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ALCOOLISME CHRONIQUE

la paralysie générale, il paraît être sous la dépendance de congestions cérébrales plus ou moins intenses; l'étourdissement du buveur serait modifié d'une manière désavantageuse par des émissions sanguines, tandis qu'il en est autrement des vertiges des paralysés généraux.

Les rêves, les hallucinations de la vue, paraissent être plus fréquents chez les alcoolisés ; par contre, l'absence de l'odorat, l'inégalité pupillaire, sont plus fréquentes chez les paralysés.

(( Le trouble de l'intelligence provoqué par l'abus des spiri- )) tueux consiste dans un atfaiblissement beaucoup mieux carac- » térisé par l'expression populaire d'abrutissement que par toutes )) les dénominations scientifiques ; le malade, tout en étant » préservé d'un véritable délire, reste obtus sans devenir indiffé- » rent. Il a conscience de son infériorité, il se rend à peu près » compte des choses qui l'entourent, il conserve des antipathies )) et des désirs.

)) Si l'intelligence est émoussée, la sensibilité est modifiée moins » profondément : le malade se plaint de ses souffrances; s'il en » abrège le récit, c'est uniquement par paresse, et il suffit de le T) replacer sur ce terrain pour qu'il rende compte des moindres )) sensations.

» Il y a loin de là au délire du paralytique, chez lequel la raison )) est au début plus désordonnée qu'impuissante, chez lequel plus » tard l'indifférence absolue et le contentement sont deux signes » si fréquents. A mesure qu'on pénètre dans les délicatesses de ce » sujet et qu'on en approfondit davantage les détails, les obscu- ;) rités s'accroissent, surtout s'il vient s'ajouter à la démence X alcoolique quelques idées ambitieuses, comme cela arrive y> parfois (1). » Cependant nous croyons qu'on peut dire qu'il y a un ensemble symptomatique permettant, en général, de distinguer la folie paralytique de l'alcoolisme chronique.

Diagnostic de la parahjsie générale aiguë. — Jetons maintenant un coup d'œil rapide sur le diagnostic de la folie paralytique aiguë, et sur les maladies avec lesquelles on pourrait la confondre. Nous avons déjà presque suffisamment traité cet article à propos de la description de la paralysie générale aiguë, qu'il nous suffise donc de répéter qu'il faut bien se garder de confondre la paralysie géné-

(1) A. Voisin, De l'étal mental, dans l'alcoolisme aigu et chronique (Ann. mdd.-psijch., ISô^).

raie aiguë avec la manie aiguë, ou avec la mélancolie (voy. page '266 à 268). L'erreur serait moins préjudiciable au malade, s'il arrivait qu'on confondît la paralysie générale aiguë avec certaines formes de fièvre typhoïde.

Il faut aussi se garder de confondre la folie avec Valcoolisme aigu, (1) et un certain nombre d'autres intoxications aiguës.

La pneumonie, surtout celle du sommet, s'accompagne aussi quelquefois de délire (2), et si l'on n'avait pas soin d'examiner de près tous les organes, on pourrait commettre des erreurs regrettables.

Il est bien difficile de différencier la paralysie générale aiguë de certaines formes de méningite qu'on rencontre dans les hôpitaux ordinaires; en effet, presque tous les malades qui sont atteints de ce qu'on appelle méningite ont toujours de l'encéphalite en même temps. C'est ce qui ressort des études de Senn (3), Charpentier (4), Piet (5).

L'encéphalite concomitante est surtout prononcée chez les malades qui succombent à la méningite cérébro-spinale épidémique (Broussais, Bernet (6), Rollet) (7).

Elle existe encore chez les sujets atteints de méningite tuberculeuse (Valleix, De la méningite tuberculeuse chez les adultes, m Archives de médecine, janvier 1838, p. 12).

On conçoit par conséquent la difficulté qu'il y a dans certains cas à différencier la méningo-encéphalite diffuse aiguë qui constitue la paralysie générale aiguë des aliénés, d'avec les diverses méningo-encéphalites. Seules, la méningite cérébro-spinale épidémique et la méningite tuberculeuse se reconnaissent à coup sûr à cause de leurs symptômes propres et des conditions dans lesquelles elles apparaissent; mais les maladies avec lesquelles il sera possible de confondre la paralysie générale aiguë restent très-nombreuses.

Ce sont : Le délire aigu étudié par Brierre de Boismont ;

Cl) Voisin, Loc. cit.

(2) Voy. à ce sujet : Des complications méningées dans la pneumonie; Vaillard, Recueil de mémoires de médecine ou de chirurgie militaires, 1876.

(3) Scnn, Recherches sur la méningite aiguë des enfants. Paris, 1875.

(4) Cliarpentier, Nature et traitement de l'hydrocéphale aiguë, 1837.

(5) Piet, Recherches sur la maladie connue sous le nom de méningite, 1837.

(6) Broussais, Histoire des méningites cérébro-spinales épidémiques. Paris, 1812, p. 43i

(7) Rollet, Mémoires de l'Académie de médecine, t. X, p. 29.

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