‹ Traité de la peintureChapitre 107 sur 298 · CHAPITRE CIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CIX

Si les couleurs différentes peuvent perdre cgaJe^ ment leurs teintes^ quand elles sont dtins V obscurité ou dans Vuinhre.

Il n'est pas impossible que les couleurs , telles qu'elles soient, perdent également leurs teintes diiférenles quaml elles sont dans l'ombre, et qu'elles aient toutes usie couleiu* obscure ti'ombre ; c'est ce qui arrive dans les ténèbres d'une nuit fort obscure , dtu'aiit laquelle on ne petit distingîier ni la figure , ni la couleur de quelque corps ([tic ce soit ; et parce que les ténèbres ne sont rien qu'une simple privation de la liaiiière incidente et réHécbie , par le moyen de laquelle on distingue la figure et la couleur des corps , il faut nécessairement que la cause de la lumièrû

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étant otce, reffet aussi vienne à cesser, qui est le discernement de la couleur et de la li*>^ure des corps,

CîJAPITFiE ex.

Pourquoi on ne peut distinguer la couleur et la Jigure des corps gui sont dans un lieu quC paraît n'être point éclairé , quoiqu'il le soit.

Il y a plusieurs endroits éclairés qui paraissent cependant remplis de ténèbres , et où les choses qui s'y rencontrent demeurent privées entièrement et de couleur et de forme : la cause de cet effet se doit rapporter à la lumière de l'air venant d'un grand jour, laquelle fait comme un obstacle entre l'œil et son sujet ; ce qui se remarque sensiblement aux fenêtres qui sont loin de l'œil, au dedans desquelles on ne peut rien discerner qu'une gi'ande obscurité égale et uniforme ; mais si vous entrez dans ces lieux , vous les verrez fort éclairés , et vous pourrez distiîîguer jusques aux moindres choses qu'ils conîiennent. Ces deux impressions si différentes se font ])ar la disposition naturelle de l'œil ^ dont la faiblesse ne pouvant supporter le trop grand éclat de la lumière de l'air, la prunelle se resserre , devient fort ]>etite, et par là jierd i)eaucoup de sa force ; mais au contraire , dans

DE LA PEINTURE. iiS

les lieux sônibrcs la inotne prunelle s élargit et acquiert de la force à proportion de son étendue : ce qui ùC\t qu'elle reçoit beaucoup de Inniière, et qu'on peut voir des objets qu'on ni? pouvait distinguer au[>aravaut lorsqu'elle était resserrée.

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