‹ Traité de la physiognomie humaineChapitre 1 sur 92 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

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Les hommes accusent Dieu de les laisser dans les ténèbres, et lui reprochent son silence. Ils ont grand tort, Dieu a beaucoup parlé et beaucoup écrit. Mais les hommes sont sourds et aveugles ; ils n'entendent pas et ne voient pas, et, ce qui est pire, ils ne veulent ni entendre ni voir.

La création est un livre où Dieu a écrit ses pensées; un livre qui donnerait à l’homme une science prodigieuse, si l’homme savait le lire.

Mais, hélas ! qui songe à cela? L’homme parcourt toute la terre; il rencontre une multitude incalculable de formes, de nombres et de couleurs, et il ne soupçonne pas que dans chaque forme, chaque nombre et chaque couleur, est cachée une vérité, une pensée de Dieu dont ce qu’il voit est le signe; car chaque forme a un sens intellectuel, elle est l’expression d’une idée.

Lorsqu’un enfant pénètre dans la bibliothèque de son père, il dérange et ouvre beaucoup de livres, mais il n en lit aucun; il ne s'arrête qu’à regarder les images qu il rencontre; mais ces images no sont pour lui que de pures lormes, il n’en comprend nullement le sens. Si cette image représente la boite de Pandore, il n’y voit

qu’une femme ouvrant un coffre; il ne soupçonne pas la destinée du monde qui se décide, la chute terrible de l’humanité, l’introduction du mal sur la terre et l’espérance qui demeure et qui laisse entrevoir la réconciliation future entre Dieu et les hommes.

Ainsi faisons-nous, la plupart du temps, pour le sublime livre de la nature, nous ne voyons rien autre que les images, c’est-à-dire les formes, les nombres et les couleurs, mais les pensées nous échappent.

Cet ouvrage, — fruit de quarante années d'étude et de pratique, résultat d’observations patientes et de méditations continuelles, — n’a d'autre but que d’apprendre à connaître cinq lettres de l’alphabet du grand livre de la Création.

Le cercle, l'ellipse, le carré, le triangle et le cône ne sont pas de pures formes géométriques. Il y a, avant tout, un cercle et une ellipse moraux, un carré et un triangle intellectuels, dont les formes matérielles ne sont que le signe; et nous allons voir combien ces diverses formes, appliquées à la figure humaine, renferment de conclusions inattendues.

Cet ouvrage n’est qu’un commencement, relativement à la science de la physionomie. Plus tard, je développerai des considérations plus hautes et plus fécondes en résultats; ét j’espère faire comprendre que l’étude de la physionomie peut devenir, entre les mains de Phomme, une science merveilleuse dont on n’a pas encore soupçonné l’étendue, et dont l’emploi est d'une grande utilité pour la conduite de la vie.

La physionomie aide puissamment l’homme, en lui

indiquant avec certitude les tendances de sa nature individuelle; elle lui procure les moyens de s’étudier luimême, et, par la connaissance approfondie de son être moral, elle le met en garde contre ses propres faiblesses et lui fait éviter les erreurs et les fautes particulières à ses inclinations personnelles. Appliquée aux autres, elle lui fait discerner l'homme vertueux du vicieux, l’ami sincère du perfide qui emprunte le masque de l'amitié pour mieux nuire et tromper ; elle lui dévoile le fripon qui cache son jeu sous les apparences d'une fausse probité, l'hypocrite qui dissimule la noirceur de son âme et ses vices sous le manteau vénérable de la religion.

L’étude de cette science est indispensable à tous, mais surtout au prêtre, au magistrat et au médecin. Elle fournit à ce dernier des renseignements certains pour établir son diagnostic, car les maladies impriment au visage une expression particulière et révélatrice de la cause morbide agissante, qui empêche de confondre les affections de lame avec les maladies du corps.

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