ÉTUDE HISTOLOGIQUE DE LA COUCHE COKTICALE
manchons qui les enveloppent sans les toucher ; ces corps sont plus nombreux aux bifurcations ; ils siègent dans les cavités des gaines péri-vasculaires étudiées ci-dessous. Us se colorent en rouge par le carmin et mieux encore en violet par l'hématoxyline; Galmeil décrivait ces corps sous le nom de disqms ponctues.
2^ Épanchenient blastématique périvawulaire. — Dans certains cas, au voisinage du vaisseau existe une ligne serrée de globules sanguins décolorés ou non ; le vaisseau parait en outre entouré d'un liquide lourd et comme gommeux qui réunit les globules et les déborde. La présence de ce liquide gommeux voile un peu les préparations (pi. II, fig. 6).
3* Èpanchetnents globulaires. Cristatixd'hémaline. — Lorsqu'à l'état frais on examine une partie de substance grise ramollie, on voit dans la substance intermédiaire une grande quantité de globules sanguins plus ou moins décolorés, tandis que les vaisseaux sont bourrés de globules parfaitement rouges. Les globules sanguins en s'altérant donnent naissance à des cristaux d'hématine d'un jaune oranger qu'on rencontre dans les parois des vaisseaux, autour des vaisseaux, et mêlés aux corps nucléaires et à des corps fusiformes (1) .
4" Ces corps fusiformes se touchent quelquefois bout à bout et forment ainsi des chapelets qu'on rencontre exclusivement autour des vaisseaux. La présence autour des vaisseaux enflammés de quantités considérables de corps fusiformes concorde avec les obsei'vations de M. Mierzejewsky, qui a remarqué que c dans des cas aigus l'extravasalion sanguine sous-adventitiellc est accompagnée de l'augmentation du nombre des noyaux oblongs longitudinaux et oblongs transversaux. i> Dans les cas avancés, on rencontre des granulations graisseuses (2).
5** Gaîne lymphatique périvasculaire. — La gaine lymphatique
(i) PI. XV,flg. 3.
(^) La présence de très-nombreux noyaux arrondis, ovales, de 0"^,05 dans les parois vasculaires, dans l'épaisseur même de la paroi du vaisseau, n*est pas un signe d'arlérite, romme Sankey et d'autres auteurs ont pu le croire. Les recherches de M. Ch. Robin ont en effet montré que leur nombre, à Tétat normal, est quelquefois considérable ; il faut de pl*is se prémunir contre Terreur consistant à considérer ces noyaux comme faisant partie intégrante du vaisseau, alors qu*ils sont contenus dans la gaine lymphatique périvasculaire et qu'ils nagent dans un liquide qui les tient en suspension (Journal de la physiologie, Paris, 1859, p. 37. pi. VI, fig. 1, et article Aivatomie pathologique, dans \o Dictionnaire encffdopéAiqae, p. 399).
périvasculaire renferme quelquefois des dépôts morbides, tels que des cristaux d'hématine, des grains d'hématosine (Robin, kc, cit. y fig. 1), et des granulations moléculaires que Bucknill et Tuke (1) comparent à des spores de favus, et qui sont pâles ou peu colorées, très-réfringentes, arrondies. Pour ces auteurs, ces granulations sont le résultat de décomposition cadavérique ou la conséquence d'une transsudation qui se fait au moment de la mort.
De nombreuses préparations microscopiques de paralysés généraux m'ont permis de constater à la circonférence des vaisseaux des espaces vides plus grands que dans Tétai normal. On peut se demander s'il n'y a pas un rapport entre ces espaces et les canaux périvasculaires décrits par His et Robin comme étant les lymphatiques du cerveau, et si l'habitude congestive et les appel:* réitérés de sang et de lymphe dans le cerveau n'ont pas amené une dilatation définitive de ces espaces périvasculaires.
