‹ Traité de la peintureChapitre 127 sur 298 · CHAPITRE GXLIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE GXLIII

Des couleurs des choses qui sont éloignées de VœiL

Plus Tair a de corps et d'étendue , plus il imprime vivement sa teinle sur l'objet qu'il sépare de l'œil ; de sorte qu'il ilonne plus de force à la couleur d'un objet , s'il est éloigné de deux mille pas , que s'il ne l'était que de mille seulement. Quelqu'un dira peut-être que dans les paysages les arbres de même espèce j)araissent plus sombres de loin que de près ; mais cela n'est pas vrai lorsque les adores sont égaux: et espacés à même intervalle ; et au conlniire cela est vTai , si les premiers arbres sont tellement écartés, que de })rès on voie au tra^(?rs la clarté , et que les plus éloignés soient plus près à jH-ès, comme il arrive ordinairement sur le rivage et près des eaux, parce qu'alors on ne voit aucun es|iace ni la verdure des prairies; inais on voit les arbres tous ensemble entassés , se, faisant ombre l'un à l'autre : il arrive encore iuix arbres que la partie qui demeure ombrée est toujours beaucoup ])lus grande que celle qui e^t éclairée, et Its apparences de l'ombre se font bien voir de plus loin, joint que la

DE ^.A PEINTURE. i43

couleur obscure 'qui domine par la quanlilé, conserve nûeuxVsbii.esp ce cl son image que l'autre partie qui est moins obscure ; ainsi , l'objet fait une plus forte impression sur l'œil par les endroits qui ont une couleur plus lorte et ]iUis foncée , que par ceux, qui ont une couleur plus

claii'e.

Page 1