CHAPITRE LXiy
Comment on doit peindre les femmes»
Il faut que les femmes fassent pai'aître dans leur air beaucoup de retenue et de modestie ; qu'elles aient les genoux serrés , les bras croisés ou approchés du corps et plies sans contrainte sur Testomac , la tète doucement inclinée et ua peu penchée sur le côîé.
tHAPIlRE LXV.
Comm.ent on doit repi'ésenter une nuit.
Une chose qui est entièrement priv ée de lu-r mière n'est rien que ténèbres. Or, la nuit étant
de
lie cello iialure , si vous y voulez représenler une liistoire, il tant faire eiisorle qu'il s'y rejicoulre quelque grand feu qui éclaire les objets à peu pFv'S i\e la mauière que je vais dire. Les choses qui se trouveront plus près du feu tiendront davanlage de sa couleur, parce que jilus Une chose est près d'un objet, plus elle reçoit de sa lumière et participe à sa couleur, et comme le feu répand une couleur rouge , il faudra que toutes les choses qui en seront éclairées aient luie teinte i-ougeàtre , et qu'à mesure qu'elles Pn seront plus éloignées, celle couleur rouge is'affaiblisse en tirant sur le noir , ([ui fait la nuit. Pour ce qui est des ligures, voici ce que vous y observerez. Celles qui sont entre vous et le feu semblent n'en élre [)oint éclairées ; car du colé que vous les voyez, elles n'ont que la teinte obscure de la nuit, sans recevoir aucune clarté du feu , et celles qui sont aux: deUx côlés doivent être tlune teinte demi-rouge et demi-noire; mais les autres qu'on pourra voir au delà de la flamme, seront toutes éclairées d'Une lumiù'e roiigealre sur un fond noir. Quant aux actions et à l'expression des mouvemens , il faut que les figures qui sont plus proches du feu portent les mains "-ur le visage, et se couvi'ent aveci leurs mardeaux , poiu' se garantir du trop grand éclat du feu et de sa clialeur, et tournent
€b TRAITÉ
le visage de l'aiTtre côté, comme quand on veut fuir ou s'éloigner de quelque lieu : v^ous ferez aussi paraître éblouis dé la flamme , la plujxirt de ceux qui sont éloignés , et ils se couvriront les yeux tie leurs mains , pour parer de la trop grande lumière,