EMPLOI DES SANGSUES
Les sangsues à rmms ont une action analogue à celle des petites saignées chez les individus menacés de la périencéphalite diffuse. 11 n'est pas nécessaire d'en appliquer un grand nombre : quatre ou six sangsues appliquées chaque mois suffisent pour opérer l'action dérivative que l'on recherche ; chez les femmes aménorrhéiques, il faudra les appliquer de préférence au moment présumé du début de la période cataméniale, à titre d'emraénagogues ; on sait en effet combien l'apparition du flux menstruel est d'un bon augure chez les femmes menacées ou atteintes de folie paralytique.
On pourrait également appliquer les sangsues à la partie supérieure des cuisses, à la vulve, au niveau des condyles du fémur. Nous nous trouvons bien aussi de les faire mettre au niveau des malléoles. Une seule sangsue appliquée à chaque malléole interne procure un écoulement de sang suffisant, lorsqu'on a soin de placer les pieds plus ou moins longtemps dans de l'eau tiède. Lorsqu'on place les sangsues à la tête elles ont une action différente; alors il faut en mettre un grand nombre pour obtenir une action déplétive directe. Si l'on n'en met qu'un petit nombre, il faut assurer un écoulement 'permanent du sang, et pour cela les renouveler au furet à mesure qu'elles tombent. Employées de cette façon, quatre sangsues à chaque apophyse mastoïde, renouvelées sitôt que les précédentes sont tombées, provoquent un écoulement de sang continu qui peut finir par devenir très-abondant et qui amène une déplétion locale d'une utilité parfois très-grande. De mêmedeux sangsues appliquées successivement deux par deux au niveau de l'ouverture antérieure des fosses nasales, constituent un moyen recommandé par Calmeil, mais auquel nous ne recourons pas, parce qu'il est d'un emploi difficile et répugnant.
Les émissions sanguines abondantes ne conviennent que dans la folie paralytique au début. Il faut en être sobre lorsque la maladie a parcouru la première période, les proscrire quand la maladie est plus avancée. Il faut en effet se rappeler que cette maladie arrivée à ses deuxième et troisième périodes porte une profonde atteinte à toutes les fonctions de la nutrition, et il faut éviter toutes les causes capables d'amener plus rapidement la cachexie. Nous craignons tellement d'amener la débilitation des malades lorsqu'ils ont atteint la troisième période, que, même dans
les cas d'attaques apoplectiformes, nous n'employons jtimais les émissions sanguines générales^ rarement les émissions locales ; nous nous sommes très-bien trouvé de l'emploi dequinze sangsues à une des apophyses mastoïdes dans plusieurs cas où il y avait attaque apoplectiforme avec déviation conjuguée des yeux et de la tête. Nous avons dit en effet que, d'après le sens de la déviation, on pouvait diagnostiquer le siège de la lésion, que la lésion était d'habitude une hémorrhagie méningée : quinze sangsues appliquées au côté correspondant à la lésion peuvent être d'une utilité très-grande.
L'observation suivante est un exemple de l'heureux effet produit par l'application d'un révulsif sur la partie du crâne correspondante à la région du cerveau supposée congestionnée.
Obeuvation L. — La née Ro..., 46 ans, est entrée dans mon service il y a six mois.
Elle est atteinte de paralysie générale.
Le 8 octobre 1878 elle est prise d'une attaque convulsive avec perte de connaissance.
Le 9, je la trouve dans un état convulsif clonique généralisé et en perte de connaissance complète. Elle est inclinée à droite, les deux yeux tournés du même côté. La commissure labiale droite est tirée en haut et le sillon naso-labial correspondant plus profond que le gauche.
La sensibilité au pincement existe encore, excepté dans le membre supérieur gauche qui offre une demi-parésie. Il y a de la contracture dans les extenseurs des doigts. Les mouvements de déglutition sont impossibles.
Vésicatoire à la région pariétale droite ; lavements avec 4 gr. de KBr pendant six jours.
11 octobre. — Elle a repris connaissance, n'a plus d'inclinaison de la tête ni de rotation des yeux. La dysphagic a beaucoup diminué. Il existe aujourd'hui une légère contracture des fléchisseurs de la main gauche. 13. Est revenue à son état antérieur.
Purgatifs. — Il faut avoir soin d'entretenir chez les aliénés paralytiques la liberté du ventre; c'est d'autant plus essentiel que les malades ont de la tendance à la constipation. Quelquefois ce n'est qu'à grand'peine qu'on obtient des selles régulières, et tous les laxatifs et même les purgatifs drastiques finissent par rester sans action; nous avons connu une malade, qui, avant d'être confiée à nos soins, prenait tous les jours de 4 à 6 pilules de Franck, et elle n'allait à la garde-robe que tous les cinq ou ^ix jours ; nous essayâmes, sans plus de succès, plusieurs autres purgatifs (belladone d'après la méthode de Trousseau, huile de ricin, scammonée) , et