FOLIE PARALYTIQUE DANS L'ARMÉE
les officiers, la paralysie générale représente au' moins les trois quarts des cas d'aliénation (4). Or, l'aliénation d'une façon générale est relativement fréquente chez les officiers : tandis, par exemple, que chez les soldats elle est de 0,31 pour dOOO, chez les sous-ofticiers la fréquence est exprimée par le rapport 0,61 pour 1000 (2), et chez les officiers le rapport atteint 1,31 pour i 000. C'est le résultat de l'influence de l'âge et aussi de l'influence du milieu social; mais, comme nous l'avons vu, cette influence du milieu social n'est pour ainsi dire qu'une résultante.
Et voici, d'après L. Colin, les éléments qui ont le plus d'importance dans la pathogénie de la folie paralytique dans cette classe de la société :
1° En première ligne les abus de travail, notables surtout chez les officiers des armes spéciales : il arrive souvent en effet que l'autorité confie à ces officiers des travaux délicats, qu'ils tiennent à honneur d'accomplir aussi parfaitement que possible.
2° Il faut aussi compter avec les changements de situation que traversent les officiers de l'armée : c'est ainsi que ceux qui sont appelés à prendre la direction d'un service, après avoir été longtemps subalternes, éprouvent, par le fait de cette situation nouvelle, une modification qui peut être fâcheuse, d'autant que la responsabilité qui leur incombe s'accroît dans une notable proportion et donne lieu à des préoccupations insolites.
De là l'apparition de la paralysie générale chez les officiers qui sont chefs sur place, même chez ceux qui sont aux derniers degrés de la hiérarchie et qui exercent leurs fonctions sans contrôle immédiat et voisin, comme dans la gendarmerie, par exemple, et dans le train des équipages (L. Colin).
Le délire chez ces malades revêt le plus souvent un caractère en rapport avec les préoccupations habituelles : aussi beaucoup d'officiers paralytiques ont-ils de la tendance à inventer des engins susceptibles de rendre à notre armée son ancienne supériorité, c'est peut-être ce qui les fait échouer en si grand nombre au
(1) L. Colin, communication orale, et article Morbidité militaire du Diclionnaire encyclopédique de Deciiambre.
(2) La dernière statistique donne des chiffres qui s'éloignent peu de ceux-là :