CHAPITRE XGVIIL
QiiiJ faut ;, dnnsi les histoires, cçiter 7a ressern-^ hlnm tête.
hinnce des çisages , et diversifier les curs de
C'est un défaut orlinaire aux Peintres italiens, de mettre dans leurs tableaux des fisiures entières d'empereurs , imitées de plusieurs statues antiques , ou du mohis de donner à leurs
DE LA PEINTURE. lot
figures les airs de tête qu'on remarque dans les antiques. Pour éviter ce défaut, ne répétez jamais mie même cliosc , et ne donnez point le même air de tète à deux lij^ures dans un tableau , et en général , plus vous aurez soin de varier votre dessin , en [)laçant ce qui est laitl aupr.'s de ce qui est beau , un vieillard auprès d'un jeune homme, un liomme fort et robuste auprès d'un autre qui est faible, plus votre tableau sera agi'éable. Mais il arrive souvent qu'un Peintre qui aura dessiné quelque cliose en fait servir jusqu'au moindre trait; en quoi il se trompe, car la plupart du temps les membres de l'animal qu'il a dessiné font des luom^emens peu conformes au sujet et à l'action qu'il représente daiis un tableau : ainsi, après avoir contourné quelque ])artie avec beaucoup de justesse , et l'avoir finie avec plaisir , il a 1^ chagrin de se voir contraint de l'effacer pour en mettre une autre à la place.
CÎLVPITRE XCIX.
Comment il faut assortir les couleurs pour qu'elles se donnent de la grâce les unes aux autres.
Si vous voulez que le voisinage d'une couleur donne de la gnlco à um^ nuire (Mouleur, imitez
ia nahire , et faites avec le pinceau ce que les rayons du soleil font sur une nuée lorsqu'ils y forinent l'arc-en-ciel; les couleurs s'unissent ensemble tloucement , et ne sont point tranchées il' une manière dure et sèche ; c'est de cette sorte fiu'îl faut unir .et assortir les couleurs dans uu iahleau,
Ptenez garde aussi aux choses suivantes qui regardent les couleurs : i .° Si vous voulez représenter une grande obscurité , opposez-lui ini grand blanc , de mémo que pour rr lever le blanc et lui donner plus déclat, il faut lui opposer une granile obscurité. 2." I^e x-ouge aura une couleur plus vive auprès du jaune pale qiî'^uprès du violet. 3.'' Il faut bien dislinçruer entre les couleiu's celles qui rendent les aulres plus vives et plus éclatantes , de celles qui leur donnent seulement de la grâce, comme leveit en donne au rouge , tandis qu'il (m ùle au bleu. 4«° H y ^ des couleurs qu'on peut li>rt bien assprlir , parce que leur union les rend plus a.réables ; comme le jaune pâle, ou le blanc et l'azur, et d'j^rcs encore dont nous parlerons iiilleurs.
Il y a des couleurs qui s'allient si difficilement et qui tranchent lellLmcnl les unes à cùlé des autres , que if voisinage en est insupportable à l'œil j c'est ce qu'on appelle, eu Pei'iLure, les couleurs amies et les couleurs etun^rniciic
DE LA PEINTURE. loS