‹ Traité de la physiognomie humaineChapitre 33 sur 92 · TYPE HEUREUX DU SOLEIL · texte numérisé non relu

TYPE HEUREUX DU SOLEIL

Les soléiens ont un visage noble, calme et bien proportionné. Leur physionomie offre une expression de gravité, de majesté et d’impassibilité, qui a quelque chose de divin et qui commande le respect.

Le front, chez eux, assez proéminent, s’élève en arc; la peau en est flexible, sans rides permanentes.

Ils sont prématurément privés de cheveux sur le sommet du front. Leurs sourcils, modérément arqués et nettement dessinés, conservent une juste mesure. Leurs yeux, d’une expression douce et sévère, grands sans excès, sont de forme correcte et élégante. Leur prunelle est safranée avec des pointillés d’or. Les paupières sont peu épaisses et ornées

de longs cils. Chez eux, le regard, dominateur et fascinateur, est fixe, sans être blessant.

Us ont le nez légèrement aquilin et finement dessiné, sans exagération, ni en longueur ni en saillie. Le bout en est ferme, n’étant ni relevé ni abaissé. La bouche est de moyenne grandeur. Les lèvres sont fermes, peu épaisses et colorées ; la supérieure déborde un peu l’inférieure.

Le menton est de moyenne grandeur, avec un contour ferme, arrondi, et un peu saillant. Les pommettes et les mâchoires n’offrent jamais chez eux de fortes saillies. La coupe du visage est l’ovale, ou le rond qui en approche.

Le teint est d’une pâleur légèrement citrine, avec quelque rougeur répandue çà et là. La tête est portée droite, sans aucune raideur.

Les cheveux sont longs, doux, fins, d’un blond roux, avec des filets d’or. Le cou, bien dessiné, est long sans être maigre. Ils sont de taille moyenne, ont le corps bien lait et dénué de poils; les reins sont cambrés. Leur barbe n’est pas fournie, mais elle est bien plantée et frisée. Comme signe distinctif, ils ont la faculté de regarder le soleil en face.

Leur mimique est sobre. Leurs gestes calmes, majestueux, graves et nobles, indiquent la sagesse et la grandeur d’âme. Ils marchent avec majesté, semblant se promener. Leur pas est calme, grave et mesuré. Us s’inclinent à demi lorsqu’ils rendent hommage aux rois, et ne fléchissent qu’un genou lorsqu’ils prient Dieu.

Leur voix est vénérable, étendue, pure; elle joint à cela une certaine grâce qui plaît et séduit.

Le soleil donne un caractère grave et sévère, une âme hère et noble. U rend équitable, résolu, magnanime, courageux sans témérité, sincère, incorruptible, maître de soimême. Le soléien est d’une politesse digne et réservée; il est capable de contenir sa colère, est attaché aux principes d’autorité et de hiérarchie. Religieux par le fond et par la forme, il a un profond respect pour la divinité. Il aime à rayonner

et à protéger. II conserve ses amitiés. Il ne prend conseil que de lui-même et s’enveloppe dans le secret de ses pensées. Il désire ardemment les honneurs et les dignités, et nourrit des aspirations sublimes et de grandes ambitions.

Les soléiens ne sont guère communicatifs; ils ne rient point, n’ont guère d’intimes et se suffisent à eux-mêmes. Ils ne sont point portés à l’amour, et quand ils éprouvent ce sentiment, leurs amours sont si haut placées quelles sont irréalisables. Ils sont grands, magnanimes, généreux, sans être prodigues. Ils conservent le souvenir des offenses et les pardonnent difficilement, sans toutefois s’en venger.

Ils sont grands et magnanimes envers leurs ennemis. Hommes du destin, ou se croyant tels, ils supportent les revers avec un calme et une force d’âme admirables, et ne désespèrent jamais de leur fortune, quels que soient les périls où ils se trouvent, ou la grandeur de l’adversité qui les frappe.

Il est dans leur destinée d’acquérir de la célébrité, de pouvoir s’élever aux plus grands honneurs, voire à la puissance suprême, lors même qu’ils seraient nés dans une condition inférieure. Ils sont aussi sujets à d’étranges mutations de fortune, et leur étonnante ascension est le plus souvent suivie d’une chute extraordinaire et retentissante.

Ils sont très sobres. Autant ils sont simples dans leur vie privée, autant ils s’entourent de luxe et de somptuosité, quand ils sont obligés de paraître en cérémonie.

Ils aiment la musique grave et religieuse et se plaisent aux accents de l’orgue, ainsi qu’au son mélodieux des cloches.

Ils possèdent de remarquables aptitudes pour les sciences occultes, et ont en eux le feu sacré de la divination qui leur suggère des inspirations prophétiques, semblant émaner de l’esprit divin.

Ce ne sont pas des spécialistes. Leur vaste intelligence leur permet de tout embrasser, de tout concevoir, de saisir les choses d’un seul coup, comme par intuition. Ils aiment

les arts, les sciences cl les lettres, et ont la faculté de les cultiver avec succès.

Ils sont fort malheureux en amour, en amis, en femmes et en enfants.

Page 1