noyau de la troisième paire ; et si l'on suit les fibrilles nerveuses des nerfs de la troisième paire jusqu'au niveau des fibres ascendantes antérieures de la protubérance (pyramides antérieures), on constate qu'elles passent au travers de ce lacis vasculaire.
Il est à noter que les fibrilles de la troisième paire ne sont pas altérées, même dans ces cas.
L'examen de préparations de la même région colorées par Vhématoxyliney montre la même vascularisation ; mais l'hématoxyline décèle mieux que le carmin la présence d'innombrables corps embryoplastiques dans les parois et le long des vaisseaux, ainsi qu'au milieu des fibrilles nerveuses, sans que les fibrilles en paraissent altérées.
Il est à noter que les lésions des cellules d'origine de la troisième paire ne surviennent qu'à une période déjà avancée de la maladie, que même elles n'existent pas dans tous les cas, tandis que rhyperhémie de la région existe dans tous les cas et dès le début. A cette hyperhémie, qui peut être plus ou moins marquée
iUi ANATOMIE PATHOIX)GIQUE.
d'un jour à Tautre, il faut surtout rapporter l'inégalité transitoire des pupilles qu'on peut observer dès le début de la maladie; aux lésions tardives et définitives des cellules, il faut rapporter Tinégalité persistante des pupilles qu'on rencontre plus souvent dans les périodes avancées.
Lésions du bulbe et du quatriè)ne ventricule. — Les méninge^ qui couvrent la face antérieure du bulbe se présentent souvent avec une apparence d'hyperhémie et d'épaississement analogue &ce que nous avons décrit pour les méninges de la protubérance; il peut en résulter des adhérences entre les membranes et le bulbe, dont la surface s'arrache avec la méninge ; quant à sa face postérieure, on y constate presque toujours des lésions caracléristiqucs qui occupent le quatrième ventricule, et qui consistent en vascularisation anormale,, en dilatation des vaisseaux, en œdème et en granulations donnant la sensation de langue de chai, granulations que nous avons étudiées plus haut et auxquelles il y a lieu de conserver le nom de granulations de Bayle ou de Joire (i). La valeur de ces granulations nV si pas aussi absolue qu'on le dit pour le diagnostic de la paralysie générale; on les rencontre en effet chez les épileptiques, chez les malades atteints de ramollissements partiels du cerveau, dans la démence simple et même dans la démence sénile, dans l'idiotie, et dans un certain nombre d'autres maladies chroniques du cerveau (sarcomes, gliomes). On comprend que l'existence de cet œdème et de ces granulations apporte des troubles dans le fonctionnement et même dans la texture de^ nerfs auditifs dont les racines rampent sous l'épendynie; et c'est, sans doute, en partie, à ces lésions du nerf auditif qu'il faut rd[iporter, dans quelques cas, les hallucinations de l'ouïe.
Des coupes horizontales pratiquées dans le bulbe préalablement durci, permettent de constater le plus ordinairement un état d'hyperhémie dont le maximum d'intensité se trouve vers la face postérieure.
L'étude des préparations fines après durcissement par Tacide chromique et coloration par le carmin et surtout par l'hématox)' line, apprend que les vaisseaux présentent poui* la plupart, dans leurs parois ou le long de leur trajet, un plus ou moins grand
(1>PI. XIV, lîg. 6.