6° La tunique externe est souvent le siège d'hémorrhagies; il arrive aussi fréquemment que le calibre des vaisseaux soit oblitéré par des globules sanguins. Les vaisseaux ainsi entourée el ainsi bourrés pour ainsi dire, sont souvent irréguliers; ils se laissent dilater par places, en forme d'ampoules ; on obsene aussi quelquefois de véritables anévrysmes miliaires. D'autres fois ou retrouve à peine le vaisseau au milieu de tous ces produit^ qui l'étouffent; on ne peut qu'en soupçonner l'existence eo constatant les traînées de noyaux qui se bifurquent à l'instar des vaisseaux. Mais si l'on examine avec un plus fort grossissemeut, on arrive à retrouver la paroi du vaisseau ; quelquefois on ne la retrouve que par places. Si les cellules d'origine du tissu cellulaire ont eu le temps de s'organiser, on voit la paroi des vaisseaux doublée de tissu fibrillaire qui arrive a en diminuer le calibre el même à l'oblitérer (2). Les fibres musculaires des vaisseaux soni aussi hypertrophiées, ainsi que l'ont décrit Bucknill el Tukc(ji C'est de ces diverses lésions que résulte l'anémie quicaraclénH, dans certains cas, l'état du cerveau à la période finale delafoli'^ paralytique.
C'est encore cette doublure de tissu conjonctif vasculaii'e qui
(i) Psychologieal Medicine, p. 630.
(2) PI. XV, Og. 3.
(3) Loc. cit., p. 621.
HYI*ERTROPHIE Dl' TISSC rA>?UuNCTIF DES VA1SSE\I1^. «1
explique la ténacité des adhérences cérébro-méningées. On sait en eflet que la substance corticale est presque exclusivement nourrie par des vaisseaux nombreux venant de la picHmèfe. L'épaississement de ces vaisseaux par des produits inflammatoires interrompt encore la circulation sanguine entre la pie-méi*e et la couche corticale, et est, dans ma pensée, une des causes du ramollissement de la substance corticale. Plusieurs de ces lésions vasculaires ont été bien étudiées dés i867 par L. Meyer (1), en 1868 par Magnan etHayem(i).
Besser(3) pense que les adhérences dans la paralysie générale tiennent à Thypertrophie de la névroglie, ou mieux de la tunique adventice des vaisseaux ; car partout où il a rencontré des adhérences entre la pie-mère et le cerveau, elles avaient pour point de départ la tunique adventice des vaisseaux.
l"" Vaisseaux de nouvelle formation. — Nous avons décrit, dans des leçons faites à la Salpêtrière eu i867, les vaisseaux de nouvelle formation qu'on trouve dans la substance corticale. L'étude de ces vaisseaux a été faite d'une façon complète par Lubinoff, qui a observé dans le cerveau d'un paralysé général des cellules étoilées qui étaient en rapport direct avec des vaisseaux sanguins de nouvelle formation. Dans les préparations qu'il a faites, les vaisseaux capillaires semblaient se terminer dans les cellules. Il a conclu dans son travail au développement de vaisseaux de nouvelle formation dans la paralysie générale progressive (4).
Mierzejewski (5) a signalé ce fait que, dans la paralysie générale, les capillaires présentent quelquefois de minces appendices rappelant les bourgeons charnus signalés par Golubieff dans les capillaires de la queue de têtard en voie d'accroissement.
8* Dégénérescence colUnde. — Un état de dégénérescence spéciale désignée sous le nom de coUdidej a été observé par Arndt, Schûle (6) et Magnan (7).
(1) L. Meyer, CaUreMaU fw- die med... Wiêtenchaflai, et ArcA. firAnat. widPkyi.,iSU. (i) Hagiuin, Are*, de pkys., 1868, p. 328.L. Hajem, Arch. de pkys,, 1868, p. 411.
(3) AUgememe ZeiUdirift fwr Pt^chêtne. 1866. (i) Are*, depk^,, 1875.
(5) Artk. de phfM., 1874, p. 884.
(6) Schûle, AUgem. ZeiUchrift fur P$ych,, 1868, p. 449.
(7) HigiiaD, Archiw. depkys., 1869, p. Î51.
Arndl a trouvé cette altération dans la profondeur de ta substance corticale, à l'union de la substance grise et de la substance blanche des lobes frontaux ; il a vu, dans ces cas, au microscope, des bosselures rondes ou ovoïdes, jaunâtres ou grises, qui enveloppaient complètement ces vaisseaux sans les oblitérer ; les parois de ces vaisseaux étant remplies de noyaux qui avaient pour la plupart subi la transformation colloïde.
