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ATAXIE LOCOMOTRICE ET PARALYSIE GÉNÉRALE

niers, ainsi que nous l'avons dit et répété, les phénomènes paralytiques ne sont qu'apparents, à toutes les périodes de la maladie.

Pour préciser ce point de doctrine, nous redirons encore : 1° que chez les malades désignés sous le nom d'aliénés paralytiques, il n'y a qu'exceptionnellement de la paralysie; 2° que la paralysie, quand elle existe, est due à une lésion des parties antérieures de l'axe spinal ou à des altérations des corps striés et qu'elle est rarement produite par des lésions corticales; 3° que toutes les lésions spinales n'amènent pas la paralysie, parce qu'elles ont une tendance très-nette à n'envahir que la partie postérieure de l'axe rachidien.

Quelquefois, les douleurs qui annoncent le début de la paralysie générale révèlent la forme de névralgies sciatiques; de là, la possibilité d'erreurs très-regrettables ; quand la sciatique est bilatérale, l'attention doit être immédiatement éveillée ; mais quelquefois la sciatique est unilatérale. Ces douleurs sciatiques paraissent ducs à une méningite spinale postérieure (1); elles sont accompagnées de fièvre et le plus souvent de délire et d'agitation ; il faut opposer à ces états dès le début une médication révulsive extrêmement active : c'est le seul moyen de calmer les souffrances et d'empêcher la lésion de s'étendre.

L'ataxie locomotrice et la paralysie générale débutent quelquefois ensemble chez le môme individu ; c'est ce qui résulte de plusieurs observations éparses dans la science, dues surtout à Westphal , à Magnan ; Eisenmann en rapporte un cas {Dir Bewegungs Ataxie, ^. 144), Hoffmann un mire {Zeitschrift f'dr Psijchialrie, XIII, p. 209), de même Steindhall.

Mais les deux maladies ne suivent pas parallèlement leur évolution ordinaire, comme si elles existaient séparément sur deux individus; bien au contraire, leurs symptômes s'intriqucnt; il faut bien dire, en outre, que cette association est assez rare et qu'il en existe peu d'observations concluantes.

Le plus souvent, ce qu'on observe au début de la paralysie générale, ce sont des phénomènes ataxifo),"mes que nous avons suffisamment étudiés dans la symptomatologie.

Ces troubles médullaires paraissent être en rapport avec un

(1) Aug. Voisin, Union méd., 1867,

état congestif diffus de la moelle et des méninges spinales ; la diffusion de la lésion rend compte de la variabilité des symptômes. L'anesthésie en particulier paraît aussi reconnaître pour cause une sorte d'œdème aigu de la moelle en provoquant l'hypertrophie momentanée et la compression ; c'est ce qui ressort des recherches de M. Bouillaud.

Il y a enfin une classe de paralysies générales que l'on peut dire suraiguës et dans lesquelles les lésions de la moelle et du cerveau sont simultanées. Elles consistent alors dans un ramollissement diffus et presque généralisé de l'axe cérébro-spinal et se manifestent par un collapsus des membres presque complet, par la paralysie des sphincters, par des eschares humides en même temps que par la suspension graduelle et rapide des facultés intellectuelles et par un délire dépressif, le plus souvent hypocondriaque; dans ces cas^ la maladie a une évolution extrêmement rapide ; aussi peut-on dire que chaque fois qu'il survient simultanément du collapsus, du délire hypocondriaque et de la fièvre, le pronostic est excessivement grave et la mort imminente.

Nous avons donné dans notre mémoire (1) des observations qui le démontrent.

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