‹ Traité de la physiognomie humaineChapitre 28 sur 92 · OG · texte numérisé non relu

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dans les lieux froids el humides affaiblissent leur constitution et les exposent à de graves maladies, telles que la cachexie, l’engorgement des ganglions lymphatiques, enfin à la bouffissure et à la leucophlegmasie ou anasarque.

Dans la constitution mélancolique, les fonctions de l’organisme s’accomplissent avec lenteur et difficulté; il existe tout à la fois un état d’inertie et d’irritabilité dans les organes. Ceux qui sont doués de ce tempérament ont une tendance irrésistible à la tristesse et sont obsédés des pensées les plus noires et les plus amères. L’esprit qui, en apparence, semble comprimé par la concentration, est susceptible d’une irritabilité extrême et d’une prodigieuse exaltation.

Les mélancoliques recherchent la solitude, et c’est cependant ce qu’ils devraient éviter avec le plus grand soin; car l’isolement fait naître en eux les plus funestes pensées. C'est là que le démon du spleen et du suicide s’empare de leur esprit. L’état sédentaire est plus nuisible à ce tempérament qu’à tout autre. L’hygiène de cette constitution réclame avant tout un exercice journalier, des distractions et la fréquentation de 1a. société; bien que ces choses soient en tout contraires aux goûts de ceux qui la possèdent.

Les professions sédentaires, celles qui retracent à l’esprit des scènes de tristesse, de chagrin et de mort ; le travail assis et surtout celui dans l’exercice duquel le corps est courbé et gêné, sont des plus nuisibles aux personnes mélancoliques. Les veilles prolongées, les travaux assidus, les grandes contentions d’esprit, les profondes méditations, ruinent leur santé, exaltent leur imagination, et les prédisposent au suicide.

Les professions qui exigent un séjour dans des lieux froids, sombres, humides, comme les souterrains, les mines el les carrières, sont des plus préjudiciables à leur complexion.

11 faut aux mélancoliques un air vif et pur, un ciel bleu, la chaleur du soleil, de l’exercice, de la société et des témoignages de tendresse et d’affection.

Quant aux nerveux, leur constitution mobile, impressionnable et irritable les rend incapables des professions qui exigent de l’assiduité, et qui demandent de la patience et de la régularité. Ils sont peu propres aux travaux pour lesquels la force corporelle est nécessaire. Mais il n’en est pas ainsi pour les industries qui réclament de l’adresse et de l’intelligence. Ce qu’il faut aux nerveux, c’est une vie très active, mais pas de grande fatigue physique. Leur esprit demande à être sans cesse occupé, sans qu’il soit trop tendu par la même idée. Enfin, ils ont un grand besoin de varier leurs occupations et, chez eux, il faut qu’au travail du corps se joigne celui de l’esprit. Les voyages, l’exercice des arts et des lettres leur conviennent, pourvu qu’ils ne s’y livrent pas avec trop d’ardeur. Ils doivent s’abstenir de tout ce qui peut surexciter violemment l’imagination et enflammer les passions; il en est de même de tout ce qui est susceptible de produire des impressions violentes et de grandes émotions. Pour cette raison, les controverses, les débats, les procès, le jeu et les spéculations de bourse sont fort nuisibles à leur constitution.

TRAITÉ de la physionomie humaine.

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