Schule- a observé la coïncidence de cet état colloïde avec un délire hypocondriaque. Magnan a constaté aussi la coïncidence de cette lésion avec le délire hypocondriaque. Nous-même avons observé cette lésion caractérisée par l'existence dr) noyaui volumineux fortement réfringents qui occupaient la tunique adventice (voy. pi. II, fig. 6).
9® Dégénérescence cystoïde de la substance corticale du cerveau. — Cette singulière lésion s'observe quelquefois dans la substance grise des paralysés. Bipping en a cité cinq cas (i) ; elle consiste en petits kystes de la grosseur d'une tête d'épingle, en nombre parfois extrêmement considérable, répandus dans Tépaisseur de la substance corticale. Ils se présentent à la surface de l'organe sous la forme de petites élevures d'un bleu gris; lorsqu'on les incise, on trouve une petite cavité contenant un liquide visqueux ; ces petites cavités sont divisées en plusieurs loges par de minces cloisons.
10** Lésions des éléments nerveux. — Les examens que nous avons faits au microscope, d'un grand nombre de circonvolutions qui étaient adhérentes aux méninges, nous ont permis de couslater l'état suivant des éléments nerveux des différentes zones de la substance grise et de la substance intermédiaire.
A. Dans la zone supérieure, un certain nombre de cellulessonl atteintes d'altération granulo-graisseuse, d'autres sont saines. L'altération des cellules malades (2) peut présenter plusieurs degrés (pi. XV, fig. 2 et 3) : à un premier degré, le protoplasma jaunâtre et le noyau peu visible sont à peine colorés par le carmin; à un second degré, le contour de la cellule estdéformé, les granulations graisseuses ont augmenté de volume, le oy-
(1) Bipping de Sieburg. AUgem. Zêit fur Psyah,, 1873.
(i) U est utile de Taire remarquer que les lésions des eeKales ne peuTent èlre tout i fait bien étudiées qu'à réUt frais.
ALTÉRATIONS DES CELLrï.ES CÉRÉBRALES. iti
liiidre-axû est effilé et les prolongements secondaires sont en partie rompus; le noyau est à peine visible et ne se colore plus par le carmin.
Dans un troisième degré, le protoplasma a pris une teinte pigmentée , le noyau ne peut plus se distinguer, les prolongements cylinder et secondaires sont rompus, et la cellule n'apparaît plus que comme un corps étranger, isolé.
Luys a constaté que, dans la période avancée de la maladie, les cellules nerveuses ont une forme vaguement pyramidale, sont disposées en séries dépourvues de tout caractère morphologique propre, et se présentent, en quelque sorte, à l'état de momification d'anciennes cellules (1).
Il est bon de signaler le fait curieux de persistance de cellules parfaitement saines à côté de cellules tout à fait altérées. Ceci est en rapport avec les données de la clinique qui apprend que les déments paralytiques même les plus avancés ont encore par intervalles des éclairs de raison et de sentiment.
Lochkart Glarke (2) décrit dans les cellules nerveuses des circonvolutions l'augmentation des grains pigmentaires emplissant les cellules, ce qui fait qu'elles n'ont plus de contours et semblent des particules ayant tendance à la dissolution. Pour F. Meschede (3), l'altération caractéristique est la dégénérescence des cellules nerveuses des hémisphères du cerveau, et en particulier de la substance corticale ; le processus commence par l'imbibition et le gonflement parenchymateux des cellules et finit par leur dégénérescence pigmento-graisseuse, principalement dans les cellules de la couche médiane de la substance grise.
Ti^es a décrit dans le cerveau des paralysés généraux un processus de prolifération des cellules ganglionnaires très-actif, et surtout une prolifération de noyaux dans ces cellules. Meynert a confirmé ces recherches ainsi que Hoffmann.
Rutherford et J. B. Tuke (4) ont trouvé chez des paralysés généraux des cellules cérébrales hypertrophiées.
J'observe souvent dans la zone supérieure : 1"" une ap-
(1) Luys, Atm, méd.'piych,, juillet 1877, p. 108.
