TERMINAISON PAR LA MORT
A cette opinion de Marcé sur le rôle possible de l'alcoolisme dans ces cas, je puis répondre que les malades de ce genre que nous avons en observation n'ont fait aucun abus de boisson ; en voici un exemple :
Observation XXIX. — M. B..., comptable, marié, très-sobre, est devenu paralysé général à la suite d'incendies de la Commune qui se sont passés sous ses fenêtres et qui ont failli se communiquer à sa maison. Dans la première année, délire d'ambition de (richesse) uni à des troubles de la parole, et à de la démence. Incontinence progressive de l'urine et des fèces; attaques épileptiformes.
Au bout de trois ans n'a plus de délire, mais ne présente q>ie la démence absolue et l'impossibilité de parler distinctement.
Termhiaison jMV la mort. — La mort est la terminaison habi- (uelle de la paralysie générale, elle est le plus souvent amenée par des maladies intercurrentes.
Les paralytiques paraissent présenter une certaine immunité vis-à-vis des épidémies cholériques. Ainsi tandis qu'en 1849 une aliénée sur quatre a été atteinte du choléra, aucune aliénée paralytique n'a subi l'influence épidémique (1), mais, par contre, les pneumonies sont fréquentes et presque toujours mortelles. On les voit souvent survenir sans cause connue, chez des malades qui restent couchés dans leur lit. Si l'on songea l'état de détériorationdetout l'organisme qui, ainsi que nous l'avos dit, s'observe constamment à la troisième période, à l'état du sang qui est le plus souvent vicié dans sa constitution, on comprendra facilement comment l'organisme nepeut pas réagir efficacement, et comment le malade succombe fatalementàla pneumonie intercurrente. Au demeurant, la pneumonie n'a pas, chez ces malades, les allures de la pneumonie franche, ce qui fait qu'elle est souvent méconnue 'à son début et que, quand le médecin la constate, il est le plus souvent trop tard pour opposer un traitement efficace.
Il arrive aussi que la diarrhée colliqnative met un terme à la maladie; la diarrhée, qui était plutôt salutaire que nuisible à la première période, devient, à la troisième période, une soui^ce de dangers, d'autant plus grave que la thérapeutique parvient rarement à l'enrayer.
La cijstife consécutive au cathétérisme trop souvent répété est aussi parfois la cause d'accidents mortels.
(1) Baillarger, Ami. médico. psycholog., 1849, p. 316,
Les eschares sont fréquemment, ainsi que nous l'avons dit plus haut, la cause de la mort, soit parce qu'elles sont le point de départ d'une infection putride, soit parce qu'elles aggravent rapidement l'épuisement des malades.
Il est encore une cause de mort que nous avons déjà signalée plus haut, c'est Vasphijxie. Les matières alimentaires accumulées dans l'arrière-bouche et oblitérant les voies aériennes, produisent une asphyxie rapide, ou bien les liquides, en s'insinuant dans les ramifications bronchiques, amènent également la mort par asphyxie.
Quelques malades meurent par épuisement, ils tombent peu à peu dans le marasme; insensibles à toute excitation, ils finissent par s'éteindre au moment où on s'y attend le moins, et dans ces cas, il n'est pas possible de découvrir à l'autopsie de lésions appréciables qui puissent rendre compte de la mort aussi rapide.
Enfin les deux tiers des malades sont emportés par des complications (V origine cérébrale ; il peut survenir à toutes les périodes des poussées congestives se traduisant par des attaques apoplectiformes, épileptiforrnes, par du coma, des contractures, etc., etc. Il peut survenir des hémorrhagies méningées, de l'urémie, de l'hydropisie dans les ventricules. On comprend que toute cette série de faits mérite bien d'être étudiée spécialement; c'est cette étude qui fait l'objet du chapitre suivant.
RÉSUMÉ
La paralysie générale est irrégulière dans sa marche ; cependant on peut parvenir à établir quatre formes principales. L'irrégularité dont nous parlons dérive de quatre ordres de faits :
i" Des rémittenccs dans chacun des symptômes;
2» Des rémissions, c'est-à-dire de la dimimitmi temporaire dans les différents groupes de symptômes ;
3° Des guérisons temporaires, c'est-à-dire de la disparition temporaire de tous les symptômes ;
4° Des temps d'arrêt, c'est-à-dire d'une suspension temporaire en vertu de laquelle la maladie reste dans le statu quo.
Les quatre variétés qu'il est néanmoins possible d'établir d'après une classification naturelle, et qu'il est indispensable d'établir, surtout au point de vue du pronostic, sont :
1» La paralysie générale à marche rapide. Dans ces cas, ou bien la maladie survient inopinément chez un individu sain jusqu'alors, ou bien elle survient