‹ Traité de la peintureChapitre 128 sur 298 · CHAPITRE GXLIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE GXLIV

Des degrés de teintes dans la Peinture,

Ce qui est beau n'est pas toujours bon ; je dis cela pour certains Peintres, qui donnent tant à la beau lé des couleui's , qu'ils n'y mettent presque point d'ombres , et celles qu'ils mettent sont toujours très-légtres et presque insensibles; ces Peintres, au mépris de noire art, ne font point de cas du relief que les ombres forles donnent aux figures. Ils sont en cela semblables à ces Ijeaux parleurs , qui ne disent rien qui soit à propos.

CIIAPITPiE CXLV.

Des rJianoemens qui arrivent aux couleurs de Veau de la mer , selon les diçers aspects doit elle est vue.

La mer, quand elle est un peu agitée , n'a point de couleur universelle qui soit la même

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partout : car de dessus la terre elle nous paraît obscure , et vers l'iior zoii on y voit quelques vagues Ijlanches d'écume et luisantes qui se remuent lentement , comme des moutons dans un troupeau; ceux qui étant en haute mer la considèrent, ils la voient bléualre : or, ce qui fait que de terre elle semble obscure , c'est parce qu'elle a l'effet d'un miroir dans lequel l'obscurité de la terre est représentée ; et eu haute mer l'eau paraît bleue, parce que nous y voyons l'air qui est de cette couleur, représenté comme dans un miroir.

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