CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
fonctions aussi différentes que les divers organes contenus dans la cavité thoracique. »
Pour ces auteurs, l'encéphalite est destinée à être exclue du cadre nosologique, lorsqu'on connaîtra mieux la physiologie de l'encéphale ; il est réservé à l'encéphalite le sort de cette prétendue unité pathologique qu'on appelait la myêlUc : au fur et à mesure qu'on a mieux étudié ce qui s'appelait autrefois la myélite, on a reconnu qu'il y avait lieu d'étudier séparément l'inflammation des cordons postérieurs, celle des cordons antérolatéraux, celle des cellules antérieures de la substance grise; bref, on a de plus en plus restreint le cadre de la myélite, et, à force d'élaguer, on a fini par ne plus avoir qu'un tronc informe destiné sans doute lui-même à subir encore des 'morcellements.
En est-il bien de même relativement à l'encéphalite? Nous ne le croyons pas, et voici pourquoi. Les lésions inflammatoires de la moelle ont une tendance spéciale à se localiser et à prendre domicile dans tel ou tel segment de l'organe en laissant les autres intacts , tandis que ce processus s'observe d'une façon beaucoup moins nette dans les cas de lésions inflammatoires de l'encéphale; dans l'encéphale en eflet le processus est plus diffus, quelquefois toutes les parties de la masse encéphalique sont, et de prime abord, le siège d'une violente congestion; il se fait dans tous les vaisseaux un raptus sanguin, qui est môme quelquefois assez violent pour amener une mort prompte ; c'est ce que Calmeil désigne sous le nom de coHijcstioiis encéphaliques intenses à durée temporaire. Le plus souvent, il est vrai, la lésion initiale n'est pas aussi diffuse, et nous démontrerons qu'au début la fluxion peut être localisée, mais elle ne reste pas longtemps à la môme place: elle a la mobilité qui caractérise tous les phénomènes fluxionnaires, elle quitte un département du cerveau pour en atteindre un autre et ensuite revenir à son point de départ, si bien que tous les segments de la masse encéphalique peuvent être le siège de cette fluxion initiale. Et quand la lésion prend définitivement domicile, il est bien rare qu'elle n'ait pas atteint ou effleuré les diverses parties de l'encéphale : de là, la variété et la variabilité des symptômes. Il est impossible de rapporter à tel ou tel siège anatomique les troubles fugitifs qu'on observe dans le cours de la paralysie générale ; il est impossible de dissocier ce qui est uni par la