‹ Traité de la paralysie générale des aliénés [electronic resource]Chapitre 28 sur 137 · TERMINAISON PAR I.A GUÉRISON · texte numérisé non relu

TERMINAISON PAR I.A GUÉRISON

paralysie générale n'est pas, de sa nature, une affection incurable, les faits (i), de leur côté, confirment ce que le raisonnement fait prévoir. La logique, disions-nous, porte à croire que lapériencéphalite diffuse n'est pas fatalement au -dessus des ressources de l'art ou de la nature, car enfin, pourquoi ne parviendrait-on pas à enrayer une inflammation, si étendue qu'elle soit ? On doute beaucoup trop, en général, de la puissance des moyens thérapeutiques. Pour nous, nous sommes convaincu que des vésicatoires, par exemple, appliqués sur le cuir chevelu préalablement rasé, peuvent amener une dérivation puissante et extrêmement salutaire. Ce n'est pas ici le lieu de démontrer la raison d'être de cette conviction, nous y reviendrons à l'article du traitement. De même une suppuration abondante peut amener une dérivation utile. Enfin la nature peut spontanément, enrayer le processus inflammatoire; cela n'a rien d'illogique; la cause inconnue dans son essence, qui amène la congestion des vaisseaux encéphaliques, peut spontanément disparaître, de même qu'elle était spontanément survenue ; ne voit-on pas survenir spontanément des rémissions et dans les cas les plus graves ! Et il est fort probable alors que les phénomènes vasculaires s'amendent temporairement pour reprendre ensuite leurs cours. Qu'y a-t-il d'illogique à admettre un degré déplus dans l'amendement des phénomènes vasculaires amenant, non plus alors une diminution, mais une disparition plus ou moins prolongée et parfois définitive de toutes les manifestations pathologiques? En tous cas, les faits sont là pour prouver la possibilité des guérisons.

Il est curieux de voir avec quelle obstination certains médecins se refusent à accepter ces guérisons ; ils en arrivent à torturer les 'faits, à dire que ces faits, qu'on prend pour des guérisons, ne sont que des rémissions prolongées, ou même à penser que telle maladie qu'ils avaient prise pour une paralysie générale n'était pas une paralysie générale, puisqu'elle avait abouti à la guérison. C'est certainement dans une fausse voie que poussent ces idées préconçues.

Nous allons réunir ici tous les cas de guérisons incontestables que nous avons pu trouver dans la science de façon à réagir contre cette fâcheuse tendance. Quant aux guérisons que nous

(1) Voir robscrvalion, p. 177.

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avons nous-même observées, nous avons déjà dit que leur étude serait faite dans le chapitre consacré au traitement, parce que, dans presque tous ces cas, c'est à l'intervention thérapeutique qu'il faut rapporter les guérisons.

Esquirol (i) rapporte un cas de guérison qui se maintint pendant cinq ans, jusqu'au jour où la mort arriva subitement par suite d'hémorrhagie cérébrale ; la guérison coïncida avec l'apparition de nombreux furoncles qui survinrent en trois poussées successiA^es et qui donnèrent lieu à une abondante suppuration.

De même, M. Baillargera cité un cas dans lequel une éruption de furoncles sembla avoir consolidé la guérison et peut-être prévenu une récidive.

Observation XIX. — Il s'agit d'un homme de quarante et un ans qui, dès le mois de juillet 1856, était atteint d'un commencement de paralysie générale. En novembre et en décembre, on put craindre l'invasion de la démence; l'intelligence baissait sensiblement; l'embarras de la parole était plus prononcé ; et cependant, de janvier à mai 1857, on put noter une amélioration progressive et le malade fut rendu à la liberté.

Un an après, il écrivait lui-même à M. Baillarger une lettre très-sensée dans laquelle il raconte qu'il lui est, à deux reprises, survenu des poussées furonculeuses au bas-ventre et aux bras, dont il eut toutes les peines du monde à se débarrasser, après quatre mois de traitement.

Bayle rapporte le cas d'un homme atteint une première fois d'un accès de manie passager, qui fut ensuite pris d'un autre accès de manie, avec délire ambitieux. Il avait 500 000 francs de rente, il était ministre, maréchal de France; sa prononciation était difficile, il bégayait, sa démarche était mal assurée ; il urinait souvent sous lui sans en avoir conscience ; et cependant, malgré ces symptômes si graves, il guérit.

Bayle ajoute que cet exemple de guérison est plus frappant que ceux qu'il a déjà rapportés, parce que le rétablissement de la raison a été complet et durable.

Il existe dans un travail du docteur Earle (2), sur la paralysie générale, une observation où la guérison n'a pas duré moins de dix ans. Il s'agissait d'un homme de quarante-deux ans, ayant du délire ambitieux, ne parlant que de millions, de mines d'or,

(1) Esquirol, Sur les crises dans la folie, Maladies mentales. Paris, 1838, t. 1, p. 371.

(2) American journal of the riiedical science.

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