‹ Traité de la peintureChapitre 102 sur 298 · CHAPITRE C · texte numérisé non relu

CHAPITRE C

Comment on peut rendre les couleurs m'es et belles.

Il faut toujours préparer un fond très-blanc aux couleiu-s que vous voulez faire paraître belles, pourvu qu'elles soient transparentes; car, aux autres qui ne le sont pas , un champ clair ne sert de rien ; comme l'expérience le montre dans les verres colorés , dont les couleurs paraissent extrêmement belles, lorsqu'elles se trouvent entre l'œil et la lumière, et qui n'ont nulle beauté , lorsqu'elles ont derrière elles un fiir épais et obscur , ou un corps opaque.

Il paraît assez vraisemblable que l'auteur veut nous faire entendre par cette comparaison , que les couleurs glacées sont plus transparentes que celles qui sont employées en pleine pâte.

Plus les couleurs sont emploj'ées avec légèreté et

franchise , plus elles conservent leur éclat , elles en

conservent encore davantage lorsqu'elles ne sont trou-

'^■Wécs par aucun mélange , telles que celles qui sont

employées toutes pures par le procédé du glacis.

Au contraire, les couleurs employées en pleine pâte et sans soin, prennent un ton mat et affamé : elles changent et noircissent.

La i)réparalion solide, soutenue et soignée , terminée avec des couleurs menues et déliées, doit donner dos

io4 TRAITE

tons diaphanes , onctueux et inimitables. Quelques grand*" mditrcs dont la f^loirc <le leurs travaux consiste duns la beaulc du coloris, semblent uvoir procédé de cette manière.

Page 1