CHAPITRE
Bu mcîange des couleurs Vune avec Vautre,
Bien que le mélange des couleurs Tune avec l'autre soit d'une étendue j)resque infinie, je ne laisserai pas pour cela den touclier ici légèrement quelque chose. Etablissant premièrennent un certain nombre de couleurs simples pour servir de fondement, et avec chacune d'elles, mêlant chacune des autres une à une , puis deux à deux , et trois à trois , poursuivant ainsi jusqu'au mélange entier de toules les couleurs ensem.ble ; puis je recommencerai à reméler ces couleurs deux avec deux , et trois avec trois, et puis quatre à quatre, continuant ainsi jusqu'à la fin ; sur ces deux couleurs on en mettra trois, et à ces trois on y en ajoutera trois , et puis six , allant toujours augmentant avec la même proportion : or, j'appelle couleurs simples ^ celles qui ne sont point composées , et ne peuvent être faites ni suppléées par Jucun mélange des autres couleurs. Le noir et le blanc ne sont point comptés entre les couleurs, l'un représentant lis ténèbres , et l'autre le jour ; c'est-à-dire , \\\\\ étant une simple ])rivation de lumière, et i'auîre la lumière même, ou primitive ou dérivée. Je ne laisserai pas cependant d'en parler > parce que dans la Peinture il n'y a
DE LA PEîNTUni^. i25
rien de p]u .^ iiécesssairc oc qui soil ]>îiis rrn.sage , toute la reinture n'étaut qu'un efi'efc et nue composilivin des ombres et des lumières, c'està-dire de clair et d'obscur. Après le noir et le blanc vieut l'azur, puis le vert ou le tanné , ou l'ocre de ten'e d'ouibre, a})rès le pourpre ou le rouge, qui foiit eu tout huit coideiUN : comme il n'y en a jias davantage dans la nature, je vais parler de leur mélange. Soient premièrement mêlés ensemble le noir (^t le blanc , puis le noir et le jauue , et le noir et le rouge , ensuite le jaune et le noir, et le jaiuie et le rouge; mais parce qu'ici le papier me manque , je parlerai iort au \im(ji de ce mélanw dans un ouvra/e particulier, cpji sera très-utile aux PrHutres. Je placerai ce traité entre la pratique et la théorie.
S'il était possil>lo de mesurer les couleurs malériclles selon leur juste pi upoi tioii, et connaîlre de quoi degré de lumière ou d'ombi-e elles sont susrcpiil)les proporlionnoUeriient à leur quantité, on pouriait établir des principes pour le mélange des coulcuis : fin produirait alors, d'après ces règles, la couleur exacte que l'on souhaiterait en Pointuie j mais leur point de perlection, chacune dans leur espèce, étant inconnu, ce n'est toujoui's (|u'en talonnant qiie le plus grand pralicieii obtient la parité des teintes.
Selon les j)rincipes de la loi naturelle du prisme, on produirait les mélanges avec les couleurs maté-
riclles ; mais les résultats seraient fort éloignes de ceux qu'on doit en alleiidre.
Les couleurs matérielles sont simples ou composées. On appelle couleurs simples celles qui ne peuiwnt être faites ni suppléées par aucun mélange des autres couleurs, La nature n'en donne que cinq, le jaune, le rouge, le vert, le Mcu et même le brunj le hlanc et le noir ne sont point des couleurs simples, puisque le blanc sert à la composition des couleurs , et le noir sert à les obscurcir.
Les couleurs composées ou rompues ne sont que des teintes qui dérivent des couleurs simples ; elles tiennent le milieu entre la couleur simple et le blanc j ainsi la couleur la plus rompue est celle qui s'approche le plus du blanc , et celle qui s'en éloigne s'approche de la couleur simple.
Dans les couleurs matérielles il est phjsiquemert impossible de déterminer un blanc absolu et un noir ali.solu ; ainsi,, en Peinture, le noir et le blanc sont suscci)liblcs d'ombres et de lumières. ( Le chapitre CXI a Cbt plus instructif sur le mélange des couleurs. )
CÎIAPITKE CXXIL
De la surface des corps qui ne sont pas lumineux,
La superficie de loiit corps opaque participe à la couleur du oorj)s qui Tédaire : cela se flémoutre évidemmeui par l'exemple des corps qui ne sont pas lumineux , en ce . que pas un
no laisse voir sa li<;iire , ni sa couleur, si le inilieu (]ui se trouve entre le corps el la lumière n'est éclairé : nous dirons donc que le corps -opaque éla'nt jaune , et celui d'oii vient la lumière étant bleu, il arrivera que la couleur du corps éckiiré sera vTrte, parce que le vert est composé de jaune et de bleu.