ÉTIOLOGIE
de folie naissant subitement à la suite d'une violente frayeur, d'une désolante nouvelle, bien que ces cas ne soient pas aussi fi'équcnts que les romanciers se sont plu à le faire croire; mais la paralysie générale reconnaissant des causes d'ordre affectif ne naît qu'à la suite d'impressions souvent répétées.
Mais, dira-t-on, comment établissez-vous scientifiquement des relations entre les influences morales et le processus inflamma toire ou congestif ?
Ces relations existent, mais avouons-le tout de suite, nous n'en connaissons pas le mécanisme, ou, comme le disait un de nos élèves (i) : « Nous ne prétendons pas trancher l'éternelle question des rapports du moral et du physique, ni dire que les influences morales n'agissent qu'en paralysant les vaisseaux de l'encéphale, ou qu'en augmentant l'impressionnabilité cardiaque de telle façon que l'équilibre entre la pression sanguine et la résistance vasculaire soit rompu; il est sage, dans des problèmes si complexes, de compter avec tous les éléments, et l'élément dynamique n'est sans doute pas le moins important (2). »
Cependant, il est bien permis de supposer que les influences morales, les passions, amènent dans telles ou telles parties de l'encéphale des congestions passagères, tout comme elles en amènent dans les capillaires de la face.
Schroëder van der Kolk a noté le rapport qui existe entre la rougeur du nez et des oreilles et l'hyperhémie cérébrale. D'autres auteurs ont prétendu, au contraire, qu'il existait une. sorte de balance entre l'hyperhémie cérébrale et l'anémie de la face; cette dernière assertion nous semble à ])riori devoir être inadmissible. Mais, somme toute, nous sommes bien forcé de conclure que nous ne savons rien d'absolument précis sur le mécanisme des congestions encéphaliques consécutives à des impressions morales.
Il est une autre objection qu'on pourrait nous faire, nous l'ac-
(I ) ISiii-lureaux, Folie parahjtUiuc, llirse Piiris, 1874, p. 3k (i) Voy. à ce sujet :
Cabanis, Rapports du physique et du moral, 8' édition augmenléc de notes par L. Pcissc. Paris, 1844. — Maine de Biran, Nouv. considérations sur les rapports du physique et du moral, 1834 — Bérard (de Montpellier), Doctrine des rapports du physique et du moral. — ScliraMler van der Kolk, Path. und Ther. der Geisteshrauldieilen inif nnal.-pltysiotoqische Grundlaye (lîrannscliwi'ig', 1803i.