(2) The Lancei, septembre 1866.
(3) Ann. méd.-psych., 1866, p. 321.
(4; Tuke, BrUitk m«f., 1873, t. UI et IV.
iU ANATOMIE PATHOLOGIQUE.
parence nuageuse qui ne permet de voir les cellules qu'à Iravei-s une sorte de voile (pi. II, fig. 6) ; 2^ des myélocytes isolés; 3** quelques corps fusiformes et des séries de noyaux alignés les uns à côté des autres, et formant des chapelets qui se bifurquent et indiquent qu'ils se trouvent le long de capillaires dont on n'aperçoit pas la paroi. Dans certains endroits, ces chapelets de noyaux ne sont pas en rapport avec des vaisseaux ; ils sont absolument parallèles, et présentent ainsi une disposition identique à celle qu'on rencontre che2 le fœtus de cinq mois (pi. XIII, fig. i) ; il est à noter que, lorsqu'ils sont ainsi parallèles et sans rapport avec des vaisseaux, les chapelets de noyaux ne sont pas mélangés à des corps fusiformes.
B. Dans la zone moyenne, le nombre des noyaux est plus considérable que dans la zone supérieure. Et, chose remarquable, cette disposition est la même que celle qu'on observe dans le cerveau du fœtus de cinq mois, où l'on voit la couche immédiatement sous-jacente àla couche supérieure composée d'une quantité innombrable de noyaux parallèles. Ils sont disposés en chapelets et en lignes, et leur réunion par contact à des bifurcations de ces lignes constitue des réseaux entièœment comparables aux réseaux vasculaires. On trouve encore dans cette zone des cellules considérablement altérées, d'autres qui le sont moins, puis d'autres qui ne le sont pas du tout. L'altération des cellules est absolument la même que celle de la zone supérieure.
G. Dans la zone inférieure les lésions sont les mêmes et ont la même intensité que dans la zone moyenne.
Lésions des tubes nerveux. — Dans les trois zones, lorsque la maladie a parcouru toutes ses périodes, les tubes nerveux sont déformés et plus ou moins (pi. II, fig. 6) atrophiés par suite de l'évacuation de la névrine et d'une altération granulo-graisseuse qui les a envahis.
Lésions de la névroglie. Considérations sur la nature de la névroglie. — Quant aux lésions de la névroglie, elles méritent de nous arrêter, parce qu'elles sont la pierre fondamentale d'une théorie qui consiste à attribuer à la prolifération de la névroglie le rôle principal dans la pathogénie de la folie paralytique.
Il nous faut préalablement résoudre une question purement anatomique : la névroglie, qu'on appelle aussi substance inter-
NÉVROGLIE. 425
stitielle, est-elle formée par du tissu conjonctif, ou bien, au contraire, n'est-elle que du tissu nerveux?
Schultze (1) dit que la substance interstitielle est constituée normalement par un réseau très-fin de tissu conjonctif.
Deiters (2) a décrit dans la substance interstitielle des cellules connectives constituées par un noyau, un corps cellulaire trèspetit, et de nombreux prolongements qui s^unissent au prolongement des cellules voisines pour composer un stroma fibrillaire.
Mierzejewski (3) dit que la trame conjonctive consiste en cellules plasmatiques et en faisceaux entre-croisés ; mais il nous a paru se contredire lorsqu'il a ajouté plus loin que la science ne permet pas de distinguer la différence qui existe entre les faisceaux connectifs et les minces cylindres d'axe. Cet auteur n'est donc pas en droit d'affirmer la nature conjonctive du réseau de fibres de la substance intermédiaire.
Virchow pense également que la substance corticale et la substance blanche renferment des fibres de tissu conjonctif, que le réticulum est uniquement formé de ces fibres, et qu'il n'y a qu'un lacis de fibres de tissu cellulaire qui puisse former une trame semblable à celle du réticulum.
Kôlliker, Luys (4), partagent la même opinion.
Hagnan et Hayem ont écrit la même chose (5).
