‹ Traité de la peintureChapitre 70 sur 298 · CHAPITRE LIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LIV

Qu il faut êçiter dépeindre diçers tableaux d'histoire l'une sur l'autre dans une même façade.

Ce que je blâme ici est un abus universel et une faute r[ue tous les Peintres font quand ils peignent les façades de chapelles : car, après av oir peint sur un plan une histoire , avec son paysage et des bàtimens , ils en peignent plusieurs autres au-dessus et à coté de la première, sur autant de plans différens, en changeant chaque fois de point j)erspectif ; de sorte que la même façade se trouve peinte avec plusieurs poinls de vue différens, ce qui est une grande bévue pour des Peintres , d'ailleurs habiles , puisque le point de vue d'un taljleau représente l'œil de celui qui le regarde. Et si vous me demandez comment on pouiTa donc peindre sur inie même façade la vie d'un saint , divisée en plusieurs sujets d'histoire, à cela je vous réponds qu'il faut p.înrer votre premier plan avec son point perspectif à une hauteiir de vue convenable à ceux qui verront votre tableau; et sur ce premier plan représenter votre principale histoire en grand , et puis aller diminuant les figures et les batimens de la suite de votre sujet j selon

les diverses silualions des lieux. Et dans le reste de la façade, vers le haut , vous y pourrez faire du pa} St'iîTc avec des arbres d une grandeur })roporlioiHielle aux ligures , ou des anges , si le sujet de l'histoire le deimuide , ou bien des oiseaux, ou simplement un ciel avec des nuages, el semblables choses ; autrement , n'entreprenez point (.le peint ire ces sortes de taijleanx , car tout votre ouvrage serait faux , et contre les règles de l'optique.

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