pour 1000 officiers
0,72 — sous-officiers.
0,33 — soldats.
326 ÉTIOLOGIE.
Val-de-Grâce, pnrcc que les officiors en province sollicitent des congés pour venir exposer b Paris leurs prétendues découvertes ou inventions.
C'est à tort que l'on croirait que cette terrible affection est dans l'armée en voie d'augmentation ; le fait est loin d'être démontré.
Influence du milieu cosmique. — Quant aux influences du milieu cosmique, elles sont encore mal élucidées, et nous ne pouvons que répéter ce qu'écrivait Marcé en 1862 :
« On a dit que les climats exerçaient une action réelle sur le développement de la maladie et qu'elle était rare dans les pays méridionaux. J'ai la conviction que ces différences tiennent presque uniquement à des erreurs de diagnostic. Beaucoup de médecins étrangers, et des plus instruits, méconnaissent la paralysie générale là où nous n'hésitons pas à l'affirmer, et ne consentent à l'admettre que lorsque la maladie est franchement entrée dans sa seconde période; il en résulte, au point de vue de la statistique, des différences de nombre considérables dont j'ai reconnu plus d'une fois la cause en visitant des asiles étrangers; là, je pouvais sans peine reconnaître les symptômes paralytiques chez des sujets considérés simplement comme aliénés. »
D'autres causes sont encore capables d'amener directement une inflammation aiguë ou chronique de l'encéphale. Elles agissent alors d'une façon moins obscure que les diverses influences que nous venons de passer en revue ; cependant nous ne les avons étudiées qu'en seconde ligne, parce que ce n'est que rarement que la paralysie générale leur peut être attribuée.
Nous aurons à signaler dans cet article :
Les chutes et les coups sur la tête, l'insolation^ les accès souvent répétés d'épilepsie.
Coups et chutes sur la tête. — L'influence des coups et chutes sur la tête est aujourd'hui hors de doute : tous les auteurs l'admettent sans contestation.
Citons entreautres Meyer (!) qui raconte l'histoire d'un homme,
(1) Meyer, Arch. filr Psychiatrie und Nervenkrankheiten, 1868, p. 279.
COUPS ET CHUTES SUR l.A TÊTE. 327
nyant soulevé avec sa tête un poids considérable, qui devint mélancolique, puis paralysé général.
Marcé (1 ) exprime ainsi son opinion sur l'influence des traumalismes de la tête :
« Je ne veux pas parler, dit-il, du délire nerveux à forme maniaque ou de la méningite qui complique les plaies de tête et même les simples commotions cérébrales, mais des troubles intellectuels survenant après une période prodromique assez longue, chez des individus ayant fait une chute grave. Pendant plusieurs mois, plusieurs années après l'accident, les sujets éprouvent de la céphalalgie, des vertiges, leur intelligence s'affaiblit; ils ont des moments d'absence et sentent eux-mêmes quelque chose d'anormal, puis un jour la folie éclate sans qu'on puisse lui assigner une cause occasionnelle bien manifeste. Dans la plupart des cas de ce genre, l'aliénation mentale revêtait une forme mal définie et offrait des alternatives irrégulières de stupeur, d'agitation et de lucidité imparfaite, sans idées délirantes systématisées, jamais la guérison n'a été complète; plusieurs de ces malades sont arrivés progressivement à la démence.
)) J'ai vu deux cas de paralysie générale dans lesquels les premiers symptômes remontaient à un violent coup porté sur la tête, la maladie suivit son cours sans offrir aucune notable particularité ni dans sa marche, ni dans ses symptômes. »
Baillarger (2) a cité l'observation suivante :
La femme M..., âgée de quaranle-cinq ans, devint aliénée à la suite d'une chute faite sur la glace et ayant porté sur la tête.
Dès le lendemain, on a observé une loquacité inaccoutumée qui a toujours été en augmentant, jusqu'à aboutir à un délire complet accompagné d'insomnie; la chute est la seule cause que le mari assigne à la maladie.
La maladie a évolué en vingt-huit jours, il n'est donc pas étonnant que l'autopsie n'ait pas révélé de lésions profondes et anciennes; niais ce cas appartient néanmoins, de la façon la plus incontestable à notre avis, à la folie paralytique.
Galmeil (3) relate l'observation très-intéressante d'un homme
(1) Marcé, Traité des maladies mentales, p. 128.
(2) Baillarger, Appendice au Traité de Griesingcr, p. 714-.
(3) Calmeil, Traité de lu paralysie chez- les nliériés, p. 2.S0. iValadies inflammatoires de l'encéphale, 119' obs.
328 ÉTIOLOGIE.
qui, ayant reçu dans son enfance un coup violent sur le pariétal gauche, avec perle de substance de l'os, eut dans son adolescence des attaques d'épilepsie, et à l'âge de cinquante-deux ans tous les symptômes de la paralysie générale des aliénés; l'autopsie vint d'ailleurs confirmer le diagnostic. Or Galmeil, à ce propos, fait les réflexions suivantes :
« Le professeur Lallemand, dont les ti'avaux ont répandu un si grand éclat sur la pathologie du système nerveux, pense avec raison que la cicatrice qui existait depuis l'enfance dans le cerveau du malade dont on vient de lire l'observation, ne dut pas rester étrangère à la manifestation des attaques d'épilepsie que ce charpentier éprouva à une époque plus avancée de sa vie ; mais on peut supposer avec non moins de fondement que cette môme cicatrice ne resta pas étrangère non plus au développement de l'inflammation cérébrale diffuse, dont il commença à présenter les premiers signes vers l'âge de cinquante-deux ans, car, si son influence irritative ne s'est d'abord fait sentir sur les régions circonvoisines de la substance grise qu'à de rares intervalles, elle a cependant pu, à la longue, s'exercer dans un rayon plus étendu, et contribuer finalement à fixer d'une manière définitive l'activité maladive à la périphérie du cerveau. »
Lasègue a également cité un cas de ce genre.
Voici enfin une observation qui m'est personnelle :
Observation XXXIII. — J'ai dans mon service de la Salpêtrière une nommée D..., âgée de quarante-six ans, qui est atteinte de paralysie générale depuis un accident de voiture survenu il y a huit mois. Elle est tombée sur le front, est restée sans connaissance pendant quarante-huit heures, et fut conduite à Saint-Louis, où l'on a reconnu une fracture du crâne. Depuis l'accident il est survenu un strabisme convergent. La paralysie générale a la forme dite démence paralytique.
Insolation. — L'insolation est parfois la cause déterminante. Ainsi chez la malade dont parle Baillarger, « cette jeune femme était dans un état de santé parfaite, elle n'était en proie à aucun chagrin, lorsque, par une journée des plus chaudes, elle voulut assister à une revue. Dès le lendemain elle eut un violent mal de tête et le délire éclata bientôt. Il revêtit le caractère ambitieux, et, bien que la malade ait guéri, nous ne mettons