D'un autre côté, le professeur Ch. Robin (6) enseigne que la névroglieest un élément anatomique de nature nerveuse. Sa démonstration est importante pour la pathogénie, parce qu'elle est essentiellement tirée des données de l'embryogénie. On sait en effet que le système nerveux central est une dérivation embryonnaire du feuillet externe du blastoderme^ et que, d'autre part, ses vaisseaux naissent exclusivement dans le feuillet moyen^ le même qui donne naissance aux muscles et au tissu cellulaire. Les vaisseaux, la pie-mère et l'épiderme cérébro-spinaux, tous d'apparition et d'intromission ultérieures, sont les seules parties de ce système qui soient une provenance des éléments anatomiques du
(1) Archi». microscop. anatomief etc., p. 267.
(2) Dntertuchungen ûber Gehim und Rucketimark des Menschen und der Saugethiere Braunschweig, 1865.
(3) Âreh, de phyiiol, 1875.
(4) Luys, Armdes médico^tychologiqueSf juillet 1877, p. 166.
(5) Areh. dephyiiol, 1868.
(6) Robin, Analomie et phy$iologi€ cellulaires. Paris 1873, p. 118
m ANATOMIE PATHOUKÎIOIÎE.
feuillet moyen, comme ils le sont partout où ils exislmil dans l'économie. Partout donc où Ton trouve dans le système nerveux central des éléments du tissu cellulaire ou conjonclif, il est certain qu'ils sont, avec les vaisseaux dont ils forment les tuniques, d'intronisation ultérieure (j'en excepte, bien entendu, les provenance^ pathologiques extérieures du tissu conjonctif, sous forme de nappes de tissu lamineux (sclérose), qu'on observe dans les sulh stances grise ou blanche). Or, quand ces vaisseaux pénètrent dans le tissu du névraxe, la substance amorphe qui lui est propn' existe déjà entre ses cellules et ses noyaux (myélocytes, noyaux libres), elle y est apparue bien longtemps avant les vaisseaux, dès l'époque de la genèse des corps cellulaires et des cylindres-axes. Elle y naît sans passer par un étal nucléaire ou cellulaire quelconque, contrairement à ce qui a lieu pour le type cellulaire partout où il existe. Dès son origine, elle offre l'aspect homogène el les réactions caractéristiques qui la distinguent du tissu lamineux. De plus, assimiler cette gangue d'une part, et les myèlocvtes de l'autre, aux éléments nucléaires et autres du li>su conjonctif, c'est manifestement considérer les éléments de ce dernier tissu comme des provenances du feuillet blaslodermique externe, c'est, par suite, méconnaître les données les plus importantes de l'embiyogénie, car c'est attribuer inexacleraenl à ce dernier feuillet ce qui n'appartient qu'au feuillet moyen exclusivement; c'est pour les besoins d'hypothèses sur la distribution (!u tissu cellulaire destinées à appuyer d'autres hypothèses sur le mode de formation du pus, desscléroses, etc., et c'est repousser de la manière la plus erronée les données formelles de l'obsenalion directe et de l'embryogénie (1). Robin s'appuie en outre sur ce que le tissu lamineux gonflé dans la solution potassique reprend sa structure première après le lavage dans l'eau, tandis que la substance intermédiaire devenue transparente dans la solution de potasse ou de chaux est complètement dissoute par l'addition d'eau. Voici, d'ailleurs, comment le professeur Robin s'exprime à cet égard (2) :
« Sous le nom de névroglie (Virchow), de réticulum, d^ substance ou de tissu conjonctif, elle est, dit-il, considérée par
(1) Voy. Ch. Robin, Journal de Vanatomie et de la physiologie, janvier 1874.
(2) AnaUmie et physiologie cellulaires, 1878.
