‹ Traité de la peintureChapitre 281 sur 298 · CHAPITRE CCCXLI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCCXLI

Pourquoi les choses iinilces parfaitement d'après Je naturel , ne paraissent pas a\Poir le même relief que le naturel,.

Il n'est pas possible que la Peinture , quoiqu 'exécutée avec une très-exacte perfection et une juste précision de contours , d'ombres , de lumières et de couleurs , puisse fa re paraître îiulant de relief que le naturel, à moins qu'elle ne soit vue avec un seul a il : Cila se démontre ainsi ( pi. 4o , jii^, i. ). Soient les }eux A B, lesquels voient l'objet C par le concours des lignes centrales ou rayons visuels A C et B C. Je dii que les lignes ou co es de l'angle visuel qui comprennent les centrales , voie nt encore au delà , et dirri're le même olijet l'espace G D et l'œil A voit tout l'espace F I) , et l'œil B voit tout l'espace G E ; donc les deux yeux voient

cliaj). ceexLi.

Pa. J5-.

DE LA PEINTURE. Br/

derrière l'objet C tout l'espace F E , do sorte que par ce moyen cet objet C est comme s'il était transparent, selon la défiiiition lic la transparence , derrière laquelle rien n'est caché : ce qui ne peut pas arriver à celui qui verra ce même objet avTc un seul œil , {fig» 2. , })l, 4o ) l'objet étant d'une plus grande étendue que l'œl. De tout ceci nous pouvons conclure et résoudre notre question ; savoir , qu'une chose peinte couvre tout l'espace qui est derrière elle , et qu'il n'y a nul moyen tie découvrir aucune partie du champ que la surface comprise dans son contour cache derrière elle.

CHAPITIiE CCCXLIÎ.

De la manière de faire paraître les choses comme en saillie , et détachées de leur champ y c est-à-dire , du lieu ou elles sont peintes.

Les choses peintes sur un fond clair et plein de lumière , auront un plus grand relief que si elles étaient peintes sur un ciiamp obscur : c'est pourquoi, si vous voulez <}u«.' votre fij^ure ait beaucoup de force et de romkur , faites enscrte que la partie la jdus éloignée du jour en reçoive quelque reilet , parce que si elle eiait obscure

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en celte partie , et quelle vînt à se rencontrer encore dans un champ obscur , les termes de ses contours seraient confus ; de sorte que sans 1 aide de quelques reflets tout l'ouvrage demeure sans grâce : car de loin on ne discerne que les parties qui sont éclairées , el les parties obscures semblent élre du champ même ; et ainsi les choses paraissent coupées et mutilées de tout ce qui se perd dans l'obscurité , et elles n ont pas tant de rel.ef.

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