‹ Traité de la paralysie générale des aliénés [electronic resource]Chapitre 45 sur 137 · PREMIÈRE SÉRIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SÉRIE

Cas où les troubles médullaires et les troubles cérébraux sont observés simultanément.

Ces cas ne sont pas très-rares, et ils seraient certainement plus fréquemment signalés s'il était donné à des médecins connaissant bien la maladie d'observer les individus atteints de paralysie générale dès le début des accidents ; malheureusement ces deux conditions sont bien rarement remplies, car : 1" nous savons que les malades sont rarement adressés au médecin dès le début de la

maladie; '"2" il faut bien dire que peu de praticiens ont l'idée d'aller rechercher les troubles médullaires chez les fous paralytiques au début, bien peu surtout osent attribuer à une lésion de la moelle les symptômes, vagues, mobiles, peu marqués, dont les malades rendent difficilement compte, et qui appartiennent cependant à une lésion incontestable de l'axe rachidien; les douleurs dont se plaint l'aliéné sont dites rhumatoïdes quand elles ne sont pas traitées d'imaginaires.

Teissier père, de Lyon, a fait à ce sujet, et tout récemment, une communication intéressante sous le titre de Névralgies et névroses viscérales dans les maladies cérébro-spinales (1).

Quant aux résultats que peut fournir l'exploration de la motilité, de la sensibilité, ils sont viciés par l'état intellectuel du sujet; c'est à cause de toutes ces raisons que les manifestations spinales sont si rarement signalées au début de la paralysie générale.

C'est sans doute à la lésion spinale, lorsqu'elle débute en môme temps que la lésion cérébrale, qu'il faut attribuer une partie des symptômes que nous avons étudiés au chapitre 2, tels que les tremblements des mains, l'inhabileté manuelle, le trouble de l'écriture, la plupart des phénomènes ataxiques, certains troubles de la sensibilité ; la perte de conscience musculaire, par exemple, et aussi l'hyperesthôsie, les douleurs, le priapisme ou l'anaphrodisic, la constipation qui accompagnent parfois le début de la paralysie générale.

Ces douleurs sont parfois sourdes et continues, d'autres fois vives et passagères ; il est bien rare qu'alors la pression pratiquée le long de la colonne vertébrale ne révèle pas l'existence de points fixes douloureux.

Parfois aussi on observe alors de véritables phénomènes de paralysie; les malades supportent difficilement une pression sur les épaules; ils ressentent un affaiblissement général, arrivent rapidement à l'incontinence de l'urine et des matières fécales.

La contractilité électro-musculaire est aussi sensiblement amoindrie chez eux; ils diffèrent donc des autres aliénés paralytiques exempts de conij)lication spinale. En effet, chez ces der-

Cl) Asiocialioii française pour ruraiiceineiil r/cs yciences (session île 187G, leiiuo à Clerniiiit-Fjri'aïKl).

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