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beaucoup d'auteurs comme n'étant autre chose que du tissu iamineux; or, on sait qu'à l'élal frais elle est molle, grisâtre, Gnement grenue, parsemée de myélocytes. On constate nettement que non-seulement cette matière amorphe est très-distincte de celle qui normalement existe dans les parties du tissu Iamineux que nous avons citées, mais encore qu'elle diffère sous tous les rapports des autres éléments de ce tissu; non-seulement les noyaux dont elle est parsemée diffèrent des noyaux embryoplastiques; non-seulement, à aucune époque de son évolution, elle ne passe pas àl'étatdecorps fibro-plastiquesfusiformes ou étoiles, mais encore ses réactions sont toutes différentes de celles du tissu Iamineux. Molle, grisâtre, finement grenue à l'état frais, se ramollissant promptement et se dissociant on flocons et en granules très-fins, peu de jours après la mort, elle est durcie, sans perte notable de volume, par les acides chromique, hyperosmique, azotique, par l'alcool, parle perchlorure de fer, etc., tandis qu'il n'en est pas de même des éléments de tissu Iamineux et de la substance hyaline, dans les organes qui en renferment. De plus, après ce durcissement qui la rend même plus ferme que les éléments figurés entre lesquels elle se trouve, ceux-ci peuvent, sur les coupes, être détachés et la laisser à l'état de masse solide ayant pris un aspect soit réticuleux, soit spongieux, suivant l'épaisseur de la coupe, par suite des vides régulièrement espacés qui résultent de l'enlèvement des éléments qu'elle tenait écartés; car il importe de remarquer que l'aspect réticulé qui lui a fait donner les noms de réticulum et de substance conjonctive réticuhire ou spongieuse^ est purement artificiel. Avant le durcissement du tissu nerveux, Texécution des coupes, puis l'enlèvement des éléments figurés qu'elle tient ainsi écartés ou réunis, elle forme en effet non pas un réseau, mais des cloisons continues les unes avec les autres, très-différentes par leur étendue en largeur et en longueur, assez épaisses dans beaucoup de points de la substance grise, très-minces entre les couches de myélocytes du cervelet, minces également dans toutes les parties de la substance blanche, surtout dans celle du cervelet, du corps calleux où elles n'ont souvent que 2 à 3 millièmes de millimètre d'épaisseur. Mais dans aucune de ces conditions elle ne présente l'état fibrillaire qu'on trouve en pareille circonstance au sein de
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toute partie constituante d'un organe réellement formé de tissu lamineux. Le fait devient particulièrement frappant lorsqu'on suit, dans les cloisons et dans la moelle, les cloisons que forme cette substance jusqu'au contact de Tépendyme d'une part, et de la pie-mère d'autre part, membranes qui, au contraire, présentent nettement cette disposition fibrillaire. Cet ori^ant' est en effet le seul dans l'appareil cérébro-spinal, qui soit principalement formé de fibres lamineuses, par suite de ce fait que les centres nerveux sont, au début de leur évolution, ouverts en arrière en une gouttière que tapisse le tissu lamineux ambiant, lequel, après l'occlusion de cette dernière, forme la pie-mère à l'extérieur et la séreuse ventriculaire ou épendyme à l'intérieur. »
Henle (1), Arndt, Rindfleisch, Wagner et Merkel sont de l'avis deCh. Robin. En outre (2), Bolla publié des travaux confirmatifs des précédents, d'où il résulte que la substance intermédiaire ne renferme pas de faisceaux de tissu conjonctif, mais ne présente que des cellules dites de Deiters avec leurs prolongements. Ces cellules de Deiters diffèrent des autres cellules nerveuses en ce qu'elles sont plus petites, ovalaires, et que les prolongements dont elles sont pourvues ne s'anastomosent jamais entre eux.
De ces opinions contradictoires, quelle est celle qui est conforme à la vérité? Pour arriver à nous former une opinion nou> avons, en particulier, étudié des cerveaux de fœtus et d'enfants, ainsi que des cerveaux d'idiots, qui, on le verra, aident singulièrement à la démonstration.
Des coupes fines faites sur des cerveaux de fœtus à des âges variables, après durcissement dans l'acide chromique et coloration par le carmin et surtout par l'hématoxyline (substance essentiellement photogène) apprennent les particularités suivantes :
Sur un fœtus de cinq mois (3), la substance corticale présente plusieurs couches constituées ainsi qu'il suit de la surface à la profondeur :
1 * Une couche pftle semée de quelques corps arrondis ou OTa-
(1) Henle, HmMuck der Anatomie dei Mefuchen, NervenUkre. 1871, p. 78. (t) BoU, Arch. fur Phy., 1873. Band IV. (3)Pl.Xin, fig. 1.