‹ Traité de la paralysie générale des aliénés [electronic resource]Chapitre 29 sur 137 · TERMINAISON PAR LA GUÉRISON · texte numérisé non relu

TERMINAISON PAR LA GUÉRISON

etc., ayant de l'anesthésie du goût, de l'inégalité piipillaire, qui, au bout d'un an, guérit parfaitement à la suite d'une suppuration provoquée par un séton et entretenue par des plaies multiples sur le corps.

Baume (1) rapporte également un cas de guérison qui ne s'est pas démenti pendant six ans. Cette guérison survint en môme temps qu'une eschare à la jambe.

Ce même auteur a encore observé un cas analogue :

Observation XX. — Une femme Leb.... était atteinte de paralysie générale à la seconde période. Au moment où l'on regardait la mort comme imminente, il se déclara à la jambe droite un œdème aigu avec gangrène et eschare partielle ; l'agitation alla en diminuant à mesure que la plaie prenait un meilleur aspect ; tous les symptômes de paralysie s'amendèrent et depuis deux mois le délire a disparu; Leb... s'occupe et désire sa sortie. La durée de la guérison est restée inconnue.

Les observations suivantes sont aussi démonstratives :

Observation XXI. — Une femme de cinquante-trois ans fut prise tout à coup de délire ambitieux ; elle se rend aux Tuileries pour voir l'Empereur; elle dit qu'elle possède toute la France; elle crie et chante; elle est très-agitée. Un examen attentif fait constater que certains mots ne sont pas nettement prononcés ; la pupille droite est plus large que la gauche ; il y a des grincements de dents, de l'incontinence des fèces. Au bout de huit mois, le délire disparaît peu à peu, mais l'intelligence reste très-embarrassée et la malade très-afîaiblie. Un abcès étendu survint à la jambe droite et donna lieu à une suppuration abondante. Le calme revint peu à peu, le délire disparut, la malade reprit des forces ; elle disait que l'année qui venait de s'écouler n'existait pas pour elle, et que c'est comme si elle avait été morte. Elle ne tarda pas à recouvrer la mémoire de tous les faits antérieurs, et bientôt rien ne put faire soupçonner qu'elle avait passé par une maladie aussi grave. Au bout d'un an de guérison, la malade était encore à la Salpêtrière, mais calme, laborieuse, n'offrant aucun signe de son ancienne maladie (Baillarger).

Observation XXII. — Un homme fut pris de délire mélancolique, puis plus tard du délire des grandeurs, d'embarras de la parole. Pendant plus de sept mois le malade offrit toutes les phases de la paralysie générale jusqu'au jour où il dut s'aliter à cause de l'état d'épuisement et de marasme. Or, un abcès du foie survint qui donna lieu à un écoulement purulent d'une abondance incalculable et d'une durée de quinze jours. Peu à peu, sous l'influence de cette puissante dérivation, le malade revint à l'état normal et il fut si bien guéri qu'il put, non-seulement reprendre son état de teinturier à Nancy, mais transporter son industrie à Paris et l'exercer sur une plus vaste

(2) Baume, Thèse, 1854.

MARCHE ET FORMES

DURÉE. -

TERMINAISONS

échelle pendant trois années au moins. L'observation n'ayant pas duré au delà de ces trois années, on ne peut pas dire combien de temps la guérison s'est maintenue (Morel).

Observation XXIII. — Un homme entra à l'asile de Sainte-Gemmes pour une atTection caractérisée par une certaine agitation, des idées de grandeur et un embarras de la parole qui tirent diagnostiquer une paralysie générale progressive. Un an après survint une poussée de méningo-encépbalite aiguë avec délire, fièvre intense, hallucinations. Cet état aigu durait depuis cinq jours, quand on fit une saignée aux deux artères temporales qui calma le délire ; le lendemain de cette saignée, écoulement de pus par les deux oreilles, chute de la fièvre. Les jours suivants, amendement progressif; deux mois après, rémission pern.anente ; plus de délire: trois mois après, l'embarras de la parole diminue ; cinq mois après, sortie en bon état apparent. On peut affirmer que la guérison se maintint pendant au moins un au, mais la durée totale de la guérison est inconnue (Combes) (1).

Observation XXIV. — Un paralysé général étant dans un état cachectique des pins fâcheux, eut une rémittence complète et sa guérison se maintint pendant vingt-cinq ans, jusqu'à la mort du malade, qui fut causée parune affection thoracique. Il n'était resté aucun phénomène pathologique, si ce n'est une gêne singulière de la parole, le malade ne bégayait pas, mais l'réquemment il s'arrêtait avant de prononcer un mot et surtout avant de commencer une phrase ; puis, après cette brusque suspension, il reprenait librement son discours (Ferrus) (2).

Voici deux observations dans lesquelles la guérison a été consécutive à une amputation de la cuisse. La première est due à Fabre (thèse); la seconde à M. Baillarger {Aîiu. méd. psijch., 1858, S" série, tome IV, page 410).

Observation XXV. — Un homme de quarante-sept ans avait, à son entrée à Bicêtre, du délire ambitieux, de l'incohérence, de la diminution de la mémoire, de l'embarras de la parole, un léger tremblement des membres. Ce malheureux fit une chute de 30 pieds de haut, d'où résulta une forte contusion du pied; puis des abcès se formèrent; bref, on dut, in extremis, pratiquer l'amputation à la partie moyenne de la cuisse. Le malade, pendant l'opération, ne donna aucun signe de douleur; ce n'est que deux mois après qu'il remarqua, à sa grande surprise, qu'il n'avait plus qu'une jambe. Depuis lors, en même temps que l'état des forces s'améliora, les symptômes de l'aliénation mentale disparurent. Le malade cessa de parler de fortune et de grandeurs, sa parole redevint libre ; la sensibilité générale revint ad integvum et six mois après son entrée, quatre mois après l'opération, le malade sortit de Bicêtre parfaitement guéri de tous ses maux. Malheureusement la durée de la guérison est restée inconnue (Fabre).

(I) Combes, Sur la ma.che de la folie, tltùsc de Paris, 185^. (i) La5?gu3, tlic'sc d'agi-cgalioii, p. 72.

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