EMPLOI DES PURGATIFS
avec d'autant plus de persévérance que nous avions remarqué que chaque Ibis que cette malade allait à la garde-robe, son état s'amélioi'ait d'une façon très-notable. L'huile d'amandes douces prise à la dose d'un verre à bordeaux réussit pendant quelques jours à procurer des selles. Enfin la podophijlh employée en dernier lieu amena des résultats satisfaisants : sous l'influence de deux pilules par jour, lesgarde-robes serégularisèrentet devinrent quotidiennes. Dans ces cas rebelles, il faut donc essayer successivement divers purgatifs, et sans aller jusqu'à amener une irritation intestinale, il faut s'efforcer d'obtenir la régularité des fonctions alvines. Lorsque cette régularité existe ou est obtenue, il faut encore, mais par intervalles, recourir aux purgatifs, afin de provoquer une révulsion; au début de la paralysie générale et à fortiori pendant la période intermédiaire, nous conseillons de purger tous les huit jours les malades. De même dans les première et deuxième périodes, un purgatif tous les quinze jours est chose excellente. Dans la troisième période nous n'employons que rarement les purgatifs, parce que nous évitons avec soin toutes les causes qui peuvent affaiblir les malades. D'ailleurs, le plus souvent à la troisième période il n'y a plus de congestion encéphalique continue, il y a plutôt de l'anémie consécutive aux graves lésions produites antérieurement. Que même dans la troisième période nous observions les manifestations ordinaires des poussées congestives vers les centres encéphaliques, nous aurons recours aux purgatifs drastiques. Quand on est à même de prévoir ces recrudescences inflammatoires, on peut les enrayer par un ensemble de moyens dont les purgatifs font partie. Il faut alors donner des purgatifs énergiques, parce qu'il s'agit d'obtenir un effet considérable, et parce que, d'autre part, les aliénés paralytiques sont peu sensibles d'une façon générale à l'action des médicaments (excepté cependant à l'action de l'opium).
Outre la podophylle nous employons volontiers les eaux de Pullna, de Hunyadi lanos, l'huile de ricin, les sulfates de magnésie^ de soude, à la dose de dix grammes par jour, pendant plusieurs jours de suite, et, lorsqu'il faut une dérivation plus puissante, l'huile de croton à la dose de deux à quatre gouttes.
Les sinapismes sont employés avec avantage pour détourner les poussées congestives au début de la folie paralytique. Les per-
sonnes prédisposées aux congestions cérébrales doivent j recourir sitôt qu'elles ressentent vers la tête une pesanteur anormale avec tendance à la somnolence, chaleur à la face et aux oreilles : le sinapisme est un petit moyen qui, employé en temps opportun, peut produire de grands effets. Quand une fois le processus inflammatoire a pour ainsi dire pris domicile dans les capillaires encéphaliques, le sinapisme n'exerce pas une action assez soutenue et assez puissante pour être employé avec avantage ; il ne fait donc pas partie de l'ensemble des moyens à utiliser dans les formes chroniques à évolution régulière ; mais il retrouve ses avantages, même chez les paralytiques à une période avancée, lorsque survient brusquement une recrudescence inflammatoire. Si l'on est à même de prévoir ces recrudescences avant qu'elles n'aient amené d'attaques apoplectiformes, on peut, par une série de petits moyens dont les sinapismes font partie, prévenir le coup qui va mettre en danger la vie du malade, ou du moins aggraver notablement son état. Or, nous avons dit comment on arrivait à le prévoir. Lorsque l'attaque n'a pas été détournée, quand les malades sont plongés dans le coma, on voit la plupart des médecins recourir aux sinapismes appliqués largement sur les cuisses et sur les mollets. Dans ce cas les sinapismes ne donnent pas de résultats avantageux ; autant ils auraient été utiles vingt-quatre ou qua ■ rante-huit heures avant, alors qu'il n'y avait encore que de la tendance à une recrudescence inflammatoire, autant leur efficacité est minime lorsque la poussée est accomplie. Les sinapismes appliqués dans ces conditions, lorsque le malade est privé de sensibilité en même temps que d'intelligence et de mouvement, sont le plus souvent inutiles, et voici pourquoi : On sait que chez un sujet qui a conservé la sensibilité cutanée, les sinapismes produisent aux endroits où ils sont appliqués une fluxion qui se traduit par une rubéfaction plus ou moins intense ; cette fluxion survient plus ou moins vite, et paraît être provoquée par la douleur {ubidolor, uhi fluxus) .
Chez les sujets, au contraire, qui sont atteints d'apoplexie, et qui sont privés de sensibilité, le sinapisme ne produit aucune rubéfaction de la peau; et le plus souvent on le retire sans qu'il ait produit aucune fluxion et par suite aucun eflet. Dans certains cas, il arrive que le sinapisme appliqué au début de l'attaque