‹ Traité de la peintureChapitre 225 sur 298 · CHAPITRE CCLXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXXIV

Comme?! t un Peinti^e doit examiner lui-même son propre ouçrage , et en porter son juge^ ment.

Il est certain qu'on remarque mieux les fautes d'aulrui que ks siennes proj)res; c'est pourquoi un peinlre doit conuuencer par se rendre habile dans la perspective , puis acquérir une connaissance parfaite des mesures du corps Ijutnain : il doit être encore bon architecte , pour le moins en ce qui concerne la régularité extérieure d'un édifice et de toutes ses parties. Pour ce qui est des clio'ses dont il n'a pas la pratique , il ne faut point qu'il néglige d'aller voir et dessiner d'après le naturel , et qu'il ait v^oin , en travaillant , d'avoir toujours auprès de lui un miroir plat, et de considérer souvent soij

ouvrage clans ce miroir, qui le lui représentera tout à rebours , comme s'il était de la main d'un autre maître ; par ce mo}'en , il pourra bien mieux remarquer ses fautes : encore il sera fort utile de quitter souvent son travail , et de s'aller divertir un peu , parce qu'au retour il aura Tesprit plus libre; au contraire, une application trop grande et trop assidue , ajipesanlit l'esprit , et lui fait faire de grosses fautes.

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