CHAPITRE CLXXXVn
Du m,ouçement des parties du visage.
Les mouvemens des parties du visage, causés par des agitations subites de l'esprit, sonteri grand nombre ; les principaux sont , de rire , de pleurer , de crier, de chanter sur les différens tons que la voix peut prendre , de faire paraître de l'étonnement, de la colère , de la joie, de la tristesse, de la peur, du chagrin, de la douleur , et d'autres semblables mouvemens dont nous parlerons. Premièrement, les mouvemens qu'on fait quand on rit et quand on plerae.
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vsont fort seinblables dans les caractères qu'ils impriment sur la bouche , sur les joues, et aux pan{)ières des yeux; mais ils aillèrent seulement dans les sourcils , et à l'intervalle qui les sépare ^ dont nous traiterons plus amplement en son lieu, lorsque nous parlerons des nouvemens qui arrivant au visage , aux mains , et aux autres membres , dans It s accidens qui surprennent tout d'un coup : la coiniaissance de ces înouvemens est fort nécessaire à un Peintre , et sans elle il ne représenterai L que des ligures doujjîement mortes ; mais il faut encore qu'il prenne garde que leurs actions et leurs mouvemens ne soient pas si exiraordinairement et si bizarrement animés , que daiis un sujet tranquille il semble peindre quelque bataille , ou l^ien une bacchanale; et surtout que ceux qu'il introduira présens au sujet qu'il traite soient attentifs à ^e qui se passe , avec des actions et des contenances d'admiration , de respect, de douleur, de compassion , tle défiance , de crainte ou de joie, selon qu'il est à pro[)os et convenable au sujet qui a formé rasseml>lée ou le concours de ces figures , et qu'il fasse en sorte que ses histoires ne soient point l'une sur l'autre sur une même muraille , avec divers points de vue , comme tti c'était la boulique d'un marchand (jui étale ses marchandises.
DE LA PEINTURE. i83