‹ Traité de la paralysie générale des aliénés [electronic resource]Chapitre 76 sur 137 · ÉTIOLOGIE · texte numérisé non relu

ÉTIOLOGIE

que les paralysés généraux, avant d'être nettement malades, sont fort enclins à des abus de coït; mais cette propension n'estelle pas plutôt l'effet de la maladie existant déjà en germe, que la cause de la maladie ? Question difficile à résoudre, car la paralysie générale reconnaît souvent une période prodromique bien longue. D'ailleurs, cette considération a peu d'importance au point de vue qui nous occupe, car ces abus de coït, fussent-ils l'effet de la maladie, n'en réagissent pas moins sur l'encéphale et deviennent ainsi cause à leur tour.

Le sommeil après le repas, surtout dans une atmosphère chaude, nous semble aussi très-dangereux au point de vue des congestions encéphaliques. Il suffit, pour s'en rendre compte, de considérer combien ce sommeil est lourd, combien il laisse après lui de pesanteur de tête, de congestion de la face, d'hyperhémic oculaire. On sait, d'ailleurs, combien il est dangereux chez les vieillards, et quel rôle il joue dans la production des hémorrhagies cérébrales.

Les abus alcooliques répétés sont également capables de congestionner l'encéphale. Bien que nous nous soyons efforcé, au chapitre précédent, d'établir une dificrence très-nette entre l'alcoolisme chronique et la paralysie générale, nous ne pouvons pas nous défendre de croire que les excès d'alcool soient une cause prédisposante de paralysie générale.

(( L'inflammation des méninges etde la substance corticale périphérique, écrivait Calmeil (1), est des plus fréquentes chez les débitants de vin et d'eau-de-vie, chez les épiciers, les distillateurs, les marchands de tabac, les cafetiers, et en général chez tous les individus dont la profession rend les excès alcooliques faciles. Elle est très-répandue chez les officiers qui s'habituent à fréquenter les cafés, à boire avant la fin de chaque journée un nombre plus ou moins considérable de verres de vin sucré, de rhum ou d'eau-de-vie; mais, dans les dernières campagnes d'Afrique, c'est surtout l'abus des liqueurs préparées avec l'absinthe qui a entraîné la perte d'un nombre considérable de militaires, que rien n'a pu soustraire à l'invasion de la démence etde la paralysie générale incomplète.

(I) Calmeil, loc. cit.. p. 269.

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