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TEMPÉRAMENT NERVEUX

Physique. — Les nerveux sontgénéralemenl secs et maigres. Ils ont une taille élancée, la physionomie mobile et expressive, le teint pâle, quelquefois un peu jaune; les cheveux de couleur claire, bruns ou noirs, par exception ; la poitrine assez développée ; les muscles grêles, très dessinés chez les hommes, mais peu apparents chez les femmes; la peau blanche, parfois un peu jaune, sèche et douce au toucher; les mouvements du cœur vifs ou lents, le plus souvent irréguliers, tumultueux sous l’impression des influences morales; dans certains cas, les pulsations du cœur acquièrent une violence extrême, qui peut produire une suffocation passagère. Les nerveux ont des mouvements brusques et saccadés ; peu de force de locomotion ; ils sont incapables de tout travail qui exige do la force physique; le moindre exercice les fatigue et les épuise; tout leur organisme est dans une irritabilité et une mobilité continuelles ; le moindre poids les oppresse, la plus légère variation atmosphérique trouble leur organisme. Ils ont l’appétit médiocre et irrégulier, la digestion lente; leurs goûts varient sans cesse sur le choix des aliments; leur sommeil est léger, inquiet, et fréquemment interrompu par des mouvements en sursaut.

Moral. — Chez eux le moral est très difficile à caractériser à cause de son excessive mobilité; offrant tout à tour, et sous des impressions diverses, les caractères des autres tempéraments, avec lesquels, d’ailleurs, il se mélange ordinairement.

C’est à la fois le plus heureux et le plus malheureux des tempéraments; c’est celui qui possède au plus haut degré ce lluide brûlant qui vivifie, mais qui lue. Porté à l’excès, ce tempérament fait le malheur de celui qui le possède et de ceux qui vivent avec lui. A un degré modéré, ou adouci par

le mélange d’un autre tempérament, la plupart de ces inconvénients disparaîtront, et feront place à une vie heureuse dans laquelle une sensibilité et une impressionnabilité tempérées feront jouir d’une félicité inexprimable.

Les personnes nerveuses possèdent une grande exaltation de lame et des sens, une sensibilité morale et physique très développée; elles ont un tact fin et délicat, une facilité remarquable à apprendre tout ce qu’elles désirent savoir; une grande intelligence, une conception prompte et facile, des idées élevées, de l’inspiration, de l’enthousiasme, beaucoup d’imagination; un esprit vif, éclatant et pétillant, qui se ré- pond en discours variés, emportés, saccadés et enthousiastes. Leur langage est coloré, imagé, entraînant, captivant ; mais exagéré et bizarre; leur existence est toute d’agitation et d’ébranlement; elles souffrent par excès de sensibilité; vivent par excès, par secousses; elles ont des passions très vives, promptes à s’enflammer; elles sentent profondément, d’une façon môme exagérée; elles aiment tout ce qui peut les émotionner et les exalter; elles sont sensibles à l’excès et très aimantes, mais leur amour est plus ardent que constant, car leur cœur est généralement aussi mobile que leur esprit. Chez elles, les impressions sont très fortes, mais sans durée. Elles manquent de calme, de réflexion ; et la promptitude avec laquelle elles agissent leur fait souvent commettre de graves erreurs. Elles sont curieuses, et parfois inconséquentes; elles ont une grande pénétration d’esprit, de la justesse de coup d’œil, et une intuition naturelle, qui, souvent, leur fait habilement conjecturer des hommes. Leur sensibilité irritable les fait se délecter dans la variété des impressions et des plaisirs; elles jouissent plus encore par l’imagination que par les sens. Elles se passionnent pour les spectacles, les jeux, la musique et les arts.

Les prédispositions morbides de ce tempérament sont, chez les hommes, l’hypocondrie intermittente, souvent accompagnée d’hallucinations étranges; chez les femmes, l’hysté-

rie, l'éclampsie, le somnambulisme, la catalepsie, la gastralgie, l’entéralgie, les myalgies, la migraine, les névralgies, la toux sèche et convulsive.

Régime. — L’hygiène cle ce tempérament interdit absolument l’alimentation excitante, les aliments échauffants; toutes les liqueurs spiritueuses, le thé, le café au lait, sont très contraires à cette constitution. On devra éviter avec soin les émotions, les impressions violentes, les passions désordonnées, les contrariétés, les grondes tensions d’esprit, le travail opiniâtre, les veilles prolongées. Le régime débilitant, les mucilagineux doivent être écartés ; la saignée est pernicieuse.

Les nerveux devront varier leur nourriture, user fréquemment de viandes noires; ne manger de légumes qu’au gras; faire usage de bon vin, avoir recours de temps à autre aux boissons légèrement aromatiques; prendre un exercice régulier, mais éviter avec soin toute fatigue; aller souvent à la campagne respirer l’air parfumé des bois.

