CHAPITRE CCCXLIII
Quel jour donne plus de grâce aux Jigures,
Les figures auront plus de grâce étant mises dans la lumière universelle de la campagne , que daus une lumière particul ère ; parce que cette grande lumière étant forte et étendue , elle environne et embrasse le relief des corps , et les ouvr(!ges qui ont éîé faits en ces lumières, paraissent de loin et avec grâce ; au lieu que l'on peint à des jours de chambre où la lumière est ])( li te et resserrée , pieiment des ombres Irèslorîes ; et les ouvrages faits avec des omJ>res de cette espèce ne paraissent jamais de loin , que comme une sim[)le teinte et une peinture plate.
CHAPITPvE CCCXLIV.
Que dans les paysages il faut a;yoir égard aux différens climats et aux qualités des lieux que ion représente.
Vous prendrez garde de ne pas représenter dans les lieux maritimes et dans ceux qui sont vers les parties méridionales , les arbres ou les prairies pendant IhJver; couime dans ks pays fort éloij^jiés ile la mer , et dans les pa} s septentrionaux; si ce n'était de ces sortes d cirhres qui conservent leur verdure toute Tannée , et qui jettent conlinuellement Je nouveUes feuilles.
CIIAPIIRE CGGXLV.
Ce quil faut ohserver dans la représentation des quatre saisons de l'année , selon qu'elles sont plus ou moins aocnicées.
Dans un automne vous ferez les choses conformément à la qualité du temps; cest-à-dire , qu'au commencement de cette saison les feuil'es des arbres qui sont aux plus vieilles branches commencent à devenir ])àles , plus ou moins , selon la stérilité ou la fertilité du lieu ; et ne faites pas comme plusieui's Peintres qui don-
lient toujours une même teinte et la même qualité tîe vert à toutes sortes d'arbres , lorsrjij'iis sont h 'a même distance. Ce que je dis doit aussi s'entendre du coloris des prairies , des rochers , des troncs d'arbres , et de toutes sortes de plantes, oii il faut toujours apporter de la variété ; car la nature diversifie ses ouvrages à l'infuii.