VAI.IDITÉ DES ACTES
bienveillance des malades, el profitent d'un moment d'expansion pour se faire donnei- des objets de valeur, des titres de rente, poui' l'aire signer des engagements, etc.
Mais, comme nous le disions à l'instant, la loi ne peut rien contre tous ces méfaits. Il faut attendre que le niveau de la moralité et de l'intelligence s'élève assez pour qu'on arrive à comprendre que les aliénés paralytiques, tout comme les autres malades, ont droit à des égards spéciaux et à une protection effective.
Il est rare que les tribunaux aient à intervenir pour des cas de donation entre- vifs ou pour des testaments faits par des aliénés paralytiques; et l'une des meilleures raisons, c'est que le cas a été prévu par l'article 901 du Code civil, qui annule ces actes.
Il arrive que les aliénés paralytiques, victimes d'intrigantes de bas étage, contractent des mariages disproportionnés : témoin ce malade dont parle quelque part Legrand du Saulle, qui, rencontrant en chemin de fer nne fille de mauvaise vie, en devient amoureux, l'épouse et meurt au bout de quelques semaines, par suite d'une congestion cérébrale, laissant à cette prostituée tout ce qu'il possédait; nous avons dit que les fous paralytiques du sexe masculin ne sont pas difficiles dans leurs choix amoureux. C'est ainsi qu'on peut voir des fortunes honorablement acquises passer inopinément entre des mains indignes; et là encore la loi n'a pas une grande puissance. Il y aurait lieu, dans un cas semblable à celui relaté par Legrand du Saulle, de faire l'autopsie; et si, d'une part, le mariage est de date récente, si d'autre part les lésions encéphaliques sont d'origine ancienne, on tirerait de l'examen anatomique des données précieuses pour annuler les conséquences d'une semblable union.
De môme que nous mettons les fous paralytiques, autant que possible, à l'abri de l'exploitation en indiquant quelques-unes des circonstances où le vol s'organise autour d'eux, de même nous tenons à mettre la société à l'abri des exploitations dont les fous paralytiques peuvent servir d'instruments inconscients. Ces considérations s'appliquent surtout aux compagnies d'assurances sur la vie. — Le fou paralytique est, somme toute, actuellement encore du moins, presque certainement un condamné à mort, el
m TRAITEMENT.
on a VU des individus utiliser celle circonstance pour faire prendre des engagements réciproques entre les fous paralytiques et les compagnies d'assurances sur la vie. C'est aux médecins chargés des intérêts de ces sociétés à porter leur attention sur cette maladie à son début.