‹ Traité de la paralysie générale des aliénés [electronic resource]Chapitre 26 sur 137 · PARALYSIE GÉNÉRALE COMMUNE · texte numérisé non relu

PARALYSIE GÉNÉRALE COMMUNE

compromettre le sort des malades, d'abord en négligeant d'appliquer le traitement anti-phlogistique qui convient à un état inflammatoire aigu, ensuite en laissant les serviteurs obliger les mélancoliques à avaler des aliments qui ne peuvent que leur être contraires (Calmeil). Il y a moins d'inconvénients à confondre la périencéphalitc aiguë avec la méningite simple, d'autant que ces maladies ont entre elles un haut degré de parenté. Tels sont les cas auxquels on doit réserver le nom de paralysie générale à marche aiguë. Quant aux faits que Beau a réunis sous celte dénomination et qu'il a discutés d'une manière très-séduisante (i), il ne faut pas hésiter à les rejeter du cadre delà maladie qui nous occupe. Une analyse attentive de chacun d'eux indique dans l'aspect et la symptomatologie de la maladie une telle dissemblance avec la paralysie générale des aliénés, qu'il y a plutôt lieu de les rattacher au rhumatisme cérébral ou à une encéphalite aiguë survenue dans le cours ou pendant la convalescence d'une fièvre typhoïde (Marcé).

Deuxième forme. — Paralijsie commune, avec délire expansif, ambitieux. — C'est la forme la plus connue. Les symptômes les plus saillants de cette forme sont l'excitation, le besoin de mouvement, la suractivité, en actes, en paroles, en projets; puis des idées ambitieuses, qui aboutissent à des entreprises, à des spéculations hasardeuses et ruineuses ; des excès de toute nature, des achats hors de proportion avec leurs moyens, des idées de richesse, de grandeur, de puissance inimaginables; la diminution de la mémoire; les troubles de la parole, l'absurdité du délire, la démence, et en môme temps des désordres de la motilité et des sens, consistant en tremblements des membres, de la langue, des lèvres, en incontinence d'urine et des fèces, et en inégalité pupillaire, et enfin de la fièvre' avec un mode spécial. Il est presque de règle d'observer dans cette forme des accès épileptiformes, apoplectiformes, et des eschares. Aussi nous déclarons de nouveau ne pouvoir admettre, ainsi que J. Falret, une forme épileptique, car les phénomènes épileptiformes sont un des symptômes les plus constants de cette forme commune, et ces accès ont une physionomie spéciale qui les différencie absolument

(1 ) Beau, Mémoire sur une afj'ectinn génénik qu'on peut appeler paralysie (jénènde aifjiië (Archires de médecine, février 185!2).

des accès cpileptiques. More! l'avait bien jugé ainsi lorsqu'il déclarait que Chorinsky était atteint de paralysie générale (i).

Cette forme de paralysie générale est grave; elle doit sa gravité aux accidents congestifs, qui en sont un des symptômes les plus constants; chaque congestion est, en effet, suivie d'une déchéance physique et intellectuelle du malade.

Elle est plus fréquente chez l'homme que chez la femme.

Elle se complique souvent de troubles spinaux qui avancent sa terminaison ; d'autres fois, elle paraît s'arrêter dans sa marche et présente les caractères de la démence paralytique.

Troisième forme. Démence paralytique. — Dans les cas que nous allons étudier maintenant, la manifestation la plus saillante de la périencéphalite diffuse est l'affaiblissement progressif des facultés intellectuelles ; c'est, en d'autres termes, la démence. Ce sont surtout les cas appartenant à cette variété qu'avaient en vue Bayle et Esquirol, par la raison que les cas qui appartiennent aux autres variétés étaient désignés par eux sous le nom de manie et de monomanie. Les troubles intellectuels ne revêtent pas, en général, les caractères d'un véritable délire, les troubles somatiques sont peu marqués. Quand la maladie revêt cette forme, elle a d'habitude une évolution très-lente, mais continue; elle présente rarement des rémissions ; au dire de M. Baillarger (2) et de Marcé (3), les complications se rencontrent moins souvent dans cette forme que dans les autres variétés; le pronostic est donc relativement bénin, et le médecin qui a à soigner un malade atteint de cette forme de paralysie générale est en droit d'espérer qu'à l'aide d'un traitement bien dirigé il pourra, pendant de longues années, prolonger l'existence.

Il est assez fréquent d'observer que la deuxième forme de paralysie générale aboutit à cette forme démente, soit spontanément, soit sous l'influence d'un traitement approprié et heureux. On constate alors peu à peu que l'excitation, les idées ambitieuses diminuent, que la démence, la faiblesse générale et le calme prennent le dessus. Le malade arrive à un état végétatif qui le rend alors facile à soigner, et qui permet de le garder dans la famille.

(Il Cnnsultor la lU'hition delà utidmiii' ih Chonnskij, pnr Hagen, 187:2.

(2) Baillargor, méil.-pmrh., mai 1870

(3) Marré, loc. cit., \\. iU .

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