Ils doivent manger peu et souvent, ne jamais jeûner; choisir une alimentation à leur goût ; ne rien manger par contrainte; éviter les aliment flatueux; faire modérément usage de bains d’une température douce; les bains très chauds leur sont nuisibles; les bains froids sont favorables s’ils y demeurent peu de temps. Ils doivent se frictionner souvent avec des flanelles ; s’oindre le corps avec des huiles ou des essences balsamiques ; enfin se livrer journellement à la promenade; ne pas travailler d’esprit, ni faire de lecture immédiatement après le repas; se livrer au plaisir avec modération; rechercher des distractions douces et agréables, la musique, les conversations aimables, intéressantes, les lectures amusantes et instructives; mais s’abstenir de tout ce qui peut exalter l’imagination ou surexciter les passions. L’abus des plaisirs vénériens leur est fort nuisible. Ce tempérament plus que tout autre exige un régime modéré en toute chose. Tout excès, au physique comme au moral, doit être soigneusement évité.

Dans cette constitution, les brusques variations atmosphériques agissent violemment et fâcheusement sur l’organisme; les temps orageux et couverts font cruellement souffrir; il en est de même des températures extrêmes en chaleur et en froid. Un air doux, tiède et un peu humide lui convient ; les vents d’ouest, de sud-ouest, lui sont favorables, tandis que les vents d’est et de nord-est crispent et exaspèrent ce tempérament.

L’état bilieux est favorisé par les chaleurs brûlantes de l’été, parles températures chaudes et sèches de l’atmosphère; par l’usage des aliments gras et huileux, l’excès des boissons spiritueuses et des viandes; par un travail corporel excessif, par un exercice violent et continu; par les études prolongées, les veilles immodérées, et les emportements de colère. La surabondance de la bile a sa cause prochaine dans l'activité du foie, qui en sécrète une trop grande quantité.

Les circonstances qui développent le tempérament sanguin sont : l’âge moyen, les professions qui exigent unegrande action musculaire, l’exposition au soleil, à une forte chaleur et aux intempéries de l’atmosphère; l’habitation des lieux secs et élevés ; la température chaude et humide de l'atmosphère; les vents du nord, du nord-est et de l’est; l’habitude de boire et de manger avec excès; le choix de mets trop succulents et trop épicés; l’usage fréquent du vin, des boissons alcooliques; le confortable, la joie et l’absence de chagrin.

Les circonstances qui concourent à développer le tempérament flegmatique sont la température froide et humide de l’atmosphère, les pluies prolongées; l’absence delà chaleur du soleil, les vents du sud et de l’ouest; l'habitation dans des lieux humides et obscurs, et dans le voisinage des marais; une nourriture fade et mucilagineuse, la viande des jeunes animaux, l’abus du laitage cl des fromages; la salade, les crudités, les œufs; la privation du vin, les boissons

froides, aqueuses et excessives; le défaut d’exercice, le sommeil prolongé, l’oisiveté et le défaut de passions.

Le tempérament mélancolique se développe sous l’influence d’une température froide et sèche, dans les temps couverts, sombres et brumeux, lorsque l’atmosphère est obscurcie par des brouillards épais et de longue durée; par l’usage d’aliments grossiers, de viandes salées et marinées; l’abus des liqueurs fermentées; les travaux assidus, l’état sédentaire, les veilles excessives ; les pensées profondes et tristes, les contentions violentes, les chagrins, la misanthropie, la solitude, la misère, les privations, les peines concentrées, l’ambition frustrée, un amour contrarié ; enfin sous l’empire de l’envie et de la jalousie.

Les circonstances qui tendent à développer le tempérament nerveux sont les constitutions atmosphériques surchargées d’électricité, les temps orageux, l’abus des excitants, principalement du thé; les odeurs, les émotions violentes, les veilles excessives, les grandes tensions d’esprit, les contrariétés, et l’abus des plaisirs vénériens.

DU MÉLANGE DES TEMPÉRAMENTS ET DE LEURS DIFFÉRENCES, A RAISON DU SEXE, DE L’AGE, DU CLIMAT ET DE LA MANIÈRE DE VIVRE.

Les cinq tempéraments principaux se combinant différemment entre eux forment des tempéraments composés qui sont : le tempérament sanguin-lymphatique, le sanguinbilieux, le sanguin-mélancolique, le sanguin-nerveux, le bilieux-lympathique, le bilieux-mélancolique, le bilieuxnerveux, le lymphatique- mélancolique, le lymphatiquenerveux, le mélancolique-nerveux.

Bien que les tempéraments composés puissent être primogénitifs, comme les tempéraments simples, cependant ils proviennent ordinairement de causes accidentelles, comme

du climat, de la nourriture, du lieu que l’on habite, et de toute autre habitude physique ou morale.

Car un tempérament, sanguin dans l’origine, devient lymphatique en même temps, par l’excès du sommeil, l’état sédentaire, l’abus des aliments aqueux et des boissons de même nature et par le séjour prolongé dans un climat rigoureux et dans un appartement froid et humide. Tandis qu’au contraire, le tempérament flegmatique de naissance tournera au sanguin par l’usage du vin et des liqueurs fermentées, des aliments secs et réchauffants, du sel et des épices; par le travail, par l’exercice, et par un long séjour sous un ciel serein, et dans un climat vif et sec.

Quant aux tempéraments convenables à chaque sexe, ils suivent généralement les différentes nuances que l'on observe dans leur organisation.

Le mâle, en général, est plus grand, plus fort et plus courageux que la femelle; il a tout l’ensemble de l’organisme plus fortement exprimé; les fibres, les vaisseaux, les muscles, les tendons et les os sont plus gros, plus serrés et plus fermes. Aussi, le mâle croît et se développe plus lentement que la femelle; il engendre plus tard. Le tempérament sanguin et le bilieux appartiennent en général aux hommes.

Les femmes ont la fibre plus molle et plus ductile; elles se développent plus promptement et engendrent de même; elles ont généralement les formes et les contours plus ronds, plus souples; la peau plus blanche, plus douce au toucher, et beaucoup moins velue que les hommes. Elles ont aussi la gorge plus saillante. Chez elles les os du bassin sont plus évasés, ce qui augmente la capacité du bassin, au profit de la génération et de la gestation. Celte saillie des os du bassin fait que les contours extérieurs des hanches sont mieux exprimés, plus amples et plus arrondis chez les femmes, ce qui les distingue tout à fait des hommes, et les rend reconnaissables à première vue. Les tempéraments propres aux

femmes sont le sanguin et le lymphatique, et principalement le mixte composé de l’un et de l’autre.

Quant aux différences des tempéraments, à raison des âges, il faut voir, avant d’en parler, ce qu’on entend par les différents âges de la vie. On divise la vie humaine en certaines périodes marquées par des changements remarquables qui arrivent tant au corps qu’à l’espri t. Ce sont ces périodes qu’on nomme les âges de la vie. La tradition reconnaît la division de la vie en périodes septénaires, et la dernière année de chacune de ces révolutions se nomme année climatérique ou critique.

Il y a une seconde division de la vie, plus générale, qui consiste à la partager en quatre périodes ou âges qui correspondent aux saisons Ce sont l’adolescence, qui correspond au printemps; la jeunesse, à l’été; l’àge viril, à l’automne, la vieillesse, à l’hiver.

Le tempérament flegmatique est celui de l’enfance; le fïegmatique-sanguin, celui de la puberté; et le sanguin proprement dit, ou le sanguin-bilieux, celui de l’adolescence. Dans l’adolescence proprement dite, qui s’étend depuis l’àge de ' puberté jusqu’à vingt ou vingt-cinq ans, le corps achève de prendre tout son accroissement, ses organes se fortifient de plus en plus, et toutes ses fonctions se perfectionnent; c’est l’âge où domine le tempérament sanguin, comme le dénotent les saignements de nez auxquels on est si sujet à cet âge.

La jeunesse suit l’adolescence; cette période est la plus belle de la vie, elle s’étend jusqu’à quarante ans. C’est alors que le sang bouillonne dans les veines, et que domine le tempérament sanguin, seul ou compliqué du bilieux; le ton des fibres augmente, les oscillations sont plus fortes, tout l’organisme est dans la plus grande vigueur, le corps et l’àme jouissent de toutes leurs facultés au plus haut degré.

L’àge mûr arrive insensiblement, et vient tempérer les passions bouillantes de la jeunesse; cet âge se prolonge jusqu à la soixantième année. C’est dans cette période que domine le tempérament sanguin-mélancolique.

Enfin, arrive la vieillesse avec toutes ses incommodités. On la divise en vieillesse commençante, vieillesse confirmée, et vieillesse décrépite. La première s’étend depuis soixante ans jusqu’à soixante-dix ans; la seconde, jusqu’à quatre-vingts ans; la troisième, jusqu’au dernier terme de la vie.

Dans la vieillesse, tout l’organisme est miné par la sécheresse; les os sont cassants; la peau fonctionne très difficilement; la chair et les membres sont retirés; tout est privé de sucs vivifiants; et cependant les vieillards sont inondés de pituite et de sérosité, causées par la raideur et le dessèchement de la fibre; ce qui amène l’oblitération d’une infinité de petits vaisseaux; les coûtions et les sécrétions en sont altérées; la transpiration insensible cesse; elle est presque totalement anéantie par les rides et l’occlusion des pores de la peau; ce qui fait que les sérosités s’accumulent dans les gros vaisseaux, et s’échappent par les émonctoires les plus ouverts, surtout par le nez, la bouche et le gosier. Les tempéraments dominants chez les vieillards sont le flegmatique et le mélancolique.

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