RÉSUMÉ DU TRAITEMENT
Le scepticisme en tliérapeutique porte atteinte à la moralité professionnelle, retarde les progrès de la science.
Le scepticisme qne nous combattons existe surtout pour ce qui a rapport aux maladies mentales.
Il faut cependant bien songer qu'il y a à peine un demi-siècle que les affections mentales sont étudiées sérieusement.
La folie paralytique est liée à une lésion cérébrale, contre laquelle il y a lieu de lutter, soit qu'on admette que la lésion cérébrale est la cause du trouble fonctionnel, ou soit qu'on admette qu'elle est l'effet du trouble fonctionnel primordial.
Quant au trouble fonctionnel, on doit chercher à l'atténuer par une bonne hygiène morale et intellectuelle. Effets prophylactiques de l'éducation.
Les bienfaits d'une bonne hygiène morale s'étendent aux sujets qui sont menacés héréditairement d'aliénation mentale.
Si le travail intellectuel a dépassé les limites physiologiques, et on en est averti par l'apparition de troubles somatiques, par la perte du sommeil ; il faut se hâter de développer la partie affective de l'être psychique en mémo temps que l'activité corporelle.
Le travail intellectuel bien dirigé est un élément de conservation, nonseulement pour l'intelligence, mais encore pour la santé physique; mais il faut de toute nécessité qu'il soit opéré par un organe sain : toute prédisposition héréditaire, toute atteinte de lésion du cerveau, si légères qu'elles paraissent, doivent mettre en garde contre les excès de travail intellectuel. A plus forte raison, quand un sujet a déjà éprouvé une atteinte manifestement congestive, ou lorsqu'il est à la période de début de la paralysie générale, il doit quitter ses occupations habituelles et ne pas songer à les reprendre, avant d'être sûr d'une guérison radicale.
L'activité somatique est également un élément de conservation, à la condition qu'elle soit bien réglementée et qu'il y ait un développement parallèle (le l'intelligence et des facultés affectives; un sommeil réparateur et sans rêves est le critérium le plus sûr pour indiquer que l'activité n'a pas dépassé la limite physiologique.
Pour attaquer la lésion cérébrale nous ne sommes pas sans ressources. L'objection tirée de la profondeur à laquelle est située la lésion encéphalique n'a pas une valeur considérable.
L'objeclion tirée de la gravité de la lésion cérébrale ne doit pas non plus nous arrêter, car, somme toute, au début, la lésion cérébrale n'a pas eu à
RÉSTIMÉ.
un si haut degré le earactère de gravité; le tout est donc d'attaquer la maladie à son début.
La clinique nous prouve que la folie paralytique n'est pas au-dessus des ressources de l'art, puisqu'elle guérit et qu'elle s'amende parfois spontanément ou sous l'influence de certaines causes que nous avons étudiées.
Plusieurs des moyens employés jusqu'ici sont plutôt nuisibles qu'utiles ; quelques-uns sont utiles et doivent être conservés.
Nous rejetons l'emploi de l'opium et de la morphine en tant que base fondamentale du traitement.
L'arsenic, l'ergot de seigle, la digitale, le veratrum viride, le sulfate de quinine, le bromure de potassium seul ou associé à l'iodure de potassium, tous agents de la médication antiphlogistique, doivent être employés, dès la période de début, dans la paralysie générale galopante aussi bien que dans la forme chronique classique. On doit y recourir dans une certaine mesure, même à la deuxième et à la troisième période de la maladie.
La saignée est indiquée formellement, chez les individus robustes, au début de la folie paralytique, surtout lorsqu'il existe des attaques apoplectiformes.
Des saignées peu abondantes mais souvent répétées, des sangsues à l'anus ou aux pieds, des sangsues aux apophyses mastoïdes sont quelquefois utiles dans les premiers temps.
Les émissions sanguines ne doivent pas être employées, ou du moins ne l'être qu'avec une grande réserve, à la deuxième et surfout à la troisième période de la paralysie générale.
Les purgatifs, tels que le podopbylle, les sulfates de magnésie et de soude, l'huile de ricin, sont les plus avantageux.
Les vésicatoires sur la tête, les cautères à la nuque sont des moyens extrêmement utiles dans certains cas, ainsi que les bandes vésicantes le long (le la colonne vertébrale. Les cautères le long de la colonne vertébrale au début de la méningite spinale postérieure, qui annonce parfois le début de la paralysie générale, et le séton à la nuque sont d'excellents moyens.
Les bains froids nous donnent les meilleurs résultats. Considérations générales sur le traitement par les bains froids. De quelle façon doivent être administrés les bains froids. Température du bain. Durée du bain. La durée du traitement est impossible à préciser.
Effets immédiats. — Pendant le bain.
Action sur la respiration, sur le pouls, sur les vaisseaux de la peau, immédiatement après le bain pendant la réaction et après la réaction. — Action sur la température.
Influence sur la menstruation. — Influence sur les troubles intellectuels. — Les bains froids paraissent agir : l'Gomme antiphlogistiques. — 2° Comme toniques. — 3" Gomme dérivatifs.
Les bains froids donnent de bons résultats dans presque tous les cas de folie paralytique avec stupeur; chez ceux où le trouble mental consiste seulement dans un affaiblissement progressif des facultés intellectuelles.
Ils paraissent prévenir les poussées congestives et les attaques apoplectiques et convulsives. Ils sont très-utiles pour empêcher les eschares de survenir. Bains froids pendant les rémissions.
Bains froids après la disparition complète des phénomènes morbides.
Emploi (les Itains froids chez les fous paralytiques à la deuxième période.
Emploi des bains chez les fous paralytiques à la troisième période. — (Contre-indications :
Ne pas conseiller les bains froids pendant les époques menstruelles, ne pas les employer quand on n'est pas à même d'en bien surveiller l'administration, et quand le malade fait par trop de résistance.