CONSIDÉRATION DU VISAGE RELATIVEMENT A SES GRANDES DIVISIONS
La face humaine comprend trois grandes divisions, dont l’harmonie et la désharmonie de proportion ont une influence considérable sur l’ensemble du caractère et du moral individuel.
Cette division du visage en trois parties doit être un objet d’admiration pour l’observateur savant et pour le philosophe;
elle leur fournit le sujet de hautes et profondes méditations, car elle renferme bien des mystères.
La face est divisée ainsi : la première partie s’étend depuis le sommet du front jusqu’aux sourcils; la deuxième, depuis les sourcils jusqu’au bas du nez ; enfin la troisième, depuis le bas du nez jusqu’au bas du menton. Chacune de ces parties est le foyer et le centre d'action d’opérations, de perceptions, et de sensations particulières à leur organisation et à leur destination. Chacun de ces centres possède un mode d’action tout spécial par lequel s’exécutent scs évolutions dans la sphère de son activité.
Ces trois sphères d’activité vitale peuvent être considérées comme autant de mondes renfermant trois genres de vies, dont le premier, à raison de son excellence, figurera le monde divin ou spirituel qui renferme la vie intuitive et spéculative, dans lequel s’engendrent et se meuvent les évolutions de la pensée, les sentiments les plus grands, les plus nobles, et les aspirations les plus sublimes, et où s’allume le feu sacré de l’inspiration et de l’enthousiasme.
Ainsi cette première partie, qui s’étend du sinciput aux sourcils, est la sphère de l’idéalité et de la vie spéculative qui correspond au monde invisible. Dans cette sphère d’action intellectuelle sont renfermées les facultés de la pensée et du raisonnement, la puissance imaginative, les conceptions •intellectuelles, la manière de sentir et les aptitudes de la volition.
La deuxième partie, qui des sourcils s’étend jusqu’au bas du nez, figure le monde sensitif; c’est la sphère d’action de la sensitivité et de la vie actuelle, dans laquelle résident les facultés de la configura tivi té, de la comparativité, le sens et la mémoire des formes, qui sont les bases de l’observation ; d’où s’ensuit l’application des idées et du raisonnement par l’observation et la contemplation des choses visibles; l’appréciation du beau, par la distinction, la comparaison, et la combinaison des éléments physiques et des formes corpo-
relies ; enfin le goût, le tact et la faculté de formuler les conceptions et les combinaisons de la pensée.
La troisième partie, qui depuis le bas du nez s’étend au bas du menton, correspond au monde matériel, sphère d'action de la végctativitê et de la vie animale dans laquelle se meuvent et s’engendrent les appétits grossiers, les instincts animaux et conservateurs de la vie pli3rsique, les passions corporelles et tout ce qui est du domaine de la sensualité la plus élémentaire, qui établit un certain rapportentre l’homme et la brute, à raison de leurs besoins, de leurs passions et de leurs jouissances presque identiques.
Maintenant on peut facilement comprendre combien il est nécessaire d’apporter une attention profonde et toute spéciale à la considération de ces trois divisions faciales, puisque chacune d’elles renferme une énergie toute particulière qui met en jeu des facultés, des sentiments, des passions et des instincts inhérents à sa sphère d’activité.
Plus ces trois divisions faciales conservent entre elles une égalité de proportion, plus il y a d’homogénéité et d’harmonie dans l’intelligence, et plus le caractère est exempt de contradictions et d’excentricités; et par conséquent plus l’on peut compter sur la prédominance du bon sens et sur la justesse du jugement.
Gomme aussi plus leurs proportions sont inégales et irrégulières entre elles, plus il existe de bizarreries, de contradictions et d’excentricités dans le caractère, et plus le bon sens et la rectitude du jugement font défaut.
Cependant dans les hommes excessivement remarquables par leur génie ou par leurs vices, il existe le plus souvent une inégalité de proportion entre ces divisions qui se traduit par la prédominance de dimension de l’une d’elles au détriment des autres.
Ainsi, l’excédent de dimension de la partie supérieure (la sphère do l’idéalité) sur les deux autres parties indique la prédominance du sens imaginatif et du caractère spéculatif,
et révèle des êtres qui vivent et jouissent beaucoup plus par l’esprit et par l’idée que par les sens.
Ce n'est pas à dire pour cela que tous ceux chez lesquels cette partie est prédominante jouissent du bénéfice d’une intelligence d’élite, car le développement de cette portion de la tête ne suffit pas à indiquer la puissance de l’intelligence ; il y contribue puissamment, mais encore faut-il que la proportion et la conformation particulière de cette partie renferment les signes révélateurs de la puissance intellectuelle.
Si la deuxième partie (la sphère de la configurativitc) excède en dimension la partie supérieure, cela indique un esprit beaucoup plus réaliste qu’idéaliste, plus analytique que synthétique, et moins théoricien que praticien, lequel appréciera considérablement plus la forme et le rendu que l’idée; et enfin un caractère dont l’initiative et l’énergie d’action excèdent de beaucoup la puissance de la conception.
Mais lorsque la partie inférieure (sphère de la sensualité) excède en dimension les deux outres parties, toute l’activité passionnelle et l’énergie de la vie physique absorbent la vie intellectuelle; l’individu tend à s’animaliser dans les jouissances corporelles au détriment des facultés spirituelles, et alors lame étouffée par l’enveloppe corporelle languit et s’annihile dans l’inertie.
CONSIDÉRATION DE LA PHYSIONOMIE AU POINT DE VUE DE LA SYMÉTRIE ET DE LA RÉGULARITÉ DANS L’ALIGNEMENT DES TRAITS DU VISAGE.
Quelle que soit l’heureuse conformation de chaque partie du visage, encore faut-il que l’ensemble harmonique de la physionomie ne soit pas troublé ou détruit par des divergences et des défauts de symétrie dans l’alignement des traits.
Jamais on ne rencontrera d’hommes notables par leur in-
telligence, leur sagesse ou leur verlu dont les traits du visage soient défectueux sous le rapport de la symétrie et de l’alignement.
Tout désordre et toute divergence dans la physionomie se traduisant par des irrégularités dans l’alignement des traits indiquent, soit de notables imperfections intellectuelles, soit de graves défauts dans le caractère, soit enfin de grands vices. Ceci s’applique, bien entendu, aux irrégularités physionomiques congénitales, et non pas aux déformations morbides ou accidentelles.
Toute physionomie dans laquelle les yeux sont de travers est l’indice d’une intelligence qui divague ; d’un esprit faux, sophiste, fantasque et capricieux, rempli de bizarreries, d’inconséquences et de contradictions; d’une imagination errante, folle et désordonnée; d’une nature extravagante et mauvaise qui suit aveuglément l’impulsion de ses impressions et l’entraînement de ses passions désordonnées.
Quand la bouche est de travers et déformée par une distorsion notable, c’est l’indice d'une nature perverse, déréglée, fort encline au vice et à la méchanceté; on chercherait en vain une âme droite, loyale et de nobles aspirations chez un individu ayant une semblable bouche.
Si le défaut d’alignement des yeux coïncide avec la distorsion de la bouche, on ne trouvera dans un tel individu qu’extravagances, passions brutales, duplicité et fourberie, instincts vils, opiniâtreté stupide et méchanceté.
Quand à cela se joignent des traits anguleux, une bouche sans lèvres, cintréeet surbaissée des coins, un menton anguleux, le teint bilieux, ces signes indiquent qu’un semblable individu est un fanatique exalté, un énergumènc rageur qui a la férocité du tigre; lequel étant constamment surexcité par une ambition insatiable, cruelle et insensée, vit dans une démence terrible, féroce et sanguinaire, poussée jusqu’à la fureur de la destruction. Malheur à la société lorsque la puissance suprême ou l’empire sur les masses est possédé
par un monstre semblable; car son cœur de pierre, fermé pour jamais atout sentiment d’humanité, ne se délectera que dans les orgies les plus épouvantables. Il imprimera la terreur et la stupéfaction par son audacieuse et criminelle témérité et par sa cruelle énergie.
Le strabisme congénital, coïncidant avec un défaut de régularité dans l’alignement des yeux, dénote un esprit bizarre, extravagant et sophiste; un individu faux, rusé, médisant, menteur, perfide et très méchant, chez lequel la probité est plus qu’équivoque.
Quand le défaut d’alignement ne porte que sur les sourcils, la perturbation physionomique est peu considérable; elle indique seulement des écarts d’imagination, certains accès de bizarrerie de caractère, et la tendance à contracter diverses manies.
traité de la physionomie humaine.