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DES TEMPÉRAMENTS

On nomme tempérament la disposition physique et organique particulière à chaque individu; disposition suivant laquelle il possède un genre d’énergie vitale, une susceptibilité passionnelle individuelle, et une manière personnelle d’être influencé par les divers agents capables de produire sur l’organisme une impression quelconque.

Du tempérament individuel résultent des inclinations, des qualités, des passions, des aptitudes, des goûts, des sympathies, des antipathies et des aversions personnelles; des prédipositions morbides; des susceptibilités à contracter telle ou telle maladie.

Le tempérament réagit dans certaines limites sur les facultés de lame, et influe essentiellement sur les mœurs et les inclinations. Les facultés ne naissent pas de la complexion corporelle; mais elles en dépendent en ce sens que la complexion a la puissance de développer, d’amoindrir, ou même d’annuler certaines facultés, selon la sympathie ou l’antipathie qui existe entre ces facultés et la complexion. Mais les passions sont plus intimement liées à la complexion, elles y sont même pour la plupart inhérentes.

D’où il résulte que chaque complexion, ou tempérament, possède des passions qui lui sont propres; tandis que d’autres ne s’y montrent jamais, parce qu’elles sont incompatibles avec la nature tempéramentale. Les complexions ont le pou-

voir de développer certaines passions, ou d’en mettre en jeu d’autres qui étaient à l’état latent, et qui se manifestent sous l’empire de certaines modifications tempéramentales. C’est ce qui fait que chez l’homme, durant le cours de sa vie, ses inclinations, ses goûts, ses aptitudes et ses mœurs peuvent se transformer jusqu’à un certain point sous l’intluence des diverses modifications que reçoit son tempérament primo-génitif; de sorte que le moral individuel est diversement affecté par le genre de constitution avec lequel il est en rapport.

Il est certain que l'on ne trouvera jamais chez un individu bilieux les goûts, les qualités et. les passions que l’on rencontrera dans un sujet lymphatique; leurs inclinations, leurs passions et leurs goûts étant diamétralement opposés. Il y a une grande analogie entre les constitutions atmosphériques et les qualités tempéramentales : ainsi la sécheresse de l’air se rapporte au tempérament bilieux ou sec; la chaleur, au tempérament chaud ou sanguin; l’humidité de l’air, au tempérament humide ou flegmatique; le froid, au tempérament froid ou mélancolique.

Cette relation qui existe entre l’atmosphère terrestre et l’organisme humain rend celui-ci fort sensible aux variations atmosphériques; de sorte que les troubles qui surviennent dans l’atmosphère agissent sur l’organisme diversement, et avec plus ou moins d’intensité, selon l’idiosyncrasie individuelle.

La doctrine traditionnelle des tempéraments remonte à une antiquité très reculée; pour s’en convaincre, il suffit d’examiner attentivement la division des signes du zodiaque en quatre parties; et leur distribution en signes ignés ou secs, chauds, froids et humides. Les signes secs ou ignés correspondent au tempérament bilieux ; les signes chauds ou aériens, au tempérament sanguin; les signes froids ou terrestres, au tempérament atrabilaire ou mélancolique; et les signes d’eau ou humides, au tempérament lymphatique.

Hippocrate est regardé comme le premier qui ait parlé des tempéraments. Dans son traité de la Nature de l’homme, il dit que celte nature résulte de l'heureux mélange du sec et de l’humide, du froid et du chaud; que le corps contient quatre humeurs : le sang, la bile, la pituite, l’atrabile ou la mélancolie, desquelles résultent la santé cl la maladie.

Galien est le premier qui ait constitué la doctrine des tempéraments, qu’il rapporte au chaud, au froid, au sec et à l’humide. Mais pour Hippocrate, comme pour Galien, ce ne sont là que des causes de santé ou de maladie; du caractère moral, il n’est nullement question. Il est présumable que les Grecs reçurent cette doctrine deç Égyptiens, et que ceux-ci étaient incomparablement plus forts dans cette science que les Grecs, qui ne connurent que très imparfaitement les relations du tempérament avec le moral. Ils ne furent donc qu’incomplètement initiés à cette science.

Les Arabes furent, dit-on, les premiers qui rapportèrent le caractère au tempérament.

En introduisant des subdivisions dans les tempéraments, les modernes ont embrouillé l’antique doctrine sur ce point.

La connaissance des tempéraments est indispensable à quiconque veut se livrer à l’étude de la physionomie. Elle est aussi de première utilité au médecin, puisqu’elle se rattache à la connaissance des prédispositions morbides de la nature humaine.

Tout savant capable de discerner la nature des tempéraments, et dont le tact et la perspicacité lui permettront de saisir avec promptitude le mélange et les nuances des divers tempéraments, deviendra expert à juger les passions, les inclinations, les goûts et les mœurs de ses semblables.

Nous devons dire qu’un tempérament n’existe pas seul dans un individu. Il est toujours mélangé avec un second et parfois même un troisième.

Nous allons décrire la physionomie des tempéraments et

indiquer les signes auxquels on peut sûrement les reconnaître. Du physique nous passerons au moral, en décrivant le caractère, les inclinations, les passions, les goûts et les mœurs propres à chacun d’eux. Nous ferons connaître les prédispositions morbides particulières à chaque tempérament, ainsi que le régime hygiénique qui lui convient. Nous dirons ensuite le genre de profession le plus spécialement en rapport avec la constitution physique; puis nous parlerons du caractère moral, des goûts et des aptitudes.

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