DU GENRE DE VOIX PROPRE A CHAQUE TEMPÉRAMENT
Dans le tempérament sanguin, la voix est pleine, étendue, et modérément forte ; l’accent en est agréable et joyeux.
Le tempérament bilieux donne une voix rude, ferme et aiguë; dans l’accent, il y a quelque chose de dur, avec un ton impératif.
Dons la constitution lymphatique, la voix est molle, faible et voilée; l’accent monotone, langoureux et affecté.
Le tempérament mélancolique donne une voix basse, rauque et peu étendue; l’accent est comme étreint, et a une expression de passion et de tristesse profonde.
Dans le tempérament nerveux, la voix est très irrégulière, et ne possède ni force ni assurance ; l’accent est mobile, parfois tremblant, mais cependant véhément, passionné et très expressif.
Les sanguins parlent vite, facilement et bruyamment ; ils accompagnent leurs discours d’expressions joviales et de fréquents éclats de rire. Ils se plaisent aux conversations facétieuses, aux plaisanteries et aux bons mots.
Les bilieux parlent beaucoup et très vite; ils ont une élocution facile. Leur conversation est très animée, exaltée et passionnée. Leur style est brûlant et imagé.
Les lymphatiques sont peu parleurs; cependant ils traînen t sur les mots et débitent de longues phrases. Leur conversation est froide, languissante, insipide, ennuyeuse et endormante.
Les mélancoliques parlent très peu. Ils ne parlent point à vide, et semblent craindre de dissiper leurs pensées. Leur conversation est grave, et toujours empreinte d’une certaine tristesse. Ils parlent avec une extrême lenteur et entrecoupent leurs phrases de fréquents instants de silence, afin de sonder ceux avec lesquels ils conversent.
Les nerveux ont une loquacité et une prolixité extrêmes. Ils parlent très vite, ont une élocution facile, une conversation spirituelle, intéressante et très animée ; mais leur empressement à parler, et la facilité avec laquelle ils passent d'une idée à une autre, les empêchent de compléter leurs pensées, causent du désordre dans leurs discours, et les rendent souvent inconséquents dans leurs paroles.
1)E LA DÉMARCHE, DE LA POSTURJ5, DES GESTES ET DES PROFESSIONS PROPRES A CHAQUE TEMPÉRAMENT
Quand l’embonpoint ne prédomine pas avec excès chez les sanguins, ils ont les mouvements du corps prompts et
faciles ; leur démarche est noble el assurée ; ils portent la tète haute; leurs gestes sont souples, fréquents, et expriment généralement la satisfaction. Ils ont pour habitude de se frotter les moins et de les battre en signe de joie ou d’approbation, et souvent même lorsqu’ils parlent.
Les bilieux ont les mouvements du corps brusques et véhéments; leur démarche est flère, altière et martiale, et, dans leur posture, il y a quelque chose d’agressif et de provocateur ; lorsqu’ils marchent, ils ont pour habitude de tenir leurs poings fermés et serrés. Leur impatience habituelle les empêche de demeurer inactifs et longtemps en place ; lorsqu’ils demeurent en repos, fièrement campés sur leurs jambes, el le dos cambré, ils tiennent les bras croisés sur leur poitrine ; et jamais, dans leurs gestes, on ne trouve rien qui exprime la soumission, la passiveté ou l’humilité.
Les flegmatiques ont les mouvements du corps lourds, embarrassés et très lents. La mollesse de leurs fibres et leur excessif embonpoint les rendent paresseux à toute action corporelle. Leur démarche est lente, tardive et disgracieuse ; gauches dans leurs gestes et dans leurs postures, ils semblent comme embarrassés de toute leur personne; aussi affectionnent-ils les positions de repos, et demeurent-ils assis autant qu’ils le peuvent. Leur mimique est très bornée, et quelles que soient l’Impression ou l’émotion qui les affectent, leurs mouvements sont impropres à en rendre l’expression, et rien dans leur extérieur ne trahit ce qui se passe dans leur intérieur, à moins que ce ne soit la nonchalante béatitude du repos. La quiétude de leur esprit les rend contemplatifs, et quoi qu’il leur arrive, on les voit toujours résignés.
Quant aux mélancoliques, la rigidité de leurs fibres s’oppose à la souplesse de leurs mouvements, et leur donne une certaine raideur. Leur démarche est grave et quelque peu pesante ; en marchant, ils ont communément la tête basse et les yeux fixés vers la terre, semblant toujours occupés à méditer, paraissant importunés de pensées tristes et amères.
Leurs regards inquiets et furtifs étincellent sous l’empire de la haine et de l’envie. Parfois, torturés par les pensées qui les obsèdent, ils suspendent leur marche et conversent avec eux-mêmes d’une manière très vive et très animée.
Les nerveux ont les mouvements du corps faciles, prompts, et d’une souplesse excessive; leur marche est saccadée et irrégulière, leur pas petit et précipité. Tout les occupe et les inquiète; aussi regardent-ils furtivement çà et là, tournant la tête de tous les côtés avec une extrême rapidité. Ils demeurent difficilement assis ou dans la même position ; et s’ils sont contraints d’y rester, ils sont alors saisis d'inquiétude et d’impatience ; et les mouvements agités de leurs membres témoignent de la contrainte qu’ils subissent.
Leur mimique est très expressive, mais exagérée, et, lorsqu’ils parlent, ils accompagnent leurs discours de gestes véhéments et fort mobiles. Ils affectent de prendre des postures singulières, difficiles et excentriques.
Quant aux professions qui conviennent à chaque tempérament, je n’en dirai que quelques mots. L’hygiène du tempérament sanguin demande les professions où l'activité de l’esprit puisse s’allier à une vie active dans laquelle le corps trouve un exercice quotidien et modéré. Les sanguins sont bien placés dans les professions qui exigent un rapport continuel avec la société ; leur courtoisie, leur sociabilité naturelle et leurs manières polies sont des qualités essentielles a ces sortes de professions. Aussi, tout ce qui concerne les affaires de négoce, de finance ou d’administration convient à leur constitution. C’est pour cette raison quedans ces sortes d’emplois, on rencontre beaucoup plus de constitutions sanguines que d’autres.
L’oisiveté et l’état sédentaire sont aussi préjudiciables a ce tempérament que l’excès de fatigue et les soucis profonds; car l’un prédispose au lymphatisme et à l'obésité, et 1 autre enflamme le sang et donne naissance à l’état bilieux.
L’hygiène du tempérament bilieux exige une vie modé-
rément active; un exercice journalier sans excès. L’état sédentaire lui est fort nuisible, parce qu’il le prédispose aux embarras gastriques, aux engorgements du foie et aux calculs biliaires; tandis que la marche favorise l’écoulement de la bile, et combat la constipation presque inséparable de ce tempérament.
Les bilieux doivent éviter les exercices violents et la grande fatigue, cor ces choses allument facilement la fièvre chez eux. Ils ont un besoin absolu de repos et de sommeil; aussi, les veilles, les excès et les passions violentes leur sont fort contraires.
Les arts et les industries qui s’exercent à l’aide du feu ; les professions où l’on séjourne près des foyers, des fours, fourneaux ou étuves, sont extrêmement nuisibles à leur santé. Il en est de même de tout ce qui peut exciter les sens, exalter l’imagination, ou provoquer la colère. Dans ce tempérament, il y a excès de chaleur; la raideur et la sécheresse de la fibre demandent un régime humectant.
Chez ceux qui ont une constitution lymphatique, tout l’organisme est dans un état de relâchement, et abreuvé de sérosités. Il y a défaut de calorique et tendance marquée au repos et à l’oisiveté; aussi l’hygiène de ce tempérament demande-t-elle un régime fortifiant, du mouvement, beaucoup d’exercice, et tout ce qui est susceptible d’accélérer la circulation et de faire fonctionner la peau.
Les professions qui exigent de l’activité, la marche, le travail corporel et même la fatigue, sont favorables à cette constitution. Le corps et l’esprit des lymphatiques ont besoin d’être secoués et excités par une constante et énergique stimulation ; les veilles leur sont très utiles. L’air vif, le travail des champs, l’exposition au soleil, le jardinage et l’agriculture sont d’excellents moyens pour fortifier leurs fibres, tonifier leurs viscères relâchés, et entretenir leur santé. Il en est de même de l’exercice à cheval ou en voilure. Tandis que les professions sédentaires, les industries aquatiques et le séjour