‹ Traité de la peintureChapitre 41 sur 298 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Quun Peintre ne doit pas tellement se fier aux idées qu'il s'est formées des choses , qu'il néglige de çoir le naturel.

C'est une présomplion ridiculo , de croire qu'on petit se ressouvenir tle lotit ce qu'on a

vu dans la nature ; la mémoire n'a ni assez de force , ni assez d'étendue pour cela ; ainsi le plus sur est de travailler, autant que l'on peut, d'après le naturel.

On doit toujours avoir dans sa poche un crayon et un petit livret, comme le recommande notre auteur, chapitre xc , afin de tracer , d'après nature , les objets qui plaisent et dont on aurait besoin. Les 'productions de ceux qui observent la nature en la traçant sans cesse , portent un air de vérité que n'ont jamais celles des artistes qui confient tout à la mémoire. J'y ajouterai même, que par le moyen de numéros correspondans du dessin à la marge , on pourrait faire des notes indicatives du lieu , des proportions et même de la couleur des objets. Cette précaution , en en contractant l'habitude, ne multiplierait pas beaucoup le travail qu'on donne ordinairement aux esquisses de tablettes , mais elle deviendrait avec le temps encore plus précieuse pour l'artiste.

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