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UNITÉ MORBIDE DE LA PARALYSIE GÉNÉRALE

nature même de la lésion encéphalique, qui est essentiellement diffuse et mobile.

Ces deux caractères de la lésion encéphalique nous semblent expliquer un fait sur lequel Falret a appelé l'attention, à savoir que, quelle que soit la forme de la maladie à laquelle on aafflùre, il finit toujours par survenir des manifestations pathognomoniques; c'est ainsi que le délire des grandeurs, par exemple, qui est presque caractéristique, peut manquer au début de la maladie; mais il est bien rare qu'il ne se manifeste pas à un moment donné, et de même pour tous les autres signes importants.

Qu'on suppose pour un instant qu'il existe une région spéciale du cerveau dont l'inflammation amène le délire des grandeurs ; cette région pourra être préservée pendant deux mois, six mois, mais elle finira le plus souvent par être atteinte à son tour d'une façon plus ou moins profonde et plus ou moins durable.

Ainsi de cette mobilité des lésions et de cette tendance à la difl'usion, du peu de tendance aux localisations précises, résultent des manifestations variées et mobiles, et l'impossibilité de décomposer en ses éléments la méningo-encéphalite dilfuse; il faut donc accepter la paralysie générale en tant qu'unité morbide. Cet ensemble symptomatique dont nous allons étudier les détails n'est pas seulement constitué par des troubles relevant d'une lésion de l'encéphale, il faut encore compter avec les lésions médullaires et celles des nerfs sensoriaux qui viennent compliquer les lésions encéphaliques ; il faut encore compter avec les accidents, avec les phénomènes insolites, avec les attaques épileptiformes, apoplectiformes, tétaniformes, etc., qui viennent traverser le cours de la maladie.

Vu cette complexité de manifestations, qui se rencontrent sans ordre au lit des malades, nous ne pouvons introduire un peu de clarté dans cette étude qu'en usant de procédés artificiels et de divisions factices.

Aj)rès avoir exposé les caractères de la période prodromique, nous éludierons la paralysie générale à l'état sinqjle, telle qu'elle évoluerait chez un individu qui n'aurait ni lésions de la moell'\ ni lésions des viscères, ni accidents épileptiformes ou apoplecliformes ou urémiques, etc.

Ce cas type est assez difficile à trouver; il se rencontre cepei;-

dant : c'est ce que nous appellerons la paralysie générale sans complication; chez ces malades, il peut y avoir lieu de décrire une période intermédiaire, et trois périodes pour la maladie confirmée. Quand nous connaîtrons bien la paralysie générale à l'état simple, sa durée ordinaire, son mode habituel d'évolution, nous envisagerons les cas particuliers dans lesquels un symptôme a tellement prédominé qu'il mérite une mention spéciale; puis les cas où l'évolution de la maladie a été anormale, soit par le fait d'une rapidité foudroyante (paralysies générales aiguës), soit par le fait d'une évolution très-lente.

Il nous restera alors à voir les diverses complications qui peuvent se présenter; nous étudierons séparément chacune d'elles, en donnant autant que possible en même temps que les symptômes, l'explication basée sur l'anatomie pathologique; nous en signalerons la fréquence, l'époque d'appariLion et;, en d'autres termes, nous ferons de chacune de ces complications une étude détaillée.

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