CHAPITRE CIÎ
De la variété qui se remarque dans les couleurs^ selon qa elles sont plus éloignées ou plus pro-* ches.
Des clioses dont la couleur est plus obscure que l'iiir, celle qui sera plus éloignée paraîtra, moins obscure; et, au contraire, de celles q.H ' sont plu ; claires que l'air, celle qiii sera plus éîoiguv'e paraîtra mo iis claire et moins blanche; et, en <:,énéral, toutes les choses qui sont ou pUis claires ou pUis obscures qiie lair, étaiit vues daus un grand éloignement, changent,' pour
DE LA PEINTURE. io5
niîisi (lire, la naliirc et la qualité de leur couleur ; de sorte que ia plus claire parait })lus obscure , et la plus obscure devient plus claire par éloigaernent,
CHAPHTiE CIÎI.
A quelle distance de la vue les couleurs des choses se perdent entièrement.
Les couleurs des choses se perdent entièrenient dans une distance plus ou moins grande, selon que l'œil et l'objet sont plus ou moins élevés de terre : voici la preuve tle cette propo- Si lion. L'air est plus ou moins épais , selon qu'il est plus proche ou plus éloigné de la terre : il s'en suit de là que si l'œil tt Tobjet sont près de la terre , l'épaisseur et la grossièrelé de l'air qui est entre l'œ^l et l'objet, sera très-grande , et elle obscurcira beaucoup la couleur de l'objet ; mais M l'a'il et l'objet sont fort ékîignés de la terre , 1 air rjui est entre deux ne changera presque rien à Ivjîouleur de l'objet : enfin la variété et la dégradation des couleurs d'un objet, dépend îion-seulement de la lumière cjui n'est pas toujours la même aux dilïércnlcs heures du jour , mais aussi de la grossièreté et de la subtilité de l'air, au travers duquel les couleurs des objets .sont portées à l'œil.
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