CHAPITRE CXXÎII
'Quelle est la superficie la plus propre à receçoiv les couleurs.
Le blanc est jilus propre à recevoir quelques couleur que ce soit, qu'aucune î'.uîre superficie de tous les corps qui ne sont point transparens; pour prouver ceci, on dit que tout corps vide €st capaljle de recevoir ce qu'un autre corps qui n'est point vide ne peut recevoir ; et pour cela, nous supposerons que le bbnc est vide, ou si vous voulez, n'a aucune couleur; teilernent qu'étant éclairé de la lumière tl'un corps qui ait quelque couleur que ce soil, il participe davanlai^e à cette lumière, que ne l'eiait !(,' noir, qui ressemble à un vaisseau brisé, le([uel n'est plus en» état de contenir aucune chose.
Lr, hianc ne reçoit point les couleurs, c'est au contraire les couleurs qui le reçoivent. Pour en douiier l;i
preuve, nous disons que les couleurs simples , mafé* rielles sont toujours un peu foncées, la uioiiiclre petite particule de blanc les éclaire et les favorise i cela vient de ce que le blanc est la réunion de toutes les ana* logies, le véhicule des matières colorantes, et non parce qu'il est vide.
he noir, au contraire, reçoit toutes les couleurs et n'en favorise aucune, par la raison que le noir dans les couleurs matérielles étant toujours le résultat charbonneux des matières brûlées , est une naluie morte qui ne renferme plus aucun principe de régénération , et l'image du vide. Le noir ne perd son obscurité que lorsqu'il reçoit abondamment les couleurs simples. La moindre particule de blanc détruit déjà en lui l'Idée de la négation absolue de lumière, car il prend dans ce mélange une teinte bleuâtre.
Je n'entreprends point pour le moment , de rendre raison tle la différence des noirs, car ceux qu'on obtient des végétaux prennent une teinte azurée , mélangée avec le blanc , et la plupart des noirs qu'on obtient du règne animal , prennent une teinte rousse. Mais comme on fait singulièrement usage du noir des végétau.v en peiutuje , je fais cette observation pour ne point coinmcltre d'erreurs dans la conséquence que je tire du ton bleuâtre que prend le blanc lorsqu'on le mélange avec un peu de noir.
Dans l'immensité , la lumière n'occupe que des espaces; les rayons <|ui jaillissent des coi ps éclairans ont un terme , au delà de leur expansion sont les ténèbres. Le ton azm'é que nous voyons alors dans l'air et le firmament, n'est (jue l'effet de la profonde obscurité qui repousse le noir à travers la lumière blanche et
transparente
transparente dont l'air est éclairé. On pourrait conclure de là que do toutes ie.s couleurs qu'on obtient par la réfrarLicm d'un j>ri.snie , le rouge est la seule couleur primilivc , le bleu un mélange de lumière et d'obscurité , et le jaune une émanation du rouge et du blanc , et le concours de plusieurs points de réfraction qu'occasionne la vitesse